Royaume-Uni : Succession possible à Keir Starmer en cas de démission ?
Keir Starmer, Premier ministre britannique, semble fragilisé depuis des mois et les médias évoquent des rumeurs sur ses successeurs au sein du Parti travailliste. Angela Rayner, ancienne ministre du Logement, a démissionné en septembre 2025 après avoir admis ne pas avoir payé tous les impôts dus lors de l’achat d’un appartement.
Les jours de Keir Starmer, Premier ministre britannique fragilisé depuis plusieurs mois, semblent comptés. Les médias britanniques évoquent des rumeurs concernant les personnalités travaillistes susceptibles de prendre sa succession à la tête du gouvernement.
Wes Streeting, âgé de 43 ans, se distingue par sa capacité à communiquer efficacement. Il a été l’une des figures majeures de la campagne électorale ayant conduit au retour des travaillistes au pouvoir en juillet 2024. En tant que ministre de la Santé, il a mis en place plusieurs mesures pour améliorer l’image du NHS, le service national de santé, affecté par des années de coupes budgétaires, des listes d’attente interminables et des grèves répétées des médecins. Classé à droite du parti, il pourrait être désavantagé par ses relations avec Peter Mandelson, son mentor, qui l’accompagnait lors de sa première campagne législative en 2015. L’ancien ambassadeur à Washington est lié au scandale Jeffrey Epstein, qui a nui à Keir Starmer.
Andy Burnham, maire du Grand Manchester depuis 2017 et âgé de 56 ans, est issu de l’aile gauche du Labour et est considéré comme la personnalité politique britannique la plus populaire. Selon l’institut Yougov, il est le seul capable d’attirer des électeurs au-delà des rangs travaillistes, et il est le favori des bookmakers pour succéder à Starmer. Cependant, celui qui est surnommé « le roi du Nord » ne pourra accéder à la fonction de Premier ministre tant qu’il ne retrouvera pas un siège de député, conformément aux règles en vigueur au Royaume-Uni. Un député pourrait toutefois se retirer dans une circonscription acquise au Labour pour lui permettre d’obtenir un tel siège, mais ce processus pourrait prendre plusieurs mois.
Angela Rayner, qui a occupé jusqu’en septembre 2025 le poste de numéro deux du gouvernement et de ministre du Logement, est une figure populaire de l’aile gauche du Labour. À 46 ans, elle se distingue par ses origines modestes, ayant quitté l’école à l’adolescence sans diplôme universitaire, dans un pays où la classe dirigeante vient souvent d’Oxford ou de Cambridge. Cependant, son ascension s’est brutalement interrompue en septembre dernier, lorsqu’elle a démissionné après avoir reconnu ne pas avoir réglé la totalité des impôts dus lors de l’achat d’un appartement.
Des manœuvres en coulisses et des querelles internes pourraient encore ternir l’image des travaillistes, à l’issue d’un processus de désignation qui s’annonce chaotique, semblable à celui qui a affaibli les conservateurs lors du rythme rapide de succession de leurs Premiers ministres après le référendum sur le Brexit de 2016.
Parmi les autres potentiels candidats, on trouve des personnalités jugées consensuelles comme John Healey, ministre de la Défense, ou Al Carns, ministre des Forces armées. Les noms d’Ed Miliband, ancien ministre de l’Environnement et dirigeant du Labour de 2010 à 2015, de Yvette Cooper, ministre des Affaires étrangères, et de Shabana Mahmood, ministre de l’Intérieur, sont également cités.

