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Espagne : Le gouvernement ne souhaite pas la venue de María Corina Machado

María Corina Machado, Prix Nobel de la paix en 2025, s’est entretenue uniquement avec les dirigeants de l’opposition de droite et d’extrême droite à Madrid, mais pas avec le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que les portes de La Moncloa « lui étaient ouvertes » et que « il n’y avait aucun problème pour la rencontrer à n’importe quel niveau ».


Un déplacement controversé. L’opposante vénézuélienne et lauréate du Prix Nobel de la paix en 2025, María Corina Machado, s’est rendue à Madrid en tant que « cheffe d’une faction idéologique », où elle a discuté uniquement avec les dirigeants de l’opposition de droite et d’extrême droite, évitant le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez. Cette décision a été qualifiée « d’erreur » par le gouvernement espagnol.

« Elle a choisi d’agir comme une dirigeante idéologique, c’est pourquoi elle a décidé de ne rencontrer qu’une partie du spectre politique espagnol », a critiqué le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares sur les ondes de la radio publique espagnole.

Les portes de La Moncloa « lui étaient ouvertes ». « Si María Corina Machado souhaite venir à Madrid en tant que cheffe d’une faction idéologique, je pense sincèrement que c’est une erreur. Quand il s’agit d’une faction d’extrême droite, c’est une erreur encore plus grande », a-t-il ajouté.

María Corina Machado, arrivée jeudi en Espagne après une visite en France, a refusé de rencontrer le Premier ministre socialiste, jugeant une telle rencontre « pas opportune ». De son côté, le dirigeant espagnol a affirmé que « les portes du palais de La Moncloa [le lieu de résidence à Madrid du chef du gouvernement] étaient ouvertes » à l’opposante vénézuélienne. « Il n’y avait aucun problème pour la rencontrer à n’importe quel niveau, y compris, bien entendu, avec le chef du gouvernement », a répété José Manuel Albares.

Plusieurs milliers de partisans s’étaient réunis dans le centre de Madrid. María Corina Machado, ayant rassemblé samedi dans le centre-ville de Madrid plusieurs milliers de soutiens, a déploré le manque, selon elle, de « dénonciation publique des violations des droits de l’homme » au Venezuela de la part du gouvernement espagnol et l’absence de demandes pour la libération des prisonniers politiques.

José Manuel Albares a dénoncé des « critiques absolument injustes et gratuites », soulignant que l’Espagne avait accueilli ces dernières années des milliers de réfugiés vénézuéliens, dont des membres de l’opposition : « On ne peut pas demander de l’aide puis venir ensuite […] dénigrer les institutions espagnoles », a-t-il déclaré.

Le ministre espagnol a également critiqué « les slogans clairement racistes » proférés samedi par certains manifestants à l’encontre de la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez.