Maroc

Pour une intégration régionale sans développement social et territorial

Le troisième Congrès régional de l’Union socialiste des forces populaires dans la région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma se tient les 1er et 2 mai 2026 au Centre culturel Ahmed Boukhmakh à Tanger, sous la présidence du Premier secrétaire Driss Lachguar. La participation de plus de 600 congressistes, femmes et hommes, dont une forte présence de jeunes et de militantes venus de plusieurs provinces, donne à ce congrès une portée particulière.


Le troisième Congrès régional de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) dans la région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma se tiendra les 1er et 2 mai 2026 au Centre culturel Ahmed Boukhmakh à Tanger, sous la présidence du Premier secrétaire Driss Lachguar. Cet événement ne se déroule ni dans une conjoncture ordinaire, ni dans une région ordinaire. Il se situe à un moment politique crucial où se rencontrent les défis de la régionalisation avancée, de la justice sociale et territoriale, de la préparation des prochaines élections législatives et de la reconstruction de la confiance dans l’action politique sérieuse.

**Une région stratégique face à l’épreuve de l’équité**

Ce congrès est renforcé par le fait que la région incarne l’une des plus grandes contradictions du développement marocain. D’une part, elle dispose d’un emplacement géostratégique privilégié, offrant un accès à l’Europe, à la Méditerranée et à l’Afrique, doté d’un port de dimension mondiale, ainsi que d’une dynamique industrielle, logistique, touristique et culturelle remarquables. D’autre part, des écarts persistants demeurent entre le littoral et l’arrière-pays, ainsi qu’entre les grands pôles économiques et les zones rurales ou mal équipées.

C’est dans cette tension entre potentiel et inégalités que trouve écho le slogan du congrès : pour une intégration régionale porteuse de développement social et territorial. La question centrale n’est plus seulement de savoir ce que la région produit, mais comment les bénéfices de cette dynamique sont répartis entre les territoires et les populations.

**De Marrakech à Tanger, l’USFP reprend l’initiative par les territoires**

Le Congrès de Tanger suit l’étape réussie de Marrakech–Safi, confirmant l’entrée de l’USFP dans une nouvelle phase de mobilisation régionale. Ce n’est pas un simple passage organisationnel d’une région à l’autre, mais une démarche politique visant à redonner à la région son plein rôle : diagnostiquer, proposer, mobiliser et élaborer un discours politique ancré dans la réalité.

L’USFP fait de ses congrès régionaux des espaces d’échange ouverts sur les préoccupations des citoyennes et des citoyens, et pas seulement des rendez-vous internes. Cette orientation véhicule une conviction solide : les futures batailles politiques ne se gagneront pas uniquement sur des slogans, mais par la capacité du parti à renouer avec les territoires, à écouter les attentes sociales et à transformer les revendications locales en projets politiques crédibles.

La participation de plus de 600 congressistes, représentant Tangerois, Tétouanais, Fahsi, Larachis, M’diq-Fnideq, Chefchaouen, Ouezzane et Al Hoceïma, donne à cette rencontre une signification particulière. Elle illustre que la prise de décision régionale ne vient pas d’en haut, mais se construit à partir des provinces, des bases militantes et de la diversité des territoires.

> **La bataille de 2026 ne sera pas seulement une bataille de sièges. Elle sera d’abord une bataille de sens. Sens de la politique, sens de la confiance, sens de l’engagement partisan, sens de l’alternative et sens d’une région plus juste.**

**Le 1er Mai à Tanger : la convergence du politique, du social et du syndical**

Le choix de l’USFP de célébrer le 1er Mai à Tanger est significatif. Tanger est non seulement une ville d’accueil, mais elle représente l’un des symboles les plus visibles de la transformation économique du Maroc. En tant que pôle industriel, logistique et portuaire, elle soulève une question sociale essentielle : comment transformer l’investissement en emplois dignes ? Comment faire en sorte que la richesse générée se traduise par des salaires décents, une protection sociale, un logement abordable, un transport organisé et des services publics de qualité ?

Dans cette optique, la concomitance entre le Congrès régional et les célébrations du 1er Mai confère à cette réunion une forte dimension politique, syndicale et sociale. Elle rappelle que l’USFP ne dissocie pas le combat pour une régionalisation équitable du combat pour la dignité au travail. Selon la vision ittihadie, la régionalisation avancée ne devrait pas se résumer à des découpages administratifs, des institutions ou des discours techniques. Elle ne prend tout son sens qu’en améliorant concrètement les conditions de vie des ouvriers, des salariés, des jeunes, des femmes, des petits entrepreneurs, des agriculteurs et de toutes les catégories en attente d’un développement concrétisé et non abstrait.

**Une région puissante, mais traversée par de profondes fractures**

La région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma est riche en atouts, mais elle est confrontée à des contradictions. Elle réunit un port mondial et des zones montagneuses souvent isolées ; de vastes espaces industriels côtoient des villages qui manquent d’infrastructures, de services et d’équipements. Cette réalité fait de l’intégration régionale une nécessité politique et une condition essentielle pour un développement équilibré. Tanger ne doit pas être une locomotive isolée, mais devenir un moteur pour Tétouan, Al Hoceïma, Larache, Chefchaouen, Ouezzane, M’diq-Fnideq et Fahs-Anjra tous ensemble dans une dynamique de complémentarité.

L’enjeu est clair : relier la croissance à la justice, l’investissement à l’emploi, les grands projets aux droits sociaux, et les infrastructures aux besoins quotidiens des résidents. Une région ne peut être considérée comme pleinement développée si une partie progresse rapidement tandis que d’autres demeurent en attente de routes, d’écoles, de centres de santé, d’opportunités économiques et de perspectives pour les jeunes.

**Le rapport de développement : Transformer le diagnostic en alternative**

Un moment clé de ce congrès sera la présentation du rapport de développement. Ce document doit être vu comme une base politique plutôt que comme une simple contribution interne. Il est destiné à lire la trajectoire de la région, identifier ses déséquilibres et proposer une alternative social-démocrate fondée sur l’équité, l’efficacité et la justice territoriale.

Ce rapport a pour but de poser des questions essentielles : pourquoi tous les territoires ne progressent-ils pas au même rythme ? Pourquoi certains projets structurants prennent-ils du temps à se réaliser ? Comment lier investissement et emploi local ? Quelle place pour les jeunes, les femmes, les zones rurales et les provinces moins favorisées dans le modèle régional de développement ? Comment passer d’une région à plusieurs vitesses à une région solidaire et intégrée ?

À travers ce rapport, l’USFP souligne une idée fondamentale : le développement ne doit pas seulement être mesuré par le volume d’investissements annoncés, mais par leur impact réel sur la vie des citoyennes et des citoyens. Une gouvernance efficace ne consiste pas à multiplier les programmes, mais à produire des résultats visibles : plus d’emplois, de meilleurs services, moins d’isolement, plus d’égalité territoriale et une confiance renouvelée dans l’action publique.

**Médias, digitalisation et intelligence artificielle : Moderniser l’outil militant**

Le rapport sur la stratégie médiatique, fondé sur la digitalisation et l’intelligence artificielle, est également crucial. La bataille politique d’aujourd’hui ne se limite pas aux réunions, aux discours, aux journaux et aux assemblées. Elle se joue également dans le numérique, où les opinions se forment, les récits circulent, les images se construisent et la confiance ainsi que la crédibilité sont en jeu.

> **Depuis Tanger, l’USFP adresse un message clair : pas de régionalisation sans justice, pas de développement sans dignité, pas d’intégration régionale sans équité réelle entre les territoires.**

Pour l’USFP, la digitalisation ne doit pas être vue comme un simple outil technique ni une mode passagère. Elle doit servir l’organisation, la communication, la proximité et la lutte contre la désinformation. Elle facilite l’information, la coordination, la valorisation du militantisme, la communication avec les jeunes dans leurs langages actuels, et donne à un parti historique les moyens d’opérer dans une société en pleine transformation.

Un parti qui reste fidèle à son histoire n’est pas prisonnier de son passé. Il doit être capable de renouveler ses outils tout en gardant son âme, utilisant les technologies modernes sans renoncer à ses valeurs démocratiques, sociales et progressistes.

**Vers 2026 : Construire la confiance avant de chercher les voix**

Ce congrès est une étape déterminante en vue des prochaines élections législatives. Cependant, l’USFP ne doit pas aborder cette échéance de manière réactive ou par simple stratégie électorale. Elle doit l’envisager dans une logique de construction : organisation solide, choix clairs, écoute des territoires, sélection crédible des compétences, programme réaliste et alternative sociale-démocrate affirmée.

La bataille de 2026 ne sera pas seulement une bataille de sièges. Elle vise avant tout à donner du sens : sens de la politique, sens de la confiance, sens de l’engagement partisan, sens de l’alternative et sens d’une région plus juste. Les citoyennes et les citoyens n’attendent pas des simples critiques, mais une force capable de diagnostiquer les dysfonctionnements, de proposer des solutions et de porter une vision reliant démocratie, justice sociale et développement territorial.

Dans cette optique, l’USFP réaffirme son ambition : réhabiliter l’action politique sérieuse, rapprocher le parti des préoccupations réelles, défendre l’État social, renforcer la régionalisation avancée et faire de la justice territoriale l’un des piliers du changement démocratique.

**De Tanger commence l’horizon d’une région plus juste et plus intégrée**

Depuis Tanger, l’USFP envoie un message clair : pas de régionalisation sans justice, pas de développement sans dignité, pas d’intégration régionale sans équité réelle entre les territoires. Le troisième congrès régional n’est donc pas une simple étape organisationnelle, mais une véritable séquence politique forte, affirmant que la région mérite un modèle de développement plus juste, équilibré et intégré.