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Royaume-Uni : Étudiant menotté agonise en vidéo lors du procès

Vickrum Digwa, 23 ans, a été condamné lundi à la prison à vie assortie d’une peine de sûreté de 21 ans pour le meurtre d’Henry Nowak, 18 ans. Les images diffusées par la police lundi soir montrent l’étudiant dire à plusieurs reprises d’une voix faible : « Je n’arrive pas à respirer » et « j’ai été poignardé ».


«Je n’arrive pas à respirer ». Ce mardi, la police britannique fait l’objet de vives critiques, notamment de la part de l’extrême droite, après la diffusion d’une vidéo montrant des agents menottant un étudiant en train de mourir, accusé à tort d’injures racistes par son meurtrier, en décembre dernier.

Cette capture d’écran d’une vidéo prise par caméra le 3 décembre 2025 et diffusée par la police du Hampshire et de l’île de Wight à l’AFP le 2 juin 2026 montre Henry Nowak, un étudiant de 18 ans, menotté par la police avant sa mort, suite à une fausse accusation d’abus raciaux, à Southampton, dans le sud de l’Angleterre.

Vickrum Digwa, 23 ans, a été condamné lundi à la prison à vie avec une peine de sûreté de 21 ans pour le meurtre d’Henry Nowak, 18 ans. L’étudiant a été poignardé à mort à cinq reprises alors qu’il rentrait chez lui d’une soirée à Southampton, le 3 décembre 2025. Son meurtrier, un jeune homme sikh, a menti aux forces de l’ordre, affirmant avoir été victime d’une agression raciste et avoir agi en légitime défense après avoir reçu des insultes et des coups.

Les images diffusées par la police lundi soir après la condamnation du meurtrier montrent l’étudiant, allongé au sol à l’arrivée des agents, répétant faiblement : « Je n’arrive pas à respirer » et « j’ai été poignardé ». La police discute avec Vickrum Digwa, debout à côté d’eux, avant de menotter Henry Nowak et de l’informer de son arrestation, alors qu’il ne réagit plus. La vidéo, présentée aux jurés lors du procès, a été rendue publique par la police du Hampshire après avoir « consulté la famille d’Henry ».

Vickrum Digwa doit se présenter à nouveau ce mardi devant un tribunal de Southampton pour répondre à six chefs d’accusation liés à la possession d’armes – notamment une machette et des épées – découvertes par la police le lendemain du meurtre. Gurpreet Digwa, 27 ans, et Moga Singh, 52 ans, son frère et son père, doivent également comparaître selon les médias britanniques.

Le bureau du procureur général a indiqué mardi qu’il allait examiner la peine infligée à Vickrum Digwa, après avoir reçu de « nombreuses demandes », incluant celle de Nigel Farage, le chef du parti anti-immigration Reform UK. Une décision sera rendue dans un délai de 28 jours, pour envisager de renvoyer l’affaire devant la cour d’appel.

« Nous vivons dans un pays à deux vitesses, où les droits et les privilèges des Blancs comptent moins que ceux des minorités ethniques », a dénoncé mardi Nigel Farage dans une vidéo, à deux semaines d’une élection partielle en Angleterre, espérant voir son candidat l’emporter sur celui du Parti travailliste. Il a aussi souligné que les mots prononcés par Henry Nowak (« Je n’arrive pas à respirer ») faisaient écho à ceux de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc en 2020 aux États-Unis.

Le militant d’extrême droite Tommy Robinson a également critiqué sur X des « pratiques policières racistes qui visent les Blancs », annonçant qu’il se rendrait en manifestation devant le commissariat de Southampton. Kemi Badenoch, la cheffe du parti conservateur, a déclaré sur ITV : « Quelque chose a terriblement mal tourné dans le maintien de l’ordre ».

L’intervention policière a suscité des critiques allant jusqu’à Elon Musk, qui a proposé de financer une action en justice contre la police du Hampshire. L’arrestation fait l’objet d’une enquête de la police des polices (IOPC).

Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, qualifiant lundi l’affaire d’« horrible et choquante », a appelé mardi l’IOPC à mener son enquête « aussi rapidement que possible et à apporter des réponses », selon son porte-parole. Downing Street a également assuré qu’il « n’y a pas de maintien de l’ordre à deux vitesses ».

Mark, le père d’Henry Nowak, a appelé à une enquête « complète, courageuse et transparente », considérant que son fils avait été traité par la police d’une manière « inhumaine et dégradante ».

Le chef adjoint de la police du Hampshire, Robert France, a présenté ses excuses vendredi, affirmant que les agents avaient été « trompés » par les mensonges de Vickrum Digwa. Ce dernier avait attaqué Henry Nowak avec un couteau d’environ vingt centimètres, qu’il a déclaré porter en raison de sa foi. Sa famille a également présenté des excuses à celle d’Henry Nowak, ainsi qu’à la communauté sikhe pour avoir « injustement porté atteinte à (sa) réputation ».