
Cuba : Médicaments, essence, déchets… Une grande part de l’économie ouverte aux privés
Cuba a annoncé mercredi l’ouverture de nombreux secteurs de son économie aux acteurs privés, quelques semaines après que le Parlement a approuvé un ensemble de 176 mesures en faveur de l’économie de marché. Cette décision marque une réduction significative du nombre d’activités interdites aux entreprises privées.
La nouvelle réglementation « élargit de manière considérable le champ d’action des entrepreneurs et des entreprises privées sur l’île », ont rapporté les médias d’État.
Des secteurs entiers sont désormais accessibles au secteur privé, incluant la distribution d’essence, les services pharmaceutiques et optiques, les maisons de retraite, ainsi que les terminaux de passagers et de fret. Les installations portuaires, les importations de véhicules, les énergies renouvelables, la gestion de marinas, et l’exploitation pétrolière et minière sous conditions font également partie de cette ouverture.
D’après les autorités, plus de 15.000 petites et moyennes entreprises existent dans le pays, un chiffre qui témoigne d’une accélération récente dans l’approbation de ces entreprises, autorisées en 2021 et représentant plus de la moitié du commerce de détail en 2025.
Dans le secteur de la santé, les soins demeurent une « responsabilité de l’État » et « l’activité médicale […] continue d’être garantie à la population cubaine avec des services hospitaliers gratuits », ont précisé les autorités. L’éducation reste également sous le contrôle du secteur public, avec une ouverture limitée pour les services de garde d’enfants, les cours de langues et le soutien scolaire.
D’autres secteurs, tels que les médias, les télécommunications, la sécurité et les domaines stratégiques, restent sous la gestion de l’État.
Le 18 juin, le Parlement avait approuvé une liste exhaustive de 176 mesures visant à ouvrir presque tous les secteurs d’activité aux acteurs privés, y compris l’agriculture et les banques. Ces annonces en faveur de l’économie de marché représentent un tournant historique pour l’île communiste, dont l’économie socialiste centralisée est en proie à une profonde crise, exacerbée par des pressions croissantes de Washington.
Ces changements interviennent alors que le président américain Donald Trump applique une politique de pression maximale sur l’île, qui subit depuis près de cinq mois un blocus pétrolier.
Ce blocus a conduit l’économie cubaine, sous embargo depuis 1962, au bord de l’effondrement, entraînant des coupures de courant généralisées et des pénuries de nourriture, de carburant, d’eau potable et de médicaments.
