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L’Iran et Trump ne changent pas : le pétrole augmente à nouveau.

L’Iran a réclamé l’arrêt des hostilités dans toute la région et un dégel de ses avoirs, au lendemain du rejet par Donald Trump de la copie iranienne. Selon le Wall Street Journal, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture graduelle de cette voie maritime, et une levée simultanée du blocus naval américain.


L’Iran a demandé la cessation des hostilités dans la région ainsi que le dégel de ses avoirs, après le rejet par Donald Trump de la proposition iranienne, ce qui a entraîné une augmentation des prix du pétrole. « La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l’Iran », a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Il a listé les demandes de la République islamique : « la fin de la guerre dans la région », y compris au Liban, la levée du blocus américain sur les ports iraniens et « la libération des avoirs appartenant au peuple iranien, qui sont injustement bloqués depuis des années ».

La veille, le président américain avait exprimé son mécontentement sur son réseau Truth Social : « je viens de lire la réponse des soi-disant +représentants+ de l’Iran. Je ne l’aime pas – C’est totalement inacceptable ! ».

Ces déclarations ont provoqué une flambée des prix du pétrole, créant des doutes sur une reprise rapide des négociations de paix et sur la réouverture imminente du détroit d’Ormuz, crucial pour le commerce mondial des hydrocarbures, contrôlé par l’Iran depuis le début de la guerre le 28 février. À 11H10 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence en Europe, a gagné 2,67 % à 103,99 dollars, soit une hausse de près de 50 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre.

Après plus d’un mois de trêve entre les deux belligérants, les perspectives d’un règlement rapide du conflit semblent minces. Une seule session de discussions a eu lieu, le 11 avril à Islamabad par l’intermédiaire du médiateur pakistanais. Depuis, les efforts diplomatiques stagnent tandis que les incidents se multiplient entre les deux camps près du détroit d’Ormuz.

Selon le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran serait une réouverture progressive de cette voie maritime, couplée à une levée simultanée du blocus naval américain. Le quotidien indique également que l’Iran évoquerait des négociations sur le dossier nucléaire dans un délai de 30 jours. Il proposerait de « diluer » une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste vers un « pays tiers », tout en refusant de démanteler ses installations et d’accepter un moratoire de 20 ans sur son processus d’enrichissement d’uranium.

Washington et plusieurs pays soupçonnent Téhéran de chercher à se doter d’une arme atomique, ce que l’Iran dément, affirmant son droit à un programme nucléaire civil. « Il reste encore des matières nucléaires – de l’uranium enrichi – qui doivent être retirées d’Iran » et « des sites d’enrichissement à démanteler », a déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS.

Il a également exprimé l’espoir de voir la fin du régime iranien, ce qui signifierait, selon lui, la chute des alliés de l’Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah). La guerre, qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, « a permis d’accomplir beaucoup de choses, mais elle n’est pas finie », a averti le responsable israélien.

« Téhéran ne montre aucun signe de capitulation » et « calcule que la hausse des prix mondiaux du pétrole et les pénuries obligeront Trump à mettre fin au conflit sans obtenir les concessions majeures, notamment nucléaires, qu’il recherche », selon une analyse du Soufan Center, un centre de réflexion américain. De nouvelles attaques ont été signalées dimanche dans le Golfe.

Au Qatar, un vraquier en provenance d’Abou Dhabi a été ciblé par un drone dans les eaux territoriales, selon le ministère de la Défense. L’agence de presse iranienne Fars a rapporté qu’il « battait pavillon américain » sans indiquer explicitement que l’Iran l’avait attaqué.

D’autres pays ont également été visés par des drones : le Koweït n’a pas précisé la provenance, mais Abou Dhabi a directement incriminé Téhéran. Dès le début de la guerre par Israël et les États-Unis, les monarchies du Golfe, alliées de Washington, ont été la cible de frappes iraniennes. Ces attaques se produisent deux jours après que l’armée américaine a touché deux pétroliers iraniens dans le golfe d’Oman, qui mène au détroit d’Ormuz. Au sud du Liban, où les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah malgré un cessez-le-feu censé être en vigueur depuis mi-avril, deux secouristes affiliés au mouvement pro-iranien et un soldat israélien ont été tués dimanche.