
Guerre au Moyen-Orient : Trump interrompt le dialogue avec Téhéran, Emirats arabes unis visés
Près de huit mois après le début du conflit, le détroit d’Ormuz demeure un enjeu crucial dans les relations tendues entre Washington et Téhéran. Mardi, le président américain Donald Trump a déclaré qu’« aucune conversation ni discussion n’a lieu en ce moment ni n’est programmée avec la République islamique d’Iran », soulignant que, bien que les hostilités aient diminué suite aux frappes israélo-américaines, la situation reste complexe.
Trump a également insisté sur le fait que « le blocus naval reste pleinement en vigueur et effectif » et que « le détroit d’Ormuz est ouvert et fonctionnel ». Cependant, ces affirmations surviennent après que Jared Kushner ait évoqué des discussions « très positives et animées ». Une source américaine, interrogée par l’AFP, a précisé que ces échanges avaient été suspendus et que Trump ne souhaitait pas les reprendre tant que Téhéran ne se rapprocherait pas des positions américaines.
L’Iran, de son côté, reste inflexible. Le négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que le détroit ne serait pas ouvert tant que les États-Unis n’auraient pas respecté les engagements pris dans le protocole d’accord de juin. Téhéran exige notamment « la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l’embargo pétrolier », ainsi que « la fin des opérations militaires sur tous les fronts ». Le texte de juin prévoyait une trêve de soixante jours pour parvenir à un règlement diplomatique, mais aucun progrès n’a été réalisé jusqu’à présent.
La situation dans le Golfe demeure également tendue. Ce mardi, les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques dans leur direction. Selon le ministère émirati de la Défense, « le premier est tombé hors des eaux territoriales, tandis que le second est tombé dans les eaux territoriales ». Aucun des projectiles n’a atteint le territoire émirati.
En dépit des déclarations de Trump sur la réouverture d’Ormuz, le trafic maritime dans le détroit reste largement en deçà des niveaux d’avant-guerre. Le président a même suggéré l’idée de faire d’Ormuz un « territoire américain », publiant une carte à cet effet sur Truth Social. Cependant, Washington semble privilégier une stratégie d’attente, espérant que le blocus maritime et les sanctions économiques auront un impact à long terme sur l’Iran.
Le Qatar, engagé dans la médiation entre les États-Unis et l’Iran, estime qu’un accord entre Téhéran et Oman concernant le détroit pourrait « faciliter » la reprise des négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Les deux pays riverains discutent depuis plusieurs semaines de la gestion future d’Ormuz, et Téhéran a affirmé que les coordonnées géographiques du tracé envisagé « ont été approuvées ». Pour l’instant, les positions des États-Unis et de l’Iran restent éloignées, et aucune reprise du dialogue n’est prévue.
