
Incertitudes sur le vote par correspondance pour les midterms américaines : décret de Trump et blocage judiciaire
À l’approche des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre 2026, la question du vote par correspondance s’impose comme un enjeu majeur. La Caroline du Nord a lancé, vendredi, l’envoi de ses premiers bulletins de vote, mais les modalités de traitement de ces derniers demeurent incertaines en raison d’un conflit judiciaire lié à un décret de Donald Trump.
La juge en charge de cette affaire a décidé de prolonger la suspension des nouvelles règles jusqu’au jour du scrutin, soulignant que « la myriade d’obstacles évoqués et le temps négligeable pour les responsables de se familiariser avec les nouvelles procédures […] rendront le respect de ces règles par les responsables locaux et des États virtuellement impossible ». En parallèle, le président américain a sollicité la Cour suprême pour rétablir des restrictions qui avaient été annulées par la justice le 27 août.
Le dispositif contesté impose aux États de dresser une liste des électeurs habilités à voter par correspondance, limitant ainsi la distribution des bulletins par la Poste américaine à ceux qui y figurent. De plus, les enveloppes devront comporter des codes-barres spécifiques. Un lanceur d’alerte a exprimé ses inquiétudes, déclarant que « potentiellement, des millions d’électeurs américains pourraient ne pas recevoir à temps ou du tout leur bulletin de vote par correspondance pour les prochaines élections ».
Le gouvernement défend ces mesures comme une garantie de l’intégrité électorale. Donald Trump, qui accuse depuis longtemps le vote par correspondance de favoriser la fraude, en a pourtant lui-même profité, notamment lors de la primaire républicaine en Floride le mois dernier. Cette situation soulève également des questions sur la répartition des compétences entre le gouvernement fédéral et les États. Marc Elias, fondateur de Democracy Docket, a affirmé : « Ce sont les États qui fixent la date, le lieu et les modalités des élections dans ce pays, pas le président ».
Les responsables électoraux craignent que des changements de règles à ce stade avancé compliquent l’organisation du scrutin. Dix-huit autres États doivent commencer à distribuer leurs bulletins environ 45 jours avant le 3 novembre. Si une décision judiciaire venait à valider les restrictions, cela obligerait ces États à modifier rapidement les enveloppes, les systèmes informatiques, la formation du personnel et l’intégration des données électorales. La Caroline du Nord a déjà annoncé qu’elle poursuivrait ses envois sans recourir au système contesté.
Cette bataille juridique s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par des disputes sur le redécoupage électoral dans une douzaine d’États. Les élections de mi-mandat auront un impact significatif sur la majorité au Congrès pour les deux dernières années du mandat présidentiel. Elles se dérouleront alors que la popularité de Donald Trump est en déclin, exacerbée par la guerre en Iran et la hausse des prix, en particulier de l’énergie. Selon un modèle de projections de l’université Cornell, les démocrates pourraient être bien placés pour reprendre la Chambre des représentants.
