Maroc

Marhaba 2026 : le dispositif au cœur de Tanger Med à Algésiras


Chaque été, des milliers de Marocains empruntent les différents points d’entrée du Royaume dans le cadre de l’opération Marhaba. Nous avons embarqué sur l’une de ces traversées pour suivre, des deux côtés du détroit, le parcours des Marocains résidant à l’étranger et découvrir les coulisses de ce dispositif.

Le 23 juillet 2026 à 16h50
Modifié le 23 juillet 2026 à 17h42

À bord des ferries reliant l’Europe à Tanger Med, les véhicules sont chargés de bagages, tandis que les familles et les enfants attendent avec impatience de retrouver leurs proches. À peine le ferry accosté, le dispositif se met en place. Sur les quais de Tanger Med, les passagers descendent, certains après plusieurs heures de traversée, d’autres ayant parcouru des milliers de kilomètres depuis l’Europe. Cette scène se répète chaque été, au rythme de l’opération Marhaba.

Durant la traversée entre Tanger Med et Algésiras, nous avons suivi le même parcours que les Marocains résidant à l’étranger (MRE), des baies d’accostage aux services de contrôle, en passant par les espaces d’accueil de la Fondation Mohammed V pour la solidarité.

Avec ses 9 baies d’accostage, ses 20 guichets de check-in, son parking de 3.000 places et ses quatre scanners mobiles, le port de Tanger Med est le principal point d’entrée de l’opération Marhaba. Les autorités portuaires, les Douanes, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la Marine marchande, les compagnies maritimes et les équipes de la Fondation Mohammed V pour la solidarité collaborent de manière coordonnée pour réduire les délais d’attente, sécuriser les traversées et accompagner les voyageurs tout au long de leur parcours.

Lancée il y a 26 ans sur instructions royales, l’opération Marhaba est aujourd’hui l’une des plus importantes opérations de transit en Méditerranée. Elle se distingue par une approche marocaine qui allie efficacité logistique et accompagnement humain. Pour la Fondation Mohammed V de la solidarité, l’opération Marhaba est devenue, au fil des années, « bien plus qu’un simple dispositif logistique, mais un service public à forte portée humaine ». L’objectif va au-delà de la simple gestion des flux ; il s’agit également d’apporter une assistance humaine, sociale, administrative et médicale.

Au 20 juillet 2026, un peu plus d’un mois après le lancement de l’opération le 10 juin, 1.862.609 entrées ont été enregistrées, en hausse de 1,04 % par rapport à l’année précédente, dont 923.968 arrivées par voie maritime, selon les données fournies par la Fondation Mohammed V pour la solidarité lors d’une visite organisée au port de Tanger Med.

Durant cette période, 21.413 personnes ont bénéficié des services de la Fondation. Parmi elles, 2.417 personnes ont reçu des consultations ou des soins médicaux d’urgence, 3.609 personnes ont bénéficié d’une assistance administrative, juridique ou liée au transport, et 14.417 demandes d’information ont été traitées par les équipes déployées sur le terrain.

L’ensemble du dispositif est coordonné depuis un centre de pilotage central à Rabat. Sur le terrain, 26 espaces d’accueil sont mobilisés, dont 20 au Maroc : 4 dans les principaux ports (Tanger Ville, Tanger Med, Al Hoceïma et Nador), 10 dans les aéroports ainsi que d’autres points de passage.

Le dispositif comprend un espace dédié à l’assistance médicale. Pour cette mission, la Fondation mobilise 216 médecins, personnels paramédicaux et vacataires, ainsi que 1.134 assistantes sociales. Au port de Tanger Med, cette assistance s’appuie également sur un dispositif de télémédecine couvrant 13 spécialités médicales. Selon l’intensité des arrivées, les équipes prennent en charge entre 20 et 30 cas par jour.

Les assistantes sociales, organisées en rotation permanente, assurent l’accueil, l’orientation des voyageurs, le suivi des situations sociales ainsi que la gestion des demandes d’assistance.

De l’autre côté du détroit, au port d’Algésiras, les autorités espagnoles mettent également l’accent sur la coordination avec leurs homologues marocains. L’objectif est commun : fluidifier les traversées, renforcer la sécurité et réduire les temps d’attente.

En 2025, le délai moyen pouvait atteindre 2h30 lors des pics d’affluence, selon les autorités portuaires espagnoles. Celles-ci saluent la coopération étroite avec les autorités marocaines, le Consulat général du Maroc à Algésiras et les équipes de la Fondation Mohammed V pour la solidarité.

Pour réduire davantage les délais, plusieurs mesures ont été mises en place, dont l’utilisation du système biométrique, désormais opérationnel au port d’Algésiras, une meilleure classification des passagers et la généralisation des billets fermes, afin d’éviter les longues files d’attente.

Comme chaque année, les autorités marocaines et espagnoles tiennent plusieurs réunions de coordination avant le début de l’opération pour ajuster les dispositifs de part et d’autre du détroit. À Algésiras, un bureau du Consulat du Maroc est également déployé directement dans le port pour accompagner les ressortissants marocains dans leurs démarches administratives.

Pour l’édition 2026, les autorités espagnoles ont mobilisé un budget de 2 millions d’euros pour le dispositif de transit dans les ports d’Algésiras et de Tarifa. De nouveaux pics de trafic sont attendus à partir du 20 août, avec le début de la vague des retours.