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Matthieu Delormeau évoque sans filtre sa descente aux enfers.

Matthieu Delormeau a consommé « jusqu’à 4 grammes de cocaïne et 15 millilitres de GHB par jour ». Selon France Inter, au moins neuf personnes sont mortes d’overdose depuis janvier dans la capitale.


Matthieu Delormeau se livre à un mea culpa dans son ouvrage Il a suffi d’une fois…, dans lequel il raconte son parcours avec la drogue. Lors de son passage dans le Grand portrait de la matinale de France Inter, ainsi que sur RMC, le chroniqueur de Tout beau, tout n9uf a partagé son expérience avec l’addiction et le chemsex, dans le but d’avertir les auditeurs.

« Si vous avez une quelconque fragilité mentale, ne touchez pas à ça, parce que pour la première fois, vous allez voir des solutions dedans qui sont miraculeuses », a-t-il déclaré dès le début de l’entretien avec Sonia Devillers.

Chute à grande vitesse

Pour Delormeau, tout s’est déroulé très rapidement. « Un soir tout seul, après avoir quitté mon copain et mon boulot, j’étais chez un couple d’amis, un urgentiste et un anesthésiste, et ils m’ont fait essayer le GHB », a-t-il raconté sur le plateau des Grandes Gueules.

La découverte des soirées chemsex, où les participants se livrent à des marathons sexuels de plusieurs jours avec du GHB, marque le début de sa descente. Il se considère comme un rescapé, affirmant que les pompiers interviennent le lundi matin pour secourir les victimes de ces soirées. Des statistiques corroborent ses dires, avec au moins neuf décès par overdose dans la capitale depuis janvier, selon France Inter.

« Jusqu’à 4 grammes de cocaïne par jour »

L’animateur et producteur a pourtant eu de la chance, lui qui a consommé « jusqu’à 4 grammes de cocaïne et 15 millilitres de GHB par jour ». « C’est vivre deux ans tout seul dans un appartement. J’ai dû sortir cinq fois en deux ans, je ne m’aimais pas, je ne voulais pas qu’on me voie, j’étais parano, j’avais peur des gens », confie-t-il à France Inter.

Cette solitude, entre deux soirées prolongées où il arrose copieusement tous les participants, a eu des conséquences financières désastreuses. Matthieu Delormeau se faisait tout livrer par taxi-moto, allant même jusqu’à débourser 182 euros pour une boîte de Doliprane. « Je me souviens qu’un jour la banque m’appelle […] et me demande de mettre un peu d’argent sur mon compte pour combler le découvert », raconte-t-il. « Parce que vous avez des gros emprunts qui arrivent, des gros remboursements et il n’y a qu’1,68 euro sur votre compte. »

Dans le rouge

Les avertissements d’Olivier Fogiel sont d’abord ignorés, tandis que ses problèmes judiciaires s’intensifient. Cyril Hanouna, cependant, tend la main à celui qui est devenu un paria sur les plateaux. « J’y voyais une opportunité de sortir la tête de l’eau. Cyril a dix mille défauts, mais cela reste quelqu’un d’extrêmement fidèle. Et puis il a ce côté rebelle : si tout le monde me dit de dégager, il me tend la main », admet le chroniqueur de 52 ans.

« Aux gens qui commencent à s’amuser le vendredi soir et à en prendre… Ensuite, c’est aussi le samedi soir, en se disant qu’après tout, ce n’est qu’un samedi par mois… Là, on se rend compte qu’on ne peut plus sortir et s’amuser sans le produit. Ensuite on passe à une prise tous les samedis, puis les vendredis et samedis. Puis un dimanche matin t’es un peu crevé, t’en prends un peu plus… », met-il en garde. « Quand vous prenez de la drogue, ça paraît bon sur le moment, rappelez-vous toujours, toujours que le prix à payer derrière est de 1 pour 1 million, c’est trop lourd. »

Les dommages causés par l’addiction sont visibles : foie, nez et gorge fragilisés. « La sanction m’a coûté très cher, je ne sais pas si c’était au prix du connard que j’étais, mais je ne la souhaite à personne », conclut Matthieu Delormeau.