
Scandale au Royaume-Uni : Nigel Farage surpris en train d’accepter un don illégal
Au Royaume-Uni, Nigel Farage, figure emblématique du Brexit et leader du parti d’extrême droite Reform, se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs. Il vient de remporter une campagne de réélection face à un candidat parodique, le « Comte Tête-de-Poubelle ». Cependant, un reportage diffusé jeudi par Channel 4 a révélé des pratiques douteuses au sein de son équipe, notamment la tentative d’obtenir un don d’un citoyen américain pour financer son parti. Cette situation s’inscrit dans un contexte où Farage avait déjà décidé de se représenter après avoir démissionné, alors qu’il faisait l’objet d’une enquête du comité d’éthique du Parlement britannique. Cette enquête portait sur un don controversé de 5 millions de livres, reçu de Christopher Harborne, un milliardaire du secteur des cryptomonnaies, avant l’élection de juillet 2024.
Le groupe de journalisme d’investigation Verbatim Media a mené une enquête approfondie, se faisant passer pour des investisseurs américains intéressés par le soutien à la campagne de Farage. Ce projet a été réalisé avec l’accord de Farage et de son équipe, soulevant des questions sur les dons étrangers, strictement réglementés au Royaume-Uni.
L’enquête a révélé qu’un journaliste de Verbatim, en caméra cachée, a réussi à se faire passer pour le fils d’un riche américain désireux de contribuer à la campagne de Farage. Or, cet américain ne répond pas aux critères légaux britanniques pour être considéré comme un donateur autorisé, ce qui rend son soutien illégal.
Face à cela, l’équipe de Farage a proposé une solution alternative : l’Américain pourrait financer des sondages d’une valeur de plus de 30 000 livres, prétendument indépendants, dont les résultats seraient utilisés pour promouvoir le parti. Un conseiller de Farage a même suggéré qu’il serait préférable que le leader ne soit pas informé de cette manœuvre.
Les journalistes, après avoir gagné la confiance de l’équipe de Farage, ont annoncé qu’un don de 500 000 livres était envisagé. Les discussions enregistrées laissent entendre que les collaborateurs de Farage ont envisagé un mécanisme pour faire transiter l’argent par le fils britannique du donateur, ce qui pourrait constituer une violation des règles électorales.
La presse britannique souligne que, même si Reform n’a pas reçu directement ces fonds, le paiement par une entreprise étrangère pour des services bénéficiant au parti pourrait être interprété comme une donation en nature, ce qui est également illégal.
À la suite de la diffusion de ces révélations, deux conseillers de Farage ont démissionné. Malgré cela, Farage a affirmé que « le parti n’a enfreint aucune loi », niant toute implication dans la commande des sondages. La commission électorale britannique a annoncé qu’elle surveillait de près la situation et collaborait avec les autorités pour déterminer les prochaines étapes judiciaires.
Ce n’est pas la première fois que Farage est au centre de controverses liées à des donations. En 2024, Christopher Harborne avait déjà fait un don de 15 millions de livres à Reform, ainsi que 5 millions directement à Farage. En 2026, un autre entrepreneur du secteur des cryptomonnaies, Ben Delo, avait également contribué à hauteur de 8 millions de livres.
En comparaison, la législation française est plus stricte concernant les dons étrangers. Selon l’article L.52-8 du Code électoral, il est interdit pour les personnes morales, qu’elles soient françaises ou étrangères, de financer directement une campagne électorale. Seules les personnes physiques résidant en France peuvent faire des dons, limités à 4 600 euros par élection.
Si une situation similaire à celle de Farage devait se produire en France, où une entreprise étrangère financerait des sondages pour promouvoir un candidat, cela pourrait être considéré comme une violation des règles sur les contributions matérielles, entraînant des sanctions pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.
