Maroc

Dakhla Atlantique : la visite militaire US confirme le rôle stratégique des provinces du Sud

Une mission d’officiers supérieurs du bureau de coopération militaire de l’ambassade des États-Unis à Rabat a récemment visité le site du futur complexe portuaire de Dakhla Atlantique. Cette visite s’inscrit dans un cadre plus large, faisant suite à un déplacement en juin dernier au poste-frontière d’El Guerguerat, où les enjeux de sécurité transfrontalière et de lutte contre les trafics illicites avaient été abordés. En se concentrant sur le secteur maritime, les représentants américains soulignent l’importance stratégique de cette région dans la vision de développement du Royaume, tout en affirmant la synergie d’intérêts entre Rabat et Washington.

Lors de cette visite technique, les émissaires ont engagé des discussions avec les autorités locales ainsi que les acteurs du secteur maritime. Les échanges ont principalement porté sur la sécurisation des voies maritimes, le développement des infrastructures essentielles et l’amélioration de la connectivité régionale. Ce rapprochement sur le terrain témoigne d’une volonté commune de renforcer la sécurité de la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest, un territoire crucial pour le commerce international et la stabilité de la région.

Le complexe portuaire de Dakhla Atlantique, inscrit dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud, vise à repositionner le Sahara marocain sur la carte logistique mondiale. Selon les données récentes du ministère de l’Équipement et de l’Eau, les travaux avancent rapidement, mobilisant plus de 2 800 personnes et atteignant un taux d’avancement global supérieur à 65 %. Le pont maritime affiche un taux d’achèvement de 85,4 %, tandis que le remblaiement principal dépasse les 50 %.

D’un point de vue technique, le projet a été conçu pour répondre aux exigences du commerce maritime à grande échelle. La profondeur du bassin commercial a été portée à 18 mètres afin d’accueillir des navires porte-conteneurs de dernière génération. De plus, deux quais dédiés à l’ammoniac vert seront capables de traiter jusqu’à 6 millions de tonnes par an. Un quai spécialisé pour les colis lourds et une zone industrielle et logistique à faible empreinte carbone sont également prévus, s’inscrivant dans l’Initiative Royale qui vise à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’Océan Atlantique.

L’intérêt des États-Unis pour le port de Dakhla s’inscrit dans une dynamique économique croissante des entreprises et agences fédérales américaines dans le Sahara marocain. Fin juillet, l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a signé un accord avec la coentreprise maroco-américaine ORNX, prévoyant une subvention de 5,7 millions de dollars (57 millions de dirhams) pour financer les études préliminaires d’une usine de production d’ammoniac vert à Laâyoune. Ce projet, soutenu par un consortium d’ingénierie américain, vise une production annuelle de 560 000 tonnes d’ammoniac vert, avec une capacité d’électrolyse de 900 mégawatts alimentée par des sources renouvelables.

La combinaison d’inspections militaires, de financements publics pour l’ingénierie et d’investissements privés dans les énergies renouvelables souligne la volonté des États-Unis de considérer le Sahara marocain comme un pôle de stabilité et de croissance durable au sein de l’espace atlantique.