Liban : Emblématique forteresse de Beaufort prise par Israël.
Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence ce lundi après la prise dimanche par Israël de la forteresse de Beaufort, dans le sud du Liban. La forteresse, construite par les Croisés au XIIe siècle, est classée sur la liste des biens culturels sous protection renforcée par l’Unesco depuis le 18 novembre 2024.
Des images révèlent de nouveau le drapeau israélien flottant sur le site médiéval de Beaufort, tandis que de la fumée s’élève des alentours. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence ce lundi après la prise, dimanche, par Israël de cette forteresse située dans le sud du Liban.
Selon Benjamin Netanyahu, cette prise représente un « tournant décisif » dans son offensive contre le Hezbollah pro-iranien, car elle permet à l’armée de progresser vers la région de Nabatiyé.
Position stratégique
Érigée par les Croisés au XIIe siècle, la forteresse, également appelée Qalaat al-Shakifsite, est perchée sur un promontoire rocheux à 710 mètres d’altitude, offrant une vue panoramique sur la Galilée au nord d’Israël et sur la région de Nabatieh au sud du Liban, ce qui en fait un lieu stratégique.
L’UNESCO décrit le château comme « de forme semi-rectangulaire et comprenant trois niveaux entourés d’un mur ». Il a été modifié à plusieurs reprises : le côté sud a été fortifié avec deux grandes tours circulaires, et une tour carrée ainsi qu’une tour hexagonale ont été ajoutées pour renforcer ses défenses. Un hall de style gothique et des structures résidentielles datant des périodes arabe et ottomane y ont également été intégrés. Dans la partie inférieure, on trouve des écuries, des salles de tir, des espaces de stockage, des fortifications et un arsenal.
En raison de sa position géostratégique, le site a toujours suscité des convoitises depuis l’époque des Croisades, rappelle L’Orient-Le Jour. Les combats pour sa prise ont perduré au XXe siècle. Lors de l’une des premières batailles de la Première Guerre du Liban en 1982, les troupes israéliennes s’emparèrent du château, qui servit ensuite de base aux forces israéliennes durant les vingt ans d’occupation du sud du Liban, s’achevant en 2000.
L’offensive israélienne l’expose à un « sérieux danger », estime le gouvernement libanais
« Quarante-quatre ans après l’héroïque bataille de Beaufort, et lors de la commémoration de la paix relative à la guerre de Galilée, en hommage aux soldats Golani tombés à Beaufort, les soldats de Tsahal, dirigés par la brigade Golani, sont retournés au sommet de Beaufort et y ont hissé de nouveau le drapeau israélien et le drapeau Golani », a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, dans un communiqué rapporté par Times of Israël.
Le site est inscrit sur la liste des biens culturels bénéficiant d’une protection renforcée par l’UNESCO depuis le 18 novembre 2024, suite au déclenchement des hostilités sur le territoire libanais. À cette date, le ministre de la Défense libanais a également signé une déclaration de non-utilisation à des fins militaires, attestant que « la partie contrôlant le bien culturel déclare que celui-ci ne sera pas utilisé à des fins militaires ou pour protéger des sites militaires », selon l’UNESCO.
Un important projet de conservation et de valorisation a été entrepris ces dernières années par la Direction générale des Antiquités, poursuit L’Orient-Le Jour. De ce fait, le gouvernement libanais estime que l’offensive israélienne expose le site à un « sérieux danger ». Beaufort n’est pas considéré comme « un site militaire de la résistance », mais comme un site archéologique, a affirmé le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, appelant à « l’indignation de tout patriote » libanais.

