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Guerre en Ukraine : L’Otan peut-elle réagir à la chute d’un drone ?

L’Otan a condamné le comportement « irresponsable » de la Russie après la chute d’un drone sur un immeuble résidentiel en Roumanie, faisant deux blessés légers dans la ville de Galati. L’article 4 de l’Alliance a été déclenché neuf fois dans toute son histoire, dont trois fois avant l’annexion de la Crimée par la Russie.


Que peut faire l’Otan après qu’un drone soit tombé sur un immeuble résidentiel en Roumanie, un pays membre de l’Alliance ? L’organisation souligne l’effet dissuasif de ses messages ainsi que de ses réponses graduées. La plus connue d’entre elles, « l’article 5 », prévoit une clause de solidarité et stipule qu’une attaque armée contre un pays membre de l’Alliance sera considérée comme une attaque dirigée contre tous.

Cet article n’a été invoqué qu’une seule fois : après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Cependant, « il sous-tend toutes les activités de l’Otan dans le domaine de la dissuasion et de la défense », y compris « la conduite régulière d’exercices militaires et le déploiement de forces militaires permanentes de l’Otan », précise l’Alliance.

### Comportement « irresponsable » de la Russie

La chute d’un drone sur un immeuble résidentiel en Roumanie, survenue dans la nuit de jeudi à vendredi et faisant deux blessés légers à Galati, près de la frontière avec l’Ukraine, a suscité une réaction adaptée. Dans un premier temps, l’Otan a rapidement exprimé sa « solidarité » avec l’un de ses 32 pays membres, d’abord par la porte-parole de l’organisation puis par son secrétaire général Mark Rutte. L’Alliance a également condamné le comportement « irresponsable » de la Russie, affirmant son engagement à protéger le territoire de l’Alliance et à renforcer ses capacités de défense sur sa frontière orientale.

Dans un second temps, si le pays concerné en fait la demande, les Alliés pourraient se réunir pour des « consultations ». Cependant, pour le grand public, cela ne va guère plus loin. Néanmoins, l’Otan assure que l’impact est concret. En matière diplomatique, chaque mot a son importance et les Russes sont capables de distinguer chaque niveau de réaction, explique-t-on à Bruxelles.

### L’article 4 déclenché neuf fois dans l’histoire de l’Otan

Au-delà des déclarations et des condamnations, le déclenchement de l’article 4 de l’Alliance est interprété comme une étape supplémentaire. Cet article dispose que les Alliés « se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée ». L’article 4 a été activé neuf fois dans toute l’histoire de l’Otan, dont trois fois avant l’annexion de la Crimée par la Russie. Le rythme a ensuite augmenté, avec six déclenchements depuis 2014, dont trois depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.

Ces « consultations » à huis clos débouchent souvent sur des décisions, qui ne sont pas toujours visibles mais visent toutes à renforcer la capacité de dissuasion de l’Alliance, un élément central de cette organisation créée en 1949. Une réunion « Article 4 », demandée par la Pologne en septembre 2025 après une intrusion notable de drones russes sur son territoire, a ainsi conduit à l’opération « Sentinelle orientale » (Eastern Sentry).

Avec cette opération, l’Otan a renforcé « ses capacités et moyens supplémentaires à sa posture de dissuasion », incluant par exemple « davantage d’avions de chasse, d’hélicoptères, d’avions de transport, de systèmes de défense aérienne, d’avions de surveillance et de frégates », précise le quartier général des forces de l’Otan en Europe (Shape).

Après la Pologne, l’Estonie avait également sollicité des « consultations » suite au survol de son territoire par trois avions de chasse russes. Ce type d’événement est noté par les Russes et a pu, par le passé, influencer leur comportement, affirme-t-on à Bruxelles.