
Philippines : Sara Duterte accusée de menaces de mort contre le président
Sara Duterte, vice-présidente des Philippines et fille de l’ancien président Rodrigo Duterte, se retrouve au cœur d’une polémique qui pourrait compromettre ses ambitions présidentielles pour 2028. Elle est désormais sous le coup d’une inculpation pour « menaces graves » à l’encontre de Ferdinand Marcos Jr., l’actuel président et ancien allié. Cette accusation a été formalisée mardi devant un tribunal de Quezon City, comme l’a précisé Polo Martinez, porte-parole du ministère de la Justice.
Cette affaire fait suite à une plainte déposée en février 2025, lorsque Sara Duterte a exprimé des craintes quant à sa sécurité, affirmant être victime d’un complot visant à l’assassiner. Elle avait alors déclaré qu’elle ordonnerait l’élimination de Marcos si elle venait à être tuée. Par la suite, elle a tenté de clarifier ses propos, soutenant qu’ils avaient été mal interprétés lors d’une conférence de presse.
Les avocats de la vice-présidente ont contesté la légitimité de cette poursuite, arguant qu’elle ne devrait pas être jugée pour un acte qui fait également l’objet d’un procès en destitution, entamé en juillet au Sénat. Cependant, Polo Martinez a affirmé que les deux procédures pouvaient se dérouler simultanément, précisant que l’affaire était désormais entre les mains des procureurs.
Dante Gatmaytan, professeur de droit à l’Université des Philippines, a confirmé que cette situation ne contrevenait pas à la Constitution. Selon le Code pénal philippin, le délit de « menaces graves » peut entraîner une peine de un à six mois de prison. En revanche, la justice n’a pas donné suite à une autre plainte visant Sara Duterte pour « incitation à la sédition ».
Outre les menaces proférées à l’encontre de Ferdinand Marcos Jr. et de son épouse, Sara Duterte, âgée de 48 ans, est également accusée de malversations et de corruption. Les relations entre les deux politiciens, qui avaient fait campagne ensemble lors de l’élection présidentielle de 2022, semblent désormais très tendues. En mai dernier, la Chambre des représentants a voté à 257 voix contre 318 en faveur de sa mise en accusation devant le Sénat, où une majorité des deux tiers des 24 sénateurs est requise pour la destituer et la déclarer inéligible.
