Maroc

La CNT formule des demandes pour dynamiser le tourisme interne cet été.


L’été dernier a révélé une réalité préoccupante pour le secteur du tourisme marocain : la présence insuffisante de touristes nationaux dans les établissements d’hébergement. En effet, alors que les visiteurs étrangers représentent habituellement 80 % de l’activité, leur absence a laissé un vide considérable. Pour remédier à cette situation, Fouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), a formulé plusieurs recommandations à l’attention du gouvernement, visant à encourager les Marocains à voyager.

Pour commencer, Zemrani insiste sur l’importance cruciale de vacciner en priorité les employés du secteur touristique. Il souligne que, pour que les établissements puissent accueillir les nationaux l’été prochain, il est impératif que le personnel soit entièrement immunisé. « La CNT a demandé aux autorités de garantir que les doses de vaccins soient d’abord allouées aux travailleurs du tourisme, tels que ceux des hôtels et des restaurants », précise-t-il. Cette mesure permettrait d’accueillir les vacanciers en toute sécurité durant les mois de juillet et août.

Par ailleurs, il propose de récompenser les fonctionnaires qui ont été en première ligne face à la pandémie. En collaboration avec les ministères concernés, la CNT suggère l’octroi de chèques-vacances à ces agents de l’État. « Cela constituerait une reconnaissance pour ceux qui ont pris des risques et se sont mobilisés sans relâche », déclare Zemrani. Bien que cette initiative ne concerne qu’une partie des fonctionnaires, elle pourrait générer des recettes supplémentaires pour l’État tout en permettant à de nombreux ménages de découvrir les offres touristiques, souvent en dehors de leur cadre habituel.

Une autre proposition clé vise à défiscaliser temporairement la TVA sur les produits touristiques destinés aux nationaux. Zemrani évoque la possibilité d’une loi de finances rectificative pour réduire, voire annuler, cet impôt pendant une période déterminée. « Cela pourrait rendre les tarifs plus attractifs pour les Marocains et stimuler le tourisme intérieur », affirme-t-il, tout en reconnaissant les réticences possibles des autorités fiscales.

En ce qui concerne le secteur privé, il est suggéré que les entreprises ayant prospéré durant la crise sanitaire, comme celles de l’agro-alimentaire, offrent un chèque-vacances d’au moins 3.000 dirhams à chaque chef de famille. Cette initiative pourrait encourager les employés à partir en vacances et à soutenir l’économie locale. Zemrani précise que cette aide ne serait pas soumise à des taxes, car elle serait considérée comme une épargne défiscalisée.

Enfin, bien que la CNT n’ait pas encore finalisé ses simulations, elle appelle le gouvernement à agir rapidement pour mettre en œuvre ces mesures. « Il est essentiel que des aides d’urgence soient débloquées pour garantir la survie du secteur touristique », conclut Zemrani, insistant sur l’urgence d’une réponse adaptée à la crise actuelle.