Climat : Une année grave pour les incendies prévue par les chercheurs
Les incendies dans le monde ont déjà atteint un niveau record depuis le début de l’année, avec 163 millions d’hectares brûlés au 6 mai, contre 110 millions d’hectares en moyenne sur la période 2012-2025. Theodore Keeping a déclaré que la surface brûlée est 20 % plus élevée que le précédent record établi depuis le début de la surveillance mondiale en 2012.
Les alarmes sont tirées. Cette année, les incendies dans le monde pourraient atteindre un niveau « particulièrement grave », en raison du changement climatique et du phénomène El Niño, déjà responsables d’un niveau record d’incendies depuis le début de l’année, selon des chercheurs qui se sont exprimés mardi.
« Cette année, la saison des incendiesà l’échelle mondiale a démarré très tôt, avec 50 % de surfaces brûlées en plus par rapport à la moyenne pour cette période de l’année », a déclaré Theodore Keeping, de l’Imperial College de Londres, lors d’une présentation à des journalistes.
De plus, la surface brûlée « est 20 % plus élevée que le précédent record établi depuis le début de la surveillance mondiale en 2012 », a précisé le chercheur. En effet, la surface totale brûlée dans le monde avait atteint environ 163 millions d’hectares depuis le début de l’année au 6 mai, selon les données du Système d’information mondial sur les incendies (GWIS), alors que la moyenne sur la période 2012-2025 était de 110 millions d’hectares à cette date.
Cette tendance est particulièrement marquée en Afrique, où de nombreux pays de l’ouest et du Sahel enregistrent des niveaux records. Les feux de savane y sont exacerbés par un phénomène climatique appelé « coup de fouet », qui alterne entre de fortes pluies, favorisant la croissance de la végétation, et des périodes de sécheresse propices aux incendies.
« Des extrêmes climatiques sans précédent »
Les chercheurs soulignent les conséquences attendues du retour du puissant phénomène naturel El Niño. Ce phénomène, phase d’un cycle naturel dans l’océan Pacifique, débute généralement au printemps et influence progressivement les températures, les vents et le climat à l’échelle mondiale dans les mois qui suivent.
L’Organisation météorologique mondiale a averti que, bien que des incertitudes soient présentes, le retour d’El Niño devenait de plus en plus probable entre mai et juillet, tandis que le phénomène inverse, La Niña, s’estompe. Cela s’ajouterait au réchauffement continu provoqué par les activités humaines.
« La probabilité d’incendies extrêmes et dangereux pourrait bien être la plus élevée de l’histoire récente si un El Niño puissant se développe », estime Theodore Keeping. Ce phénomène pourrait augmenter les chances de « conditions très chaudes et sèches en Australie, dans le nord-ouest des États-Unis et du Canada, ainsi que dans la jungle amazonienne », a-t-il ajouté.
Friederike Otto, également de l’Imperial College, souligne que le développement d’un El Niño puissant cette année, associé à la tendance au changement climatique, pourrait engendrer des « extrêmes climatiques sans précédent ».

