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Bayern Munich – PSG : « Pas la plus grosse ambiance », Paris craint-il l’Allianz Arena ?

Le Bayern Munich a prévu d’accueillir 75.000 personnes à l’Allianz Arena pour la demi-finale de Ligue des champions qui se déroulera huit jours après le match aller au Parc des Princes. Le PDG du club, Jan-Christian Dreesen, a souligné la nécessité de « 100 % de « Mia san Mia » » et de « la solidarité totale de la famille du Bayern » pour créer une grande soirée européenne à Munich.

Allumer le feu. À peine sorti d’une demi-finale aller mémorable au Parc des Princes, le Bayern Munich se tournait vers l’Allianz Arena pour tenter de renverser la situation, une semaine plus tard à Munich. « Je pense qu’il y a quelque chose de spécial qui peut toujours se passer chez nous, à la maison, à l’Allianz Arena, déclarait Vincent Kompany devant les journalistes. Il va y avoir 75.000 personnes. Ça va être une ambiance de feu, un bruit, une masse. »

Souffler sur les braises. La veille du match, le PDG du club bavarois, Jan-Christian Dreesen, insistait sur le site officiel du Bayern. « Rien qu’à repenser au tifo contre le Real Madrid, j’en ai encore des frissons. Vincent a tout à fait raison. On a besoin de toutes les voix mercredi. On a besoin de 100 % de  »Mia san Mia », de la solidarité totale de la famille du Bayern et d’un maximum de supporters en rouge. […] L’Allianz Arena est un stade difficile à déstabiliser, et c’est exactement ce que Paris doit ressentir dès le coup d’envoi. Ce n’est que la mi-temps. Maintenant, il faut créer ensemble une grande soirée européenne à Munich. »

Les Parisiens réussiront-ils à éteindre les flammes de l'Allianz Arena?
Les Parisiens réussiront-ils à éteindre les flammes de l’Allianz Arena?  - Ulrich Wagner/DPA/SIPA

Il est cependant étrange de constater que la direction bavaroise ressent le besoin de rappeler à ses supporters l’importance de leur rôle dans l’ambiance. Cela laisserait entendre que cette tâche n’est pas toujours conduite avec brio. C’est ce que suggère Anthony Modeste, ancienne terreur des surfaces allemandes, dans un entretien avec 20 Minutes. « C’est un beau stade, par expérience, mais ce n’est pas la plus grosse ambiance d’Allemagne, surtout pour moi qui ai connu un club comme Cologne, où l’on peut voir de vraies ambiances et des affluences de 50.000 spectateurs pour un match de Youth League. Mais c’est une demi-finale de Ligue des champions, il y aura forcément un effet de LDC à l’Allianz Arena. Ce serait triste qu’il n’y en ait pas. »

« Tu entends tout et tu ressens les émotions, les cris, la pression »

Contrairement à ses prédécesseurs Uli Hoeness – qui s’opposait aux ultras – et Oliver Kahn – qui restait indifférent – Dreesen s’affirme comme un interlocuteur de confiance entre la direction du Bayern et les groupes de supporters. Il est également prompt à accorder toute latitude à la Südkurve pour enflammer l’atmosphère de l’Allianz Arena. Ce stade a été conçu pour créer une ambiance unique, soutenue par des études. « Sous la toiture, des panneaux réflecteurs de son permettent au son produit par les supporters d’être réverbéré de façon contrôlée, créant ainsi une immense caisse de résonance à travers le stade », explique Maxence Henry, relayé par l’acousticien Frédéric Fradet.

« Les supporters sont très près du terrain, comme en Angleterre. Donc forcément, tu entends tout, tu ressens les émotions, les cris, la pression, notamment lors des corners, ajoute Valérien Ismaël, qui a connu les débuts de l’Arena en 2005 avec le Bayern Munich. Les joueurs vont essayer de dynamiser le public dès le début du match, ça peut devenir chaud. » À moins que Manuel Neuer ne soit aussi généreux avec Ousmane Dembélé qu’il ne l’a été avec Arda Güler, ce qui, de manière réaliste, est peu probable.

Souffrir comme à Anfield

Le PSG doit donc s’attendre à vivre un moment difficile, tout comme le Bayern doit admettre que cela peut ne pas suffire à faire tomber le champion d’Europe en titre. Si l’Allianz Arena a été un véritable rouleau compresseur pour les petites et moyennes équipes depuis 21 ans, son efficacité est moindre face à des équipes aguerries aux ambiances étouffantes. Le Real Madrid, par exemple, a connu sa première défaite à Munich en dix ans, occasionnée par une erreur d’Eduardo Camavinga. Le PSG, quant à lui, a pu s’assoir sur un « savoir souffrir » revendiqué par Luis Enrique et Ousmane Dembélé après leur retour avec un 2-0 sous la pluie d’Anfield.

« La pression du stade est étouffante à Munich, elle est imposante, mais quand tu es un joueur d’envergure, que tu as déjà joué dans un grand stade rempli, cela devient une certaine normalité de jouer ce type de match, valide Valérien Ismaël. C’était le cas pour les joueurs du Real Madrid à l’époque, et Paris a réussi à acquérir ce statut en gagnant la LDC. » « C’est peut-être aussi ce qui m’aidait, propose Anthony Modeste, qui a déjà refroidi le Bayern en 2016 avec le maillot de Cologne. J’ai joué à Cologne, Stuttgart, Gladbach, donc cela me permettait de relativiser par rapport à l’Allianz Arena. Finalement, c’est un stade qui me réussissait bien. »

« Nous aussi on va jouer à la maison », rappelle Luis Enrique

Au-delà de son expérience, le PSG peut s’appuyer sur les talents de dédramatisation de Luis Enrique. Suite aux déclarations de Kompany après le match aller, l’Espagnol a su balayer les inquiétudes face à l’enfer promis par les Bavarois, en leur rappelant que leur stade était également le théâtre de leur premier succès européen. « Munich est un stade qui nous apporte de beaux souvenirs, nous aussi, on va jouer à la maison. » « Mia san mia » contre « Tu casa es mi casa », que le meilleur gagne.