
EN DIRECT Guerre au Moyen-Orient : Alliance de l’Arabie saoudite, Turquie et Pakistan, nouvelle attaque des Houthis.
Des tensions persistantes au Moyen-Orient se manifestent à travers plusieurs événements récents. Dans le sud du Liban, des soldats israéliens ont fait incursion dans le village de Zawtar al-Gharbiya, où ils ont installé un remblai de terre bloquant une route. Ce village, qui avait été désigné comme la première « zone pilote » d’un accord-cadre signé fin juin entre le Liban et Israël, avait été évacué par les forces israéliennes et placé sous le contrôle de l’armée libanaise en juillet. Une source militaire libanaise a qualifié cette action d’« violation » de l’accord, tandis qu’Israël n’a pas encore réagi. Les discussions entre les deux pays sont au point mort, Israël conditionnant tout nouveau retrait à une vérification du contrôle effectif de l’armée libanaise sur les zones existantes, tout en exigeant le désarmement du Hezbollah, qui s’y oppose fermement.
Parallèlement, un incident dans le détroit d’Ormuz a été signalé, où un pétrolier de la compagnie émiratie Adnoc a été ciblé. Les Émirats arabes unis ont attribué cette attaque à l’Iran, sans faire état de victimes. Le ministère émirati des Affaires étrangères a condamné « l’attaque hostile de l’Iran sur un pétrolier appartenant à Adnoc à l’aide d’un missile alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz ».
Au Yémen, la situation est tout aussi préoccupante. Les rebelles houthis ont revendiqué une offensive contre des forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite dans la province de Marib, faisant huit morts parmi les soldats selon un bilan militaire. Le porte-parole des Houthis, Yahya Saree, a justifié cette attaque en accusant Riyad d’escalader le conflit. Dans un autre incident, des bombardements attribués aux Houthis ont causé la mort de deux civils et blessé 14 autres à Marib, touchant des zones habitées et des camps de déplacés, selon le ministre de la Santé, Qassem Buhaibeh.
Dans un contexte de renforcement des alliances, un accord de défense a été signé vendredi entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Ce rapprochement, soutenu par Washington, vise à renforcer la coopération face aux tensions croissantes dans la région. Les experts estiment que cet accord envoie un signal à Téhéran et aux États-Unis, dont la fiabilité en tant que partenaire sécuritaire est remise en question. Andreas Krieg, du King’s College de Londres, souligne que cela pourrait marquer un éloignement du Moyen-Orient d’un ordre dominé par les États-Unis, alors que Riyad cherche à affirmer son rôle régional et que la Turquie et le Pakistan espèrent attirer davantage d’investissements saoudiens.
