Maroc

Madrid va déclassifier les rapports sur la crise de Sebta.

Le gouvernement espagnol se prépare à rendre publics certains rapports de sécurité et de renseignement concernant l’importante afflux de migrants survenu à Sebta à la fin du mois de juillet. Ce dossier sera examiné par le Conseil des ministres ce mardi, avec une mise à disposition des documents prévue pour le lendemain.

La déclassification concernera principalement des rapports émanant de la police, des forces de sécurité, de l’armée, ainsi que des notes du Centre national de renseignement (CNI). Le Premier ministre Pedro Sánchez avait précédemment annoncé la publication d’un ensemble de documents relatant les alertes et les informations reçues par son gouvernement entre le 1er juillet et le 1er août.

Les notes de renseignement suscitent un intérêt particulier, notamment sept documents, écrits ou oraux, dont deux se concentrent sur la situation sécuritaire au poste-frontière de Tarajal. Ces rapports avaient recommandé une vigilance accrue suite à un jugement de la Cour suprême espagnole rendu le 8 juillet.

Cependant, le gouvernement a précisé que l’analyse des documents disponibles n’a pas révélé d’alerte annonçant une opération d’une telle ampleur. Selon Madrid, les informations en possession des services de sécurité faisaient état de mouvements jugés habituels, sans anticipation d’une arrivée massive de migrants à Sebta.

Cette déclaration est au cœur des discussions politiques en Espagne. Pour le gouvernement, la publication des rapports vise à clarifier les informations dont disposaient les autorités avant les événements des 30 et 31 juillet. En revanche, l’opposition y voit une occasion de demander des comptes sur la gestion de cette crise.

Le Parti populaire (PP) a intensifié ses critiques à l’égard de l’exécutif de Pedro Sánchez. Son porte-parole national, Borja Sémper, a demandé la convocation de l’ambassadrice du Maroc à Madrid ainsi que de l’ambassadeur espagnol à Rabat, soulignant la nécessité de réévaluer les relations bilatérales sur la base du « respect mutuel ».

Le PP cherche également à relier cette crise à des sujets sensibles des relations entre le Maroc et l’Espagne, notamment l’évolution de la position de Madrid sur le Sahara et le débat autour du statut de Sebta et Melilla.

De son côté, le gouvernement s’efforce de dissocier les alertes sécuritaires de la crise des accusations politiques visant le Maroc. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a affirmé que les rapports disponibles ne permettaient pas d’identifier les responsables de la crise à Sebta. Il a également réitéré sa confiance envers le Maroc et la coopération entre les deux nations.