
Le parc éolien offshore d’Essaouira débute sa phase d’étude.
Au large des côtes d’Essaouira, un projet ambitieux pourrait voir le jour : la création d’un parc éolien offshore capable de produire jusqu’à 1 000 MW d’énergie. Pour évaluer la faisabilité technique, financière et juridique de cette initiative, un cabinet norvégien a été mandaté.
Depuis le 3 septembre, il est officiel que Offshore Wind Consultants (OWC), une filiale d’ABL Group, est chargée de mener l’étude de faisabilité du premier parc éolien en mer au Maroc. Ce contrat, signé avec la Banque européenne d’investissement (BEI) et financé par le Fonds fiduciaire de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP), s’étendra sur une période de deux ans. Le budget initial s’élève à deux millions d’euros hors taxes, avec la possibilité d’une extension d’un million d’euros si d’autres financements sont trouvés. Ce montant ne représente qu’une fraction du coût total de construction du parc, qui demeure encore à déterminer. L’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen) est l’entité en charge de ce projet du côté marocain.
OWC ne travaille pas seul dans cette entreprise. Il collabore avec plusieurs partenaires, dont Phenixa et Sofeco, deux filiales du groupe français Ginger, ainsi que le cabinet Gaïa Terre Bleue et l’ingénieriste marocain Novec. Les équipes d’OWC, basées en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, sont également renforcées par l’expertise maritime de leur société sœur ABL. Cette collaboration vise à aborder tous les aspects du projet, y compris les géosciences, l’ingénierie, la logistique maritime et l’analyse du marché. Hakim Mouslim, directeur régional d’OWC pour l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord, a déclaré que ce projet représente « un jalon majeur pour les énergies renouvelables au Maroc et en Afrique ».
Cependant, plusieurs éléments doivent encore être validés. Le choix du site exact, la conception technique du parc, la capacité des ports à gérer le chantier, ainsi que les coûts d’investissement et d’exploitation, sont autant de points qui nécessitent une analyse approfondie. Une campagne de mesure du vent sur le terrain est prévue pour évaluer le potentiel de la zone. Parallèlement, des experts marocains examinent comment intégrer la production future au réseau électrique national, tandis qu’une évaluation des impacts environnementaux et sociaux en mer sera réalisée séparément.
La BEI souligne que le choix d’Essaouira n’est pas anodin. Les documents de consultation mettent en avant un potentiel éolien élevé sur la façade atlantique marocaine, ainsi que l’avantage de fonds marins peu profonds, facilitant l’installation d’éoliennes sur des fondations fixes, moins coûteuses que les structures flottantes.
Un autre défi se présente : le cadre juridique actuel du Maroc ne prévoit pas encore de réglementation exhaustive pour les appels d’offres et les autorisations liées à l’éolien en mer. La BEI a reconnu cette lacune dans ses discussions avec les candidats. Ainsi, les consultants devront naviguer dans ce vide juridique et s’appuyer sur des exemples internationaux pour établir un calendrier réaliste.
Il est important de rappeler que ce projet n’est pas une initiative récente. Le 15 septembre 2022, la BEI et Masen avaient déjà signé un accord de coopération avec une subvention de deux millions d’euros pour explorer la faisabilité de l’éolien maritime sur la côte atlantique. À l’origine, il s’agissait d’un projet pilote de taille modeste. Cependant, la procédure lancée a redéfini les ambitions, avec l’Union pour la Méditerranée (UpM) intégrant le projet dans son Partenariat bleu pour la Méditerranée, avec un objectif de 1 000 MW et un début des travaux prévu d’ici 2029.
