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USB-C : l’Europe ne permet plus les câbles soudés aux chargeurs dès 2028

D’ici fin 2028, tout chargeur USB-C vendu dans l’UE devra avoir un câble détachable. Selon la Commission européenne, ces nouvelles règles devraient réduire d’environ 9 % les émissions de gaz à effet de serre liées à ces alimentations d’ici 2035.


Bruxelles souhaite mettre un terme aux chargeurs dont le câble est soudé au bloc d’alimentation. D’ici la fin de 2028, tout chargeur USB-C vendu dans l’Union européenne devra être équipé d’un câble détachable. Concrètement, cela signifie qu’il ne sera plus nécessaire de jeter un bloc fonctionnel simplement parce que le cordon est endommagé.

Avec l’USB-C, il est courant de constater que le câble du chargeur s’effiloche près du connecteur. Étant donné qu’il est moulé dans le bloc d’alimentation, il devient impossible de le remplacer séparément. Par conséquent, tout l’équipement est jeté alors que le transformateur est encore opérationnel. C’est cet usage que la Commission européenne a décidé d’interdire.

Après avoir imposé l’USB-C sur les smartphones et sur les ordinateurs portables depuis avril 2026, Bruxelles s’attaque désormais aux blocs d’alimentation. Selon un communiqué de la Commission européenne publié le 13 octobre 2025, tout chargeur USB-C mis sur le marché européen devra comporter au moins un port USB-C et un câble détachable. Cette réglementation concerne les alimentations allant jusqu’à 240 W, ce qui inclut aussi bien les chargeurs d’écouteurs que ceux de gros ordinateurs portables.

La raison en est simple : cela permet d’économiser. Actuellement, un chargeur complet coûte généralement entre 20 et 40 euros, alors qu’un câble USB-C se vend entre 5 et 10 euros. Si seul le cordon est défaillant, le coût de son remplacement sera bien inférieur à celui de l’achat d’un nouveau bloc. Cela permet également de réutiliser les câbles USB-C que l’on possède déjà.

Pour assurer que ce système fonctionne réellement, l’UE n’impose pas seulement la connectique. Elle exige également le protocole USB Power Delivery, qui permet au chargeur et à l’appareil de « communiquer » pour négocier la puissance appropriée. Sans ce protocole, un chargeur peut se brancher sur un appareil mais recharger très lentement, faute de débit adéquat. Un logo officiel « EU Common Charger » viendra identifier les produits conformes et indiquera la puissance maximale, facilitant ainsi le choix du bon câble USB-C.

Les fabricants ont trois ans pour s’adapter à cette nouvelle réglementation, qui entrera en vigueur fin 2028. D’ici là, le champ d’application de l’USB-C obligatoire va s’étendre aux alimentations externes des routeurs, des box Internet, des écrans d’ordinateur et des appareils domestiques. Toutefois, certaines catégories demeurent exemptées, comme les jouets pour jeunes enfants, les dispositifs médicaux et les appareils installés de manière permanente. La question des vélos et des trottinettes électriques sera abordée ultérieurement.

Bruxelles met en avant des bénéfices environnementaux pour justifier cette initiative. Selon la Commission européenne, ces nouvelles règles pourraient réduire d’environ 9 % les émissions de gaz à effet de serre liées à ces alimentations et environ 13 % les émissions polluantes d’ici 2035. Par ailleurs, l’institution prévoit une économie d’environ 100 millions d’euros par an pour les consommateurs européens d’ici cette même échéance.

D’ici là, il est recommandé de conserver un chargeur GaN de 45 à 65 W avec un câble séparé de bonne qualité, qui pourra couvrir la majorité des besoins. La promesse d’un câble unique pour recharger tous les appareils se concrétisera enfin, mais il faudra attendre 2028 pour que cela devienne une réalité dans les magasins. En attendant, les chargeurs à câble soudé continueront d’exister dans nos tiroirs.