International

Gaza : L’accord « inédit » sur le désarmement du Hamas est « déjà mort »

Donald Trump a récemment annoncé un accord qu’il qualifie d’« HISTORIQUE » pour le désarmement complet du Hamas et d’autres groupes armés à Gaza, suscitant des interrogations sur la réalité de cette avancée diplomatique. Alors qu’il espérait des résultats concrets en matière de paix, le président américain a mis en avant cette annonce lors d’une déclaration faite jeudi dernier. Cependant, la situation sur le terrain reste complexe et incertaine, notamment en raison de l’occupation israélienne.

Le Hamas, sous la direction d’un nouveau chef perçu comme plus « pragmatique », a pour la première fois exprimé publiquement une volonté de se désarmer, un changement de position jugé « stratégique » par des experts. Hugh Lovatt, chercheur au Conseil européen des relations étrangères, souligne que cette opportunité pourrait être un test pour le groupe armé. Toutefois, il met en garde sur le risque que cette dynamique ne dure pas. Si les négociations échouent, les factions les plus radicales pourraient reprendre le dessus.

Malgré les déclarations du porte-parole du Premier ministre israélien, qui évoque la possibilité d’une nouvelle attaque similaire à celle du 7 octobre, les analystes estiment que cette crainte est infondée. Lovatt affirme que le Hamas n’est pas en position de mener une offensive d’une telle envergure à nouveau. Cependant, Ronald Hatto, professeur à Sciences Po, avertit que la situation demeure périlleuse pour Israël, particulièrement après les destructions massives infligées aux Palestiniens.

L’accord proposé par Trump ne pourra pas se concrétiser sans l’adhésion d’Israël, ce que Lovatt qualifie de « déjà mort ». Le gouvernement israélien n’a pas respecté ses engagements en matière d’aide humanitaire et de cessation des frappes aériennes. Depuis le début des bombardements, au moins 19 personnes ont été tuées en quelques jours, portant le bilan total à plus de 1.200 morts palestiniens depuis octobre 2025.

La position de Tel-Aviv est délicate. Benyamin Netanyahou, confronté à des élections législatives imminentes, pourrait être réticent à accepter un accord de paix qui impliquerait un retrait de Gaza, où l’armée israélienne maintient une forte présence. Les tensions régionales, notamment avec le Liban et l’Iran, compliquent davantage la situation. De plus, la vision maximaliste au sein du gouvernement israélien prône une approche agressive à l’égard de Gaza, rendant toute concession difficile.

Ainsi, Netanyahou se trouve dans une position délicate, devant jongler entre les attentes de son électorat et les pressions américaines. La recherche d’un équilibre entre sécurité et diplomatie s’avère être un défi majeur, laissant entrevoir une impasse potentielle dans le processus de paix.