Guerre en Ukraine : La France critiquée pour l’augmentation des importations de GNL russe en Europe
Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe dans l’Union européenne ont bondi de 16 % au premier trimestre 2026 par rapport à l’année précédente, atteignant 6,9 milliards de mètres cubes. La Russie demeure aujourd’hui le deuxième fournisseur de GNL de l’Union européenne, alors que Bruxelles prévoit d’interdire totalement les importations de gaz russe d’ici à 2027.
Trois ans après le début du conflit en Ukraine, le gaz russe continue d’affluer dans les terminaux européens, et même en plus grande quantité qu’auparavant. D’après une étude publiée ce mercredi par le centre de réflexion IEEFA, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe dans l’Union européenne ont augmenté de 16 % au premier trimestre 2026 par rapport à l’année précédente.
Avec 6,9 milliards de mètres cubes importés, ce chiffre atteint son niveau le plus élevé depuis 2022. Cette augmentation est principalement soutenue par la France, l’Espagne et la Belgique. La France est même devenue le principal importateur européen de GNL russe au début de l’année, enregistrant un record en janvier, selon l’étude.
Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Europe s’efforce de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou. Pour compenser le gaz russe acheminé par gazoducs, les pays européens ont considérablement augmenté leurs achats de gaz liquéfié transporté par bateau.
Cependant, cette situation semble paradoxale. La Russie reste aujourd’hui le deuxième fournisseur de GNL de l’Union européenne, alors que Bruxelles envisage d’interdire complètement les importations de gaz russe d’ici à 2027. Parallèlement, l’Europe devient de plus en plus dépendante du gaz américain. Les États-Unis pourraient dès cette année devenir le principal fournisseur gazier du continent, surpassant la Norvège, selon l’IEEFA. Ils pourraient même représenter 80 % des importations européennes d’ici 2028.
Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste au sein de l’IEEFA, souligne que la stratégie européenne a montré ses limites. « Le GNL est devenu le talon d’Achille de la stratégie de sécurité énergétique de l’Europe », affirme-t-elle, estimant que le continent reste exposé à des prix élevés et à de nouvelles perturbations d’approvisionnement.
Le contexte international aggrave encore la situation. La guerre au Moyen-Orient perturbe les marchés mondiaux des hydrocarbures et renforce les inquiétudes concernant la sécurité énergétique en Europe.

