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Un député israélien s’oppose à un mémorial palestinien en Cisjordanie.

Un incident controversé s’est produit mardi en Cisjordanie occupée, où le député israélien d’extrême droite Zvi Soukot a tenté de démolir un mémorial dédié aux « martyrs » palestiniens dans le village de Burin. Cette action a suscité de vives réactions, tant sur le plan politique que local.

Dans une vidéo diffusée, Soukot a expliqué : « Il y a quelques jours, j’ai demandé à l’armée d’agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d’attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m’y suis donc rendu moi-même et j’ai pris des mesures pour les retirer. » On le voit en train d’utiliser un marteau pour tenter de détruire le mémorial.

L’armée israélienne, qui accompagnait le député lors de sa visite, a exprimé son mécontentement face à l’utilisation de ses soldats pour cette opération. Dans un communiqué, elle a dénoncé « la manière trompeuse et manipulatrice » dont elle a été impliquée. Les soldats de Tsahal, affectés à des missions opérationnelles, ont été détournés de leurs tâches, ce qui les a exposés à des risques inutiles, a-t-elle précisé.

L’acte de Zvi Soukot a été qualifié de « terroriste » par plusieurs voix. Gidéon Saar, ministre des Affaires étrangères israélien, a souligné sur X que « le député Soukot, comme tous les députés, n’est pas l’autorité souveraine en Judée-Samarie », le nom israélien pour la Cisjordanie. Gadi Eizenkot, ancien ministre et rival politique de Benjamin Netanyahu, a également critiqué la situation, accusant Netanyahu de permettre à des « anarchistes » comme Soukot de nuire à la sécurité des localités israéliennes et de compromettre la position d’Israël sur la scène internationale.

Rami Nassar, président du conseil du village de Madama, a défendu le mémorial, affirmant qu’il honore les martyrs du village, tombés lors de la bataille de Karameh et durant les deux Intifadas. Il a qualifié l’action du député de « terrorisme », en mentionnant que le mémorial comportait le nom d’un agriculteur local tué alors qu’il travaillait sa terre, sans qu’aucun affrontement n’ait eu lieu.

Dans sa vidéo, Soukot a également évoqué Yamen Faredj, un membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour son implication dans des attentats en Israël durant la seconde Intifada, et tué en 2004 à Naplouse par les forces israéliennes.