
Sebta : retour progressif au calme, mais plusieurs dizaines de morts
48 300 migrants ont quitté Sebta pour retourner au Maroc, à un rythme de 150 départs par minute vendredi, selon les autorités espagnoles. Face à l’hostilité des habitants, à la pénurie et à la désillusion, la majorité d’entre eux a abandonné leur rêve d’Eldorado. Le bilan s’alourdit : au moins 57 morts, et ce chiffre pourrait bientôt atteindre une centaine.
Le 1 août 2026 à 8h55, modifié à la même date à 8h55.
Selon le ministère espagnol de l’Intérieur et celui des Affaires étrangères, 48 300 migrants qui étaient entrés à Sebta ces derniers jours ont regagné le Maroc. Cette information a été communiquée vendredi en fin de journée. Selon les mêmes sources, 2 000 migrants demeurent encore sur place.
Cependant, les médias locaux à Sebta contestent ces chiffres, affirmant qu’il reste encore de nombreux groupes de migrants dans la ville. Ils reconnaissent néanmoins que la majorité des migrants sont rentrés, avec un rythme de 150 départs par minute durant la journée de vendredi.
Il est indéniable que les retours de Marocains sont extrêmement nombreux. La désillusion est palpable sur les visages, et les déclarations faites à la presse semblent décourager les jeunes qui croient encore que Sebta représente l’Eldorado.
L’hostilité des habitants est manifeste, ayant accueilli, selon les estimations espagnoles, 50 000 arrivants alors que la ville ne compte que 83 000 habitants. La fermeture des commerces, la difficulté à trouver ne serait-ce qu’une bouteille d’eau ou un peu de pain, la saturation des centres d’accueil, qui a contraint les migrants à dormir dans les rues, souvent à même le sol ou dans les jardins publics, ainsi que les injonctions de la police locale leur demandant de repartir, ont poussé la majorité à faire demi-tour.
Le bilan officiel des morts, côté espagnol, s’élève à 57, dont une femme. Les médias locaux avancent que le chiffre de 70 morts a déjà été atteint et qu’il pourrait approcher les 100 dans les jours à venir, la plupart des décès étant dus à des noyades, le reste à des piétinements à Tarajal.
Du côté marocain, la plupart des jeunes retournent vers leurs foyers. La présence des forces de l’ordre a été renforcée, avec des soldats déployés selon des vidéos locales, bien qu’aucune confirmation officielle de cette information n’ait été obtenue.
Par ailleurs, le gouvernement espagnol a annoncé son intention d’établir une barrière physique en mer et près de la digue, constituée de bouées. Cette décision fait suite à celle du Tribunal suprême, datée du 9 juillet, qui stipulait qu’il n’était pas possible d’expulser collectivement des migrants arrivés sans avoir traversé une barrière physique (donc par la mer).
Dans les jours à venir, des bilans et des débats seront à l’ordre du jour.
