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Un cinéaste kurde décrit son alimentation forcée par l’ICE aux États-Unis

Gabar Choli, un cinéaste kurde de 41 ans, partage son expérience traumatisante vécue au centre de détention de Port Isabel, au Texas. Il évoque des souvenirs marqués par des cris, des violences physiques et des périodes d’isolement sous une lumière artificielle incessante. Cependant, ce qui l’a le plus profondément affecté, ce sont les épisodes d’alimentation forcée, comme le rapporte Ouest-France.

Après avoir entamé une grève de la faim durant dix-neuf jours, Gabar Choli raconte avoir été maintenu par plusieurs agents pour qu’une sonde soit insérée par son nez jusqu’à son estomac. « C’était une douleur que je n’avais jamais ressentie de ma vie, explique-t-il. Ça brûlait tout le long de mon estomac. » Il précise que jusqu’à deux litres de liquide pouvaient lui être administrés en une vingtaine de minutes, parfois deux fois par jour.

Arrêté en février 2025 lors d’un rendez-vous avec l’ICE, l’agence de police de l’immigration américaine, Gabar Choli avait demandé l’asile aux États-Unis après avoir quitté le Canada en 2022, en raison de menaces reçues liées à son travail cinématographique. Lors de son incarcération dans un centre de détention en Californie, il a refusé de signer un document qui prévoyait son expulsion vers l’Iran, un pays qu’il considère comme une menace pour sa vie.

Après plusieurs semaines de grève de la faim, il a été transféré au Texas, où il a été soumis à des traitements autorisés par des décisions judiciaires. Aux États-Unis, l’alimentation forcée peut être ordonnée lorsque la vie d’un détenu est en danger ou qu’il risque des séquelles irréversibles. Cette pratique est vivement critiquée par des organisations de défense des droits humains et des associations médicales.

Le 6 janvier dernier, Gabar Choli a été expulsé vers le Canada, mais il continue de souffrir de complications physiques dues aux conditions de sa détention. Il souhaite témoigner pour dénoncer le traitement réservé aux demandeurs d’asile en détention, affirmant que « aucun humain ne mérite d’être forcé comme ça ».