Sensthings, deeptech marocaine, innove contre la triche électronique.
SensThings a annoncé l’obtention de la certification ANSI/IEEE Std149 pour les systèmes antennaires High Gain et Low Gain de sa solution T3 Shield, formalisée dans le rapport d’essai BTL-OTA-1-2604C084, daté du 10 avril 2026. L’entreprise a déjà sécurisé plus de 15 millions de copies d’examen à travers sa plateforme T3, avec des résultats documentés de réduction des tentatives de fraude.
**SensThings**, une spin-off technologique de l’**Université Mohammed VI Polytechnique**, a annoncé avoir obtenu la certification **ANSI/IEEE Std149** pour les systèmes antennaires High Gain et Low Gain de sa solution **T3 Shield**. La certification, délivrée par **BTL Inc.**, un laboratoire accrédité au sein de l’IECEE et situé à Dongguan, est inscrite dans le rapport d’essai **BTL-OTA-1-2604C084**, daté du 10 avril 2026. Elle atteste de la conformité des composants antennaires aux procédures de mesure les plus rigoureuses utilisées par les secteurs gouvernementaux, industriels et académiques dans le domaine de la qualification antennaire. Cependant, cette reconnaissance internationale n’est qu’un aspect d’une architecture technologique plus complexe.
## Une antenne brevetée au cœur de la rupture technologique
Au centre de la solution T3 Shield se trouve une antenne multifréquence, laquelle a fait l’objet d’un brevet international déposé selon le régime du Patent Cooperation Treaty (PCT). Son originalité réside dans sa capacité à détecter l’ensemble du spectre des communications mobiles, y compris le 2G, souvent utilisé par des individus expérimentés pour contourner les systèmes de détection traditionnels, sans avoir recours à des dispositifs de brouillage.
C’est ici que se manifeste la véritable rupture technologique. Avec les systèmes conventionnels, la détection précise sans utiliser un brouilleur, ou « Jammer », qui inonde les fréquences pour forcer les appareils à se dévoiler, n’est pas possible. Or, le brouillage est illégal dans presque toutes les juridictions mondiales, perturbant toutes les communications dans son rayon d’action, y compris les appels d’urgence, et mettant les opérateurs en danger de poursuites judiciaires. Les dispositifs recourant à cette méthode placent donc leurs utilisateurs dans une situation d’illégalité permanente.
SensThings a su surmonter ce paradoxe. Son antenne brevetée intègre en un seul composant une capacité de détection multifréquence dans des milieux électromagnétiques particulièrement denses, que les systèmes concurrentiels ne peuvent atteindre qu’en multipliant les capteurs ou en ayant recours au brouillage. Cela aboutit à un système passif qui écoute le spectre sans rien émettre, détecte sans créer de perturbations et opère dans le strict respect de la législation en vigueur.
## Un double avantage : légal et sanitaire
Cette nature passive confère à T3 Shield un second avantage, d’ordre sanitaire. Les brouilleurs, en émettant continuellement des signaux puissants dans des espaces confinés, exposent les individus à une émission électromagnétique prolongée, dont les effets commencent à susciter de plus en plus de débats. T3 Shield, n’émettant aucun signal, n’engendre pas ce type de risque. C’est un argument à la fois éthique, réglementaire et commercial, particulièrement déterminant pour les institutions publiques, pour lesquelles la responsabilité sanitaire est un critère non négociable.
Pour le Dr Hafid Griguer, cofondateur et directeur général de SensThings, cette combinaison est au cœur de la proposition de valeur : « Nos antennes constituent le cœur nerveux de nos solutions T3 Shield. Ce sont elles qui permettent la détection précise, fiable et en temps réel des signaux radiofréquences. Sans cette maîtrise antennaire, aucune de nos solutions de sécurisation ne pourrait atteindre le niveau de performance que nous exigeons. »
## Des marchés à forte sensibilité sécuritaire
T3 Shield vise des environnements où la gestion du spectre radiofréquence est devenue un impératif opérationnel. Rafiq El Alami, cofondateur et président de SensThings, précise les différents cas d’utilisation : « Nous parlons de salles de réunion stratégiques, de centres de commandement, d’infrastructures critiques, mais aussi de centres d’examens où la triche électronique constitue aujourd’hui une menace réelle et croissante. »
La solution a déjà été déployée à l’échelle nationale lors des examens du baccalauréat marocain, avec des résultats établis montrant une réduction des tentatives de fraude. Plusieurs ministères et agences ont exprimé leur intérêt pour une généralisation de son utilisation. Avec plus de 15 millions de copies d’examen sécurisées jusqu’à présent via sa plateforme T3, SensThings possède une référence opérationnelle difficilement contestable.
## Un écosystème qui transforme la rente en capacité technologique
SensThings provient du Digital Innovation Center for Excellence (DICE) de l’UM6P, une université privée à but non lucratif incubée par OCP S.A., le géant mondial des phosphates. Cette affiliation est révélatrice et illustre un modèle délibéré de conversion de la richesse industrielle marocaine en capacité de recherche appliquée, puis en entreprises technologiques exportables. Fondée en 2022 et soutenue par UM6P Ventures, SensThings a rapidement atteint une valorisation supérieure à dix millions de dollars dès sa création et maintient une dynamique de croissance soutenue.
L’entreprise a son siège social à Benguerir, au sein du campus de l’UM6P, ainsi qu’un site industriel dans la région de Rabat. « SensThings est aujourd’hui structurée pour répondre à une demande nationale et internationale croissante », souligne Rafiq El Alami. « C’est une étape décisive dans notre trajectoire de croissance. »
Pour SensThings, la certification acquise n’est pas une fin en soi. Elle constitue la preuve, par un tiers accrédité, que l’antenne brevetée, qui soutient l’ensemble de la solution, fonctionne selon les normes les plus exigeantes au monde. C’est un argument opposable, document à l’appui, dans n’importe quel appel d’offres international.

