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« El Niño » menace l’écosystème de la grande barrière de corail en Australie

C’est une catastrophe environnementale qui se profile sous nos yeux. Ce mardi, Tim Stockdale, expert du phénomène climatique El Niño au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), a tiré la sonnette d’alarme concernant l’épisode en cours qui devrait battre « des records » en termes d’intensité, suscitant des inquiétudes quant aux sécheresses, inondations et autres phénomènes extrêmes qui l’accompagnent. Parmi les premières victimes, la Grande barrière de corail pourrait être gravement touchée.

Situé en Australie, ce trésor naturel, considéré comme la plus grande structure vivante au monde, risque de subir un blanchissement extrême et « un effondrement de son écosystème » en raison du retour du phénomène climatique El Niño, ont averti des scientifiques ce mardi. Cette étendue de 2.300 kilomètres de coraux tropicaux a déjà connu ces dernières décennies des épisodes répétés de blanchissement causés par le réchauffement et l’acidification des mers, conséquences des émissions de gaz à effet de serre. « Il est très probable que nous assistions à un blanchissement massif, très grave et à grande échelle », a estimé Morgan Pratchett, chercheur en écologie à l’université australienne James Cook, lors d’une conférence organisée à Auckland, en Nouvelle-Zélande.

El Niño est une variation naturelle du climat qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial, entraînant des changements à l’échelle mondiale au niveau des vents, de la pression atmosphérique et des régimes pluviométriques. Il se produit généralement tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois.

Cependant, la Grande Barrière de corail australienne, qui abrite une incroyable diversité biologique, a déjà subi un épisode de blanchissement dramatique en 2024-2025. « Il n’est pas hors du domaine du possible que la prochaine perturbation majeure entraîne des extinctions localisées d’espèces […] et un effondrement généralisé des écosystèmes », a prévenu Morgan Pratchett.

La survie des coraux dépend de leur relation avec un type d’algue qui vit dans leur structure et qui, en retour, leur fournit des nutriments grâce à la photosynthèse. Toutefois, ce système s’effondre lorsque l’eau de mer se réchauffe excessivement : l’algue disparaît, laissant le corail, qui perd ses couleurs caractéristiques, dans une situation de carence nutritive et donc en danger.

Lors de la conférence d’Auckland, le professeur d’études marines Ove Hoegh-Guldberg, de l’université australienne du Queensland, a averti que l’inaction des gouvernements menaçait l’avenir des récifs coralliens du monde entier. « Cela pourrait être le prélude à la disparition des êtres humains », a-t-il insisté, comparant la situation actuelle au naufrage du Titanic. « Le navire commence à couler vraiment très franchement et nous ne le voyons pas ».