Flottille pour Gaza : récits des Français rapatriés d’Israël
Les huit Français de la « Flottille pour Gaza » sont arrivés vendredi après-midi à l’aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy, accueillis par des cris de soutien. L’administration pénitentiaire israélienne (IPS) a qualifié les accusations de violences physiques et psychologiques de « fausses et dénuées de tout fondement factuel ».
Des « violences », des « attouchements », des « humiliations ». Plusieurs militants français pro-palestiniens de la « Flottille pour Gaza », interceptés en Méditerranée par Israël et expulsés vers la Turquie, ont dénoncé le comportement des forces israéliennes pendant leur détention.
Les huit Français sont arrivés vendredi après-midi à l’aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy, accueillis par des dizaines de personnes scandant « Et vive la lutte du peuple palestinien ». « On nous a fait passer un par un dans un conteneur noir, j’ai subi des attouchements », a déclaré Meriem Hadjal, 38 ans, devant la presse. Elle a affirmé que sur le bateau qui les transféré en Israël, un soldat « a commencé à [lui] toucher la poitrine. Ensuite, j’ai pris des grosses claques assourdissantes au niveau de la tête, les attouchements ont continué ».
À Ashdod, dans le sud d’Israël, « on a eu affaire à la police de Ben Gvir qui a été extrêmement violente avec nous, humiliante, déshumanisante », a ajouté cette aide-soignante, en référence au ministre israélien de la Sécurité nationale. Mercredi, cette figure de l’extrême droite avait suscité l’indignation tant à l’étranger qu’au sein de son propre gouvernement, en publiant une vidéo montrant des militants humiliés, agenouillés, front contre le sol, les mains liées.
« Pendant 36 heures, on a dormi avec les menottes », a déclaré Yasmine Scola, 29 ans. Elle a ajouté : « C’est un effet de torture assez important quand même », précisant qu’elles étaient soumises à des « parades » humiliantes, parfois « agenouillées », devant des soldats qui les insultaient ou riaient.
Adrien Bertel, 33 ans, a évoqué « des passages à tabac » dans le noir. « Moi, par exemple, j’avais du vernis sur les ongles, ils m’ont tout de suite dit « gay », homophobie assumée, du coup couche de violence supplémentaire », a-t-il assuré.
En réponse aux accusations de violences physiques et psychologiques, harcèlement sexuel, agressions et viols, l’administration pénitentiaire israélienne (IPS) a qualifié ces allégations de « fausses et dénuées de tout fondement factuel ».
Originaire de Turquie, les quelque 430 militants de la « Global Sumud Flotilla » (« sumud » signifiant « résilience » en arabe) souhaitaient attirer l’attention sur la situation humanitaire à Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël.

