Maroc

Le Conseil de l’Europe s’inquiète d’un changement d’ère menaçant le droit

Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a déclaré mercredi qu’il « ne fait désormais aucun doute que nous vivons un changement d’ère ». Dans son rapport portant sur son activité de l’an passé, il a souligné que « nos inestimables acquis en matière de droit et de pratique des droits humains sont menacés ».


Le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a exprimé mercredi son inquiétude face à un « changement d’ère », caractérisé par une augmentation des conflits et des niveaux de violence, qui met en péril « nos inestimables acquis en matière de droit et de pratique des droits humains ». « Il ne fait désormais aucun doute que nous vivons un changement d’ère », a déclaré M. O’Flaherty dans un rapport sur son activité de l’année précédente.

« Impact de l’intelligence artificielle », « triple crise planétaire » (réchauffement climatique, pollution et perte de biodiversité), niveaux « croissants d’inégalité », impact « sous-estimé de la pandémie de Covid-19 », « érosion généralisée de la confiance », « multilatéralisme en déclin », montée des populismes : pour le commissaire, « les preuves sont tout autour de nous ».

« Nos inestimables acquis en matière de droit et de pratique des droits humains sont menacés. Chose inimaginable, nous risquons de les perdre », s’est alarmé M. O’Flaherty, qui a présenté son rapport devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) lors de sa session de printemps à Strasbourg cette semaine.

Il s’est montré préoccupé par l’ampleur des « atteintes et des violations des droits humains (…) à travers le monde », citant notamment la situation des Roms en Europe, une population qu’il considère comme subissant « la violation la plus généralisée des droits humains sur ce continent ».

« Il y a eu plus de guerres ces dernières années qu’au cours d’une génération », a-t-il encore souligné, s’inquiétant du rejet des « normes » et des « traités », un rejet qui ne concerne plus seulement les extrêmes, mais s’étend désormais au « centre de notre vie politique ».

Face à cette situation, il appelle à « reconnaître le trésor que constituent les droits humains et que nous risquons de perdre » et à s’attaquer aux grands enjeux et défis de notre époque, tels que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, la situation des Roms ou encore la « gestion des frontières ». « Nous sommes confrontés à des années extrêmement difficiles », mais « nous disposons des outils nécessaires pour survivre. Le défi consiste à les mettre en œuvre correctement », a-t-il conclu.