Maroc

Nabila Mounib défend sa candidature à Anfa pour les élections.

À l’approche des élections législatives prévues le 23 septembre, Nabila Mounib, candidate du Parti socialiste unifié (PSU), se prépare à lancer sa campagne électorale le 10 septembre 2026 dans la circonscription d’Anfa, à Casablanca. Cette zone est réputée pour sa compétitivité, avec de nombreux candidats influents en lice, ce qui lui a valu le surnom de « circonscription de la mort ».

Lors d’une rencontre organisée ce week-end au siège du PSU, Mounib a rassemblé des citoyens désireux de s’engager bénévolement dans sa campagne. La secrétaire générale du parti a exprimé sa confiance quant à la capacité du PSU à se mesurer à ses adversaires, malgré le défi que représente cette circonscription. Elle a souligné l’importance de « la conscience populaire » et de l’engagement des volontaires pour mener à bien sa campagne. En rappelant son ancienneté dans la circonscription, elle a affirmé : « Je suis inscrite à Anfa depuis 1997 », ajoutant que certains de ses concurrents étaient encore trop jeunes pour la politique.

La candidature de Mounib se déroule dans un climat de tensions internes. Des jeunes militants de la section locale d’Anfa avaient exprimé leur mécontentement suite à sa désignation par la direction nationale, préférant soutenir Abdullah Abaakil. En réponse, Mounib a assuré que les jeunes étaient représentés sur sa liste, citant le nom de Mehdi Belmadine. Elle a également demandé aux mécontents de « se calmer ».

La dirigeante du PSU a défendu la légitimité de sa candidature, affirmant qu’elle avait été validée selon les procédures internes du parti et qu’elle avait reçu un « quasi-consensus » au sein du Conseil national et du Bureau politique. Elle a mis en avant que les véritables enjeux se trouvent dans la lutte contre la corruption électorale et les conflits d’intérêts, considérant que les débats sur les investitures internes détournent l’attention des questions essentielles.

Mounib a critiqué le paysage politique marocain, dénonçant l’existence de « partis fabriqués » et « artificiellement gonflés ». Elle a rappelé que « le Maroc compte 35 partis politiques, mais ils ne sont pas tous indépendants » et a évoqué l’incarcération de « 40 anciens parlementaires, parmi lesquels des trafiquants de drogue ». Pour elle, le PSU peut compter sur la vigilance des électeurs face à ces réalités.

Concernant les élections précédentes, le PSU avait terminé cinquième dans une circonscription qui n’attribuait que quatre sièges. Cette fois-ci, Mounib vise à intégrer le groupe des élus, voire à atteindre la première place.

Sur le plan numérique, Mounib a défendu la présence du PSU sur les réseaux sociaux, affirmant que les plateformes du parti pouvaient atteindre plus de 10 millions d’abonnés à certaines périodes, grâce au travail des bénévoles, sans recourir à la publicité payante. Le parti privilégie ainsi l’interaction directe avec les citoyens plutôt que les campagnes promotionnelles.

Avant l’ouverture officielle de la campagne, Mounib a assuré que son parti respecterait toutes les règles en vigueur. Cependant, elle a constaté que certaines formations avaient déjà commencé leurs activités de campagne. Le ministère de l’Intérieur a précisé que le lancement officiel est fixé au 10 septembre, mais plusieurs partis semblent avoir pris de l’avance.

Mounib a annoncé que l’alliance dont le PSU fait partie dévoilera son programme électoral mardi prochain. Tous les candidats ont déjà établi leurs espaces de communication numérique et sont prêts à respecter le calendrier légal. Elle a conclu en insistant sur l’importance de la présence du PSU sur le terrain, affirmant que le parti reste à l’écoute des préoccupations des citoyens, se distinguant ainsi de formations qui manquent de structures locales solides.