
Rabat : “Nous ne sommes pas le gendarme ni le concierge de l’Europe”
« Nous ne sommes ni le gendarme ni le concierge de l’Europe ». C’est ainsi que s’est exprimée une source gouvernementale marocaine dans deux dépêches de la MAP, affirmant que le Maroc ne souhaite pas être tenu responsable de la crise à Sebta, qu’elle attribue à une décision d’un juge espagnol.
Cette déclaration, marquée par un ton offensif, semble refléter le style habituel de Nasser Bourita, avec des arguments clairs et incisifs. La source a insisté sur la nécessité de mettre à jour les règles du partenariat entre le Maroc et l’Europe.
Elle a souligné que, malgré les défis posés par les réseaux de trafic d’êtres humains, la raison pour laquelle le flanc ouest de la Méditerranée est resté relativement stable pour l’Europe est que « le Maroc a mobilisé efficacement des moyens considérables » pour lutter contre ce fléau, un effort qui se poursuit aujourd’hui.
La source a également précisé qu’il n’existe « pas de réponse sécuritaire exclusive » à la question migratoire. Elle a exprimé son indignation face aux commentaires haineux et aux analyses erronées qui ont émergé durant la crise, déplorant l’absence de vision stratégique chez certains acteurs et l’instrumentalisation politique par d’autres.
Il est crucial, selon cette source, que l’Europe devienne un partenaire véritablement engagé dans le développement du Maroc, plutôt que de prendre des décisions qui nuisent à ce développement, notamment en ce qui concerne les ports marocains et divers secteurs économiques tels que l’automobile, les finances, les services et l’offshoring.
La source a également affirmé que « la digue migratoire n’a pas cédé sous les passeurs, mais sous une décision de justice espagnole ». Elle a souligné qu’un juge espagnol ne peut pas démanteler le dispositif de lutte contre l’immigration clandestine et demander au Maroc d’en assumer les conséquences.
Dans un contexte où le Maroc a toujours agi en tant que partenaire « souverain, loyal et responsable », la source a rappelé que la gestion de la migration est une « responsabilité partagée ». Elle a affirmé que le Maroc n’a jamais agi sous pression ou contrainte, mais avec un engagement clair et une responsabilité assumée.
Des résultats concrets témoignent de cet engagement, avec près de 160.000 tentatives de migration clandestine avortées entre 2024 et 2025, ainsi que le démantèlement de 632 réseaux de trafic. La coopération entre le Maroc et l’Espagne a été qualifiée d' »exemplaire ».
La source a également rappelé un événement clé : le 8 juillet dernier, un juge espagnol a statué que l’arrivée de migrants par voie maritime les protégeait de la reconduite automatique, un élément central du dispositif de dissuasion marocain. Cette décision a eu pour effet de « fragiliser tout le dispositif », créant une opportunité pour les réseaux de passeurs.
En conclusion, la source a souligné le décalage entre la décision judiciaire et la réaction des autorités, s’interrogeant sur l’absence d’alerte pour préparer le Maroc à cette situation. « Est-ce que quelqu’un a alerté le Maroc pour se préparer? Non! », a-t-elle conclu, mettant en lumière les enjeux cruciaux de cette crise migratoire.
