Zendure PowerHub : gérer solaire, batterie et borne VE jusqu’à 22 kW à Lille.
Zendure a officialisé son PowerHub à Lille le 30 avril, en collaboration avec le distributeur Enescol. Le PowerHub permet de regrouper stockage, secteur, recharge de véhicule électrique et bascule automatique en cas de coupure, mais nécessite une installation électrique spécifique.

Le tableau électrique est surchargé. À côté se situe le coffret de votre installation solaire. À côté, le compteur Shelly ajouté par l’installateur pour gérer la batterie. Et dans le garage, la wallbox de 22 kW pour le véhicule. Quatre dispositifs, quatre marques, quatre applications. C’est précisément ce que Zendure cherche à éliminer avec son PowerHub. Présenté ce matin lors d’un événement pour les installateurs partenaires, la presse et quelques créateurs de contenus, cet objet est un coffret mural d’une taille similaire à celle d’un tableau de répartition, qui prétend tout regrouper.
Le PowerHub complète la gamme SolarFlow Mix, qui a été dévoilée la semaine dernière. Il permet de gérer jusqu’à trois SolarFlow 4000 Mix Pro, soit un stockage cumulé de 150 kWh grâce aux packs d’extension de 7 kWh, avec une sortie AC de 12 kW, une capacité d’entrée DC de 24 kW pour les panneaux solaires, et accepte 14 kW supplémentaires en monophasé ou 43 kW en triphasé via un onduleur tiers en couplage AC.
Ce lancement s’inscrit dans le contexte français : le tarif de rachat du surplus solaire a chuté à 4 centimes le kWh au deuxième trimestre 2026, contre 13 centimes en 2023, et la composante injection-soutirage du TURPE 7 sera mise en vigueur en août 2026 pour rémunérer le stockage qui allège le réseau. En résumé, l’autoconsommation et le stockage ne sont plus des options, ils sont devenus essentiels pour évaluer la rentabilité des panneaux solaires.
Contenu du coffret et public cible
En ouvrant le PowerHub, on découvre un mini-tableau électrique : un disjoncteur différentiel (DDR) intégré, des disjoncteurs de court-circuit pour les onduleurs, un disjoncteur de dérivation, une barre de mise à terre en cuivre, un jeu de trois prises Schuko pour brancher les SolarFlow Mix via une prise classique, ainsi qu’une prise CEE monophasée de 7,4 kW et une prise CEE triphasée de 22 kW.

Ces deux dernières sont destinées à connecter une borne de recharge pour véhicule électrique, que ce soit la borne EVFlow AC de Zendure ou un modèle compatible fabriqué par un tiers.

La borne demeure un équipement indépendant, mais le PowerHub gère la puissance de recharge en fonction de l’ensoleillement, des tarifs dynamiques et de l’état des batteries. En pratique, il n’est plus nécessaire de tirer une ligne dédiée depuis le tableau principal pour la wallbox : tout dépend du PowerHub, qui arbitre la puissance. À noter que nous parlons ici de recharge intelligente, et non de V2H : la voiture ne peut pas renvoyer de courant vers la maison.

Ainsi, le PowerHub ne se limite plus à un système plug-and-play. Il doit être fixé au mur, à proximité du tableau électrique principal, et nécessite un vrai chantier d’électricité. Il faut tirer un câble de forte section depuis le disjoncteur de branchement vers la connexion principale du hub, raccorder le DDR et les disjoncteurs internes, câbler la barre de terre, acheminer les liaisons de signalisation vers les batteries SolarFlow, fixer une antenne externe pour la communication sans fil, et brancher en LAN ou RS485 pour la mise en service par le technicien.

À cela s’ajoutent trois presse-étoupes pour l’électricité forte et deux entrées dédiées aux câbles de communication. En fonction de la configuration, il faut aussi prévoir un passage Consuel et une mise à jour de la déclaration Enedis.
Voici le défi spécifique à la France. La norme NF C15-712-3 limite le stockage à 15 kWh sans local technique dédié. Au-delà, la batterie doit être installée dans un espace clos avec une porte coupe-feu, une détection de fumée et un dispositif d’extinction. De fait, un particulier souhaitant dépasser ce seuil doit construire ou aménager un local.
En d’autres termes, les 150 kWh théoriques du PowerHub, ou même les 50 kWh par unité Mix Pro, ne sont pas accessibles pour une maison standard. La solution que propose Zendure consiste à conserver une seule unité SolarFlow 4000 Mix Pro et à y ajouter les packs d’extension de 7 kWh, qui sont des batteries sans électronique de pilotage. Toutefois, avec deux packs, on atteint déjà 22 kWh cumulés, donc cela dépasse la limite autorisée.

En résumé, en France, la capacité pratique est limitée à un Mix Pro de 8 kWh accompagné d’un pack d’extension. En Allemagne, où la réglementation permet jusqu’à 100 kWh par compartiment coupe-feu pour les batteries LFP, le même client peut installer deux Mix Pro complets et bénéficier de leur double électronique avec la puissance disponible. Ce n’est pas la même situation.
Une autre réelle innovation est le mode secours hors-réseau. Le PowerHub est équipé d’un commutateur de transfert automatique, désigné ATS dans le jargon, qui détecte une coupure électrique en 10 ms et bascule la maison sur les batteries, créant ainsi un îlot électrique.
Les SolarFlow continuent à fournir de l’électricité à la maison comme si de rien n’était. Sur les anciens modèles SolarFlow plug-in, le mode secours était limité aux prises de sortie (grid-off) de la batterie elle-même. Dans ce cas, c’est l’intégralité du tableau qui demeure alimentée. Concernant la communication, le hub propose le LAN et le RS485 pour la mise en service par l’installateur, ainsi qu’une antenne extérieure pour la connectivité sans fil. Il n’est pas nécessaire d’installer un appareil Shelly externe dans le tableau pour mesurer la consommation : tout est intégré.
À qui cela s’adresse-t-il ? Ce n’est pas conçu pour un locataire d’un appartement T3 qui cherche simplement à utiliser son surplus d’électricité. Le PowerHub s’adresse aux maisons individuelles possédant une installation solaire en toiture, idéalement triphasée, ainsi qu’un véhicule électrique et une pompe à chaleur.
Zendure s’efforce de séduire le marché avec son programme « European Elite 1 000 » : les 1 000 premiers acheteurs de deux SolarFlow 4000 Mix Pro ou AC+ recevront un PowerHub gratuitement. À 2 879 € l’unité du Mix Pro, cela représente un investissement conséquent, mais l’opération a le mérite d’être claire.
Il reste trois inconnues à clarifier : le prix de vente public du PowerHub seul, la liste des onduleurs tiers réellement compatibles et le réseau d’installateurs certifiés en France. Ces trois éléments sont des questions essentielles pour un produit tellement mis en avant.
Un projet ambitieux
Le PowerHub semble être l’objet le plus ambitieux jamais lancé par Zendure, et l’idée d’intégrer une borne de recharge pour véhicule électrique, un ATS et un tableau secondaire dans un seul boîtier est vraiment astucieuse. Toutefois, Zendure sort clairement de sa zone de confort : la marque, qui proposait des solutions de type « branchez et oubliez », devra former un réseau d’installateurs compétents et assurer un service après-vente à la hauteur, car un ATS en panne par temps orageux ne se règle pas simplement en redémarrant l’application.

