
Dette publique : le Maroc reste au-dessus de ses pairs, Fitch maintient BB+
Fitch Ratings a confirmé la note souveraine du Maroc à BB+ avec perspective stable, tout en estimant que l’endettement public restera supérieur à celui observé en moyenne dans les pays comparables. Cette décision compte car elle montre que l’agence juge les risques maîtrisables malgré une dette élevée et plusieurs tensions à court terme.
Une dette plus lourde que chez les pairs, mais jugée soutenable
Selon Fitch, le ratio de dette de l’État marocain devrait se maintenir autour de 67% du PIB en 2028, alors que la médiane des pays notés BB est estimée à 51%. L’écart est important, mais l’agence ne l’interprète pas comme un signal automatique de fragilité supplémentaire.
Elle met en avant plusieurs éléments de soutien. La dette marocaine serait structurée de manière relativement favorable, avec des échéances longues, une forte part de taux fixes et une place notable des financements extérieurs concessionnels. Ces caractéristiques réduisent, selon Fitch, les risques de refinancement et l’exposition aux variations de change.
Des amortisseurs extérieurs encore solides
Fitch souligne aussi la solidité des réserves internationales. Elles auraient atteint 48 milliards de dollars fin 2025, et l’agence anticipe leur hausse dans les années à venir grâce aux exportations et au retour des investissements directs étrangers. Entre 2026 et 2028, ces réserves représenteraient en moyenne 5,1 mois de paiements extérieurs courants, légèrement au-dessus de la médiane de la catégorie BB.
Autre élément cité par l’agence : la deuxième ligne de crédit modulable de deux ans accordée par le FMI en avril 2026, d’un montant d’environ 4,5 milliards de dollars. Fitch la considère comme un filet de sécurité supplémentaire face à d’éventuels chocs extérieurs.
Des finances publiques sous pression en 2026
À court terme, les comptes publics devraient se dégrader. Fitch prévoit un déficit budgétaire de 4% du PIB en 2026, après 3,5% en 2025. L’agence relie cette hausse à des dépenses supplémentaires liées à la crise du détroit d’Ormuz et à la montée des prix de l’énergie.
Les postes concernés incluent la compensation du gaz butane, le soutien au transport et les transferts vers l’Office national de l’électricité et de l’eau potable. Fitch estime toutefois que cette pression restera temporaire, avec un déficit moyen attendu à 3,4% du PIB en 2027-2028. Les recettes fiscales, elles, devraient rester stables, après les effets des réformes et du meilleur recouvrement.
L’agence surveille aussi les dépenses d’investissement, attendues autour de 7,5% du PIB en moyenne dans la perspective de la Coupe du monde 2030. Une partie de ces projets passerait par des entreprises publiques ou des montages hors budget, ce qui limite la pression immédiate sur les comptes de l’État mais peut créer des risques futurs si des dépassements de coûts ou des passifs éventuels apparaissent.
Ce qu’il faut retenir
- Fitch maintient la note du Maroc à BB+ avec perspective stable.
- La dette publique devrait rester autour de 67% du PIB en 2028, au-dessus de la médiane des pays BB.
- L’agence juge que les réserves, la structure de la dette et le soutien du FMI atténuent les risques à court terme.
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