Maroc

Camps de Tindouf : le Maroc demande au HCR des solutions durables

Lors d’une réunion du Comité permanent du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Genève, le Maroc a exprimé ses préoccupations concernant le financement des camps de Tindouf, en Algérie. Le pays a souligné que ce système, en place depuis des décennies, ne fait qu’alimenter la crise plutôt que de la résoudre. Le Royaume a ainsi appelé à une réorientation des priorités budgétaires du HCR vers des « solutions durables ».

Omar Zniber, ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, a insisté sur l’urgence d’intégrer ces solutions dans la planification financière du HCR. Il a noté que, malgré les près de 90 millions de dollars mobilisés depuis 2021, la situation des populations dans ces camps s’est détériorée. Le taux de malnutrition a doublé, l’accès à l’emploi reste prohibé et l’autonomie économique a disparu, révélant ainsi un « régime de maintien coûteux » qui ne répond pas aux besoins fondamentaux des réfugiés.

Les solutions durables évoquées comprennent le retour des populations dans la dignité, la réinstallation dans des pays tiers et l’intégration dans le pays d’accueil. Zniber a rappelé que le droit international des réfugiés prévoit ces trois options, qui sont essentielles pour mettre un terme aux dépenses liées à des situations de déplacement prolongé. Il a également souligné que le Maroc est prêt à assumer sa part de responsabilité dans ce processus, en se basant sur l’initiative d’autonomie consacrée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité.

L’engagement du Roi Mohammed VI en faveur d’un retour digne des populations est un aspect central de cette approche, qui se veut sans condition et sur une base volontaire. Le Maroc soutient également les autres solutions, en respectant le choix de chaque individu.

Zniber a noté que plusieurs États donateurs, parmi les principaux contributeurs au budget du HCR, se disent prêts à financer des initiatives qui visent à résoudre la crise plutôt qu’à la maintenir. Il a donc exhorté le HCR à tirer parti de cette volonté en plaçant les solutions durables au cœur de sa planification budgétaire et en collaborant avec les États concernés pour examiner ces options avant la prochaine session du Comité exécutif.

En conclusion, il a affirmé que l’objectif de réduire de moitié les situations prolongées d’ici 2035 doit être un objectif budgétaire, à décider dans l’affectation de chaque dollar.