Maroc

Sahara marocain : Trump souhaite “mettre fin maintenant” au conflit


Dans un message adressé au Roi Mohammed VI, le président américain fait du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine l’unique solution au conflit et annonce un engagement économique renforcé de Washington dans les provinces du Sud, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’intelligence artificielle, des minerais critiques et de la défense.

Le président américain Donald Trump a appelé à résoudre « maintenant » le différend concernant le Sahara marocain et a annoncé avoir demandé à son administration d’accroître la coopération économique avec le Royaume, en particulier dans les provinces du Sud, dans un message envoyé au Roi Mohammed VI à l’occasion de la Fête du Trône.

« Les États-Unis sont clairs : nous reconnaissons la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et nous soutenons la proposition marocaine d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste comme la seule base pour une solution juste et durable », déclare Donald Trump dans ce message, rendu public le samedi 1er août 2026 par le Cabinet royal.

« Tout autre chemin prolonge le statu quo et est inacceptable. Ce différend doit prendre fin maintenant et les États-Unis continueront à promouvoir des progrès en vue de cet objectif », ajoute le président américain.

Ces déclarations vont au-delà d’une simple réaffirmation de la décision prise en décembre 2020 par la première administration Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Washington indique désormais publiquement qu’il ne souhaite plus laisser le processus s’enliser et fait du règlement du différend l’une de ses priorités diplomatiques.

Donald Trump précise également avoir chargé ses équipes de travailler, aux côtés du Maroc, au développement économique et social, « y compris dans le territoire du Sahara occidental ». Il mentionne notamment l’énergie, l’intelligence artificielle, les minerais critiques et la défense parmi les secteurs stratégiques qui devraient bénéficier de ce rapprochement.

Le président américain souligne également le rôle du Maroc comme « pilier de stabilité », son engagement dans la lutte contre l’extrémisme, sa contribution à la sécurité régionale ainsi que son rôle essentiel dans les Accords d’Abraham. Il annonce également un renforcement de la coopération entre Rabat et Washington en matière de sécurité au Sahel.

Cette orientation avait déjà été exprimée deux jours plus tôt par le secrétaire d’État américain Marco Rubio dans un communiqué publié à l’occasion de la Fête du Trône.

Le chef de la diplomatie américaine y rappelait que le Maroc et les États-Unis entretiennent depuis près de 250 ans « l’amitié la plus ancienne de l’histoire américaine », fondée sur des intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité.

Marco Rubio insistait surtout sur le caractère « sans équivoque » de la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur son Sahara et réaffirmait le soutien de Washington au plan d’autonomie, présenté comme le seul fondement d’une solution juste, durable et mutuellement acceptable.

Ces prises de position s’inscrivent dans l’accélération du processus diplomatique amorcé le 31 octobre 2025 avec l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Depuis l’adoption de cette résolution, Washington s’efforce activement de relancer des négociations qui étaient restées au point mort.

Les États-Unis ont organisé à trois reprises des rencontres entre des représentants du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du mouvement séparatiste du polisario, en présence de l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies, Staffan de Mistura.

Une première rencontre a eu lieu à Washington en janvier, suivie d’un second cycle de pourparlers organisé les 8 et 9 février à l’ambassade des États-Unis à Madrid, au cours duquel le plan marocain d’autonomie aurait constitué le seul document de travail soumis aux participants.

Une troisième session s’est déroulée les 23 et 24 février à Washington, après que les États-Unis eurent invité les quatre parties à approfondir les négociations. Les discussions auraient notamment porté sur l’architecture institutionnelle de la future région autonome, sans qu’aucun document définitif n’ait, à ce jour, été rendu public.

Massad Boulos, haut conseiller du président américain pour les affaires arabes et africaines et principal architecte de cette médiation, avait qualifié les rencontres de « bonnes » et « relativement fructueuses ».

Dans un entretien accordé le 12 mai à Sky News Arabia, il avait indiqué que les États-Unis attendaient désormais « une percée » et espéraient parvenir à une solution pacifique et négociée, fondée sur la résolution 2797. Il avait également condamné les attaques menées une semaine plus tôt contre Smara par le mouvement séparatiste, estimant qu’elles risquaient de compromettre les efforts de paix.

Parallèlement, l’administration américaine a intensifié ses échanges avec Alger.

À l’issue d’une rencontre avec l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis, Sabri Boukadoum, Massad Boulos avait déclaré en mai : « Il est temps d’aboutir à une résolution. »

Le conseiller américain avait toutefois salué ce qu’il présentait comme l’engagement constructif de l’Algérie, une formulation diplomatique destinée à inciter Alger à participer au compromis recherché par Washington, sur fond de pression américaine croissante en faveur d’un règlement.

L’Algérie et le polisario continuent de réclamer une consultation incluant l’option de l’indépendance. Les États-Unis considèrent, à l’inverse, qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine constitue la seule issue réaliste à ce différend régional.

Sur le plan économique, cette dynamique commence désormais à se traduire par des engagements américains concrets dans le Sahara marocain.

À la fin du mois d’avril, le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau avait annoncé à Rabat que Washington soutiendrait les entreprises américaines désireuses d’investir et de développer leurs activités dans les provinces du Sud. Il avait également estimé que le règlement du différend ne pouvait être différé de « 50, 150 ou 200 ans » supplémentaires, illustrant la volonté américaine de donner une traduction économique à la reconnaissance politique.

Une première concrétisation est intervenue le 28 juillet à Laâyoune. L’Agence américaine pour le commerce et le développement, l’USTDA, a accordé un financement de 5,7 millions de dollars destiné à l’étude de pré-ingénierie, dite Pre-FEED, d’un projet d’ammoniac vert porté par ORNX.

Évalué à 4,5 milliards de dollars, ce projet pourrait atteindre une capacité annuelle de production de 560.000 tonnes d’ammoniac. L’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan III, a présenté cet accord comme « le premier financement du gouvernement des États-Unis destiné au secteur privé dans le Sahara marocain ».

« L’Amérique est présente dans le Sahara marocain », avait-il affirmé à Laâyoune, en annonçant que d’autres initiatives suivraient dans la région et viendraient ainsi renforcer le volet économique de la reconnaissance américaine.

Le message de Donald Trump articule ainsi les deux dimensions de la stratégie américaine : hâter l’issue politique autour d’une autonomie sous souveraineté marocaine et donner, par l’investissement, une traduction concrète et durable à la reconnaissance de la marocanité du Sahara.