Près de 8.000 migrants morts ou disparus sur les routes en 2025
En 2025, environ 7.900 migrants sont morts ou ont été portés disparus sur les routes migratoires dans le monde, selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Depuis 2014, plus de 80.000 migrants sont morts ou ont été portés disparus, et en 2024, un record de 9.200 décès ou disparitions était enregistré.
C’est un décompte tragique publié par l’ONU ce mardi. L’année dernière, environ 7 900 migrants sont morts ou ont été portés disparus sur les routes migratoires à travers le monde. Environ 1 500 personnes supplémentaires pourraient également avoir disparu et être présumées mortes.
« Les près de 8 000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l’aggravation d’un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables », a déploré l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans son rapport annuel sur le sujet. Depuis 2014, date à laquelle cette organisation a commencé à recueillir des données, plus de 80 000 migrants sont morts ou ont été portés disparus.
### La Méditerranée plus meurtrière
En 2024, un chiffre record de 9 200 décès ou disparitions avait été enregistré. La baisse de cette année « est liée en partie à une diminution réelle du nombre de personnes qui tentent d’emprunter des routes migratoires irrégulières et dangereuses », en particulier sur le continent américain, selon l’OIM. « Mais elle s’explique aussi par les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires qui documentent les décès de migrants sur les principaux axes de migration », a ajouté l’organisation basée à Genève.
Le rapport indique que les 3 400 morts et disparitions recensés sur les routes maritimes vers l’Europe ont représenté 43 % du bilan mondial en 2025. La Méditerranée centrale est restée l’an dernier la route migratoire la plus meurtrière au monde avec la majorité des décès (1 330), selon l’OIM. Elle est suivie de près par la route Afrique de l’Ouest/Atlantique vers les îles Canaries espagnoles, où plus de 1 200 morts ont été vérifiées.
« L’Asie a enregistré un nombre sans précédent de décès, parmi lesquels des centaines de Rohingyas et d’Afghans, ce qui montre que ceux qui fuient les conflits et les persécutions continuent d’être exposés à des risques mortels », a déclaré Maria Moita, directrice du département Réponse humanitaire à l’OIM, lors de la présentation du rapport à Genève.
### Changement de politique
Quant au continent américain, il a vu le nombre de décès chuter de 1 272 en 2024 à 408 en 2025. « Cela ne signifie pas que la migration est devenue plus sûre dans la région. Nous continuons de constater des décès de migrants dans toute la région, et le fait que nous soyons peut-être moins en mesure de les recenser actuellement ne signifie pas qu’ils ne se produisent pas », a relevé André Garcia, une autre responsable de l’OIM.
« Plusieurs facteurs ont conduit à l’évolution spectaculaire des flux migratoires en Amérique latine et dans les Caraïbes, le premier étant le changement radical de la politique migratoire de l’administration américaine et la fermeture de la frontière sud », a expliqué Maria Moita.
Mais la baisse des chiffres s’explique aussi par « des retards dans la communication des données », selon l’OIM, qui souligne que « ce dernier facteur est particulièrement vrai pour la frontière entre les États-Unis et le Mexique, où les données de fin d’année sur les décès de migrants n’ont été communiquées par aucun des deux pays ».
La directrice du département Réponse humanitaire au sein de l’organisation a souligné qu’« une diminution des arrivées à un endroit donné ne signifie pas que moins de personnes se déplacent, ni que la migration est devenue plus sûre. Dans de nombreux cas, les risques deviennent simplement moins visibles ». Depuis le début de l’année, l’OIM a déjà enregistré 1 723 personnes mortes ou portées disparues sur les routes migratoires.

