High-tech

Test des lunettes connectées Oakley Meta HSTN après 3 mois d’essai.

Meta a lancé les Oakley Meta HSTN en 2025, visant à établir un lien entre les lunettes de sport et le style urbain. Les lunettes sont disponibles en France à un prix variant entre 439 euros et 519 euros, selon le modèle.

Après avoir réussi à s’imposer sur le marché des lunettes connectées urbaines avec Ray-Ban, Meta se tourne désormais vers les cyclistes et les coureurs en lançant la marque Oakley. Les lunettes Oakley Meta HSTN promettent un équilibre parfait entre style urbain et exigences sportives. Après quatre mois d’utilisation, voici notre verdict sans détour sur les Oakley Meta HSTN.
Les Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Pour mieux comprendre la stratégie de Meta, un retour sur les dates de lancement en France s’impose, sachant que les annonces aux États-Unis se font souvent plusieurs mois plus tôt.

Après des débuts limités techniquement (Ray-Ban Stories) en 2022, Meta a lancé en fin 2023 les Ray-Ban Meta. Ces lunettes connectées ont été perçues par certains comme un modèle de vie quotidienne, prouvant la viabilité du concept. Résolument urbain, ce modèle propose une qualité audio open-ear, un capteur de 12 MP et les bases de l’assistant Meta AI. Actuellement, Meta propose des promotions sur ce modèle.

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C’est à partir de 2025 que l’affaire se révèle intéressante. En plus de faire évoluer sa gamme urbaine avec les Ray-Ban Meta Gen 2, Meta a décidé de se tourner vers le secteur sportif en partenariat avec Oakley. À noter que Ray-Ban et Oakley appartiennent à EssilorLuxottica, un partenaire de Meta.

Deux modèles ont été dévoilés dans cette nouvelle gamme Oakley :

  • les Oakley Meta HSTN, qui allient une monture emblématique d’Oakley aux besoins urbains et sportifs ;
  • les Oakley Meta Vanguard, spécifiquement conçues pour les sportifs, avec un verre panoramique typique des lunettes de vélo ou de trail.

Aujourd’hui, nous allons tester la première paire de lunettes Oakley Meta, les HSTN, après plus de trois mois d’utilisation. Voici mon avis complet sur cette première incursion de Meta dans le domaine des lunettes de sport.

Ce test a été réalisé avec une paire de Oakley Meta HSTN prêtée par Meta.

Design des Oakley Meta HSTN : une technologie discrète

Pour commencer, je ne suis pas un habituel porteur de lunettes. Je suis souvent le seul à avoir les yeux brûlés à la plage ou à la montagne. Toutefois, je pratique beaucoup de sport d’endurance et j’ai un fort intérêt pour les nouvelles technologies.

Les premières lunettes Meta ne m’avaient jamais réellement attiré. Puis les versions Oakley ont fait leur apparition. Après avoir testé les Vanguard lors de quelques randonnées, j’ai finalement eu les HSTN pendant plusieurs mois.

Les Oakley Meta HSTN en version transition Amethyst // Source : Maxime Grosjean pour Frandroid

Concernant le design, Meta et Oakley ne partent pas de zéro, car le modèle HSTN existait déjà depuis plusieurs années et était assez connu chez Oakley. Positionnées comme des lunettes lifestyle, les HSTN se distinguent surtout par leurs branches brisées. Mais, avec cette version Meta, les branches sont droites, et le châssis a été élargi pour intégrer la batterie et l’électronique.

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Chloé Pertuis – Frandroid

Je le dis dès maintenant : je les trouve trop volumineuses. L’effort de miniaturisation est appréciable, mais pour ceux ayant un visage fin, l’effet « gros sourcils » est inévitable en raison de l’épaisseur de la partie supérieure de la monture. Elles semblent convenir à certains de mes proches, mais pas à d’autres. Au final, ce sont des lunettes, et le choix dépend des goûts personnels.

Cette comparaison en photo est subjective, mais elle donne une idée de l’épaisseur des lunettes. Certains modèles non connectés peuvent bien sûr être encore plus épais.

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Lunettes de vue vs Oakley Meta HSTN, désolé pour la comparaison, je n’avais que ça sous la main // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Il est fréquent que je fasse ce constat : peu de personnes réalisent que ces lunettes sont connectées. Lors d’un week-end, seuls mes interlocuteurs ont remarqué la petite caméra intégrée. En revanche, les passionnés de nouvelles technologies repèrent rapidement la présence de la caméra.

Malgré cela, l’intégration de la technologie dans un produit du quotidien est impressionnante :

  • Vidéo/photo : un capteur de 12 MP situé dans le coin supérieur gauche, avec une petite LED blanche de l’autre côté qui s’allume pour indiquer que vous filmez ;
  • Audio : deux haut-parleurs intégrés dans les branches, au-dessus des oreilles, et cinq microphones, dont un sur le nez ;
  • Commandes : un bouton physique sur le dessus pour prendre une photo (appui court) ou une vidéo (appui long), avec une zone tactile sur la branche pour ajuster le volume et gérer la lecture.
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La caméra se trouve à droite // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Tous ces éléments pèsent sur la balance. Comptez environ 53 grammes pour les Oakley Meta HSTN (version connectée) contre 25-30 grammes pour les Oakley HSTN classiques. Lors d’utilisations prolongées, j’ai ressenti une légère gêne aux oreilles. Il m’a également été très difficile de porter les lunettes avec une casquette, que ce soit à l’endroit ou à l’envers.

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En intérieur, elles ne sont pas non plus très adaptées à mon style // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

En revanche, l’équilibre général est bon, et elles ne provoquent pas de migraine après deux heures, mais on ressent tout de même leur présence, surtout lors des chocs répétés en courant où elles ont tendance à glisser si vous transpirez beaucoup. Rien de choquant pour des lunettes, surtout que Meta et Oakley les préconisent surtout pour le skateboard ou le golf.

Chaque début de branche arbore le logo Oakley, tandis que le logo Meta, quant à lui, est situé à l’intérieur de la branche gauche, invisible de l’extérieur.

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Le seul logo Meta sur les lunettes // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Un point à noter : les HSTN disposent d’une certification IPX4. Cela signifie qu’elles résistent à la sueur pendant l’effort ou à une légère bruine, mais évitez de les rincer sous l’eau après un trail. Pour une véritable résistance à l’eau (IP67) capable de supporter des averses, Meta a réservé cela au modèle Vanguard. Les HSTN sont donc plus orientées « lifestyle » que « sport ».

Si le modèle HSTN testé ne vous séduit pas, sachez que Meta et Oakley proposent sept autres variantes avec des couleurs de monture et différents types de verres.

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En extérieur également, je ne suis pas à mon avantage // Source : Maxime Grosjean pour Frandroid

Les options incluent un modèle transparent, deux modèles transition qui s’adaptent automatiquement aux UV, et cinq versions équipées des verres Prizm d’Oakley, conçus pour améliorer les couleurs et les détails. Bien que je ne sois pas un expert en lunettes, l’optique Oakley n’est pas à redire, que ce soit à l’intérieur ou au soleil. La promesse de transition est tenue : les verres se teintent efficacement dès que je sors de chez moi. De plus, toutes ces déclinaisons sont compatibles avec des verres correcteurs, prenant en charge des sphères allant de -6.00 à +6.00.

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Le boîtier des Oakley Meta HSTN // Source : Maxime Grosjean pour Frandroid

Pour résumer, nous avons un produit bien fini, mais dont le caractère « gadget haut de gamme » est souligné par son poids. Les lunettes sont livrées avec un boîtier servant de base de recharge.

Qualité audio et appels des Oakley Meta HSTN : une agréable surprise au quotidien

Le son des Oakley Meta HSTN est étonnamment bon pour des lunettes — ne me demandez pas de les comparer à des AirPods Pro. Le son est clair, et les voix sont bien restituées, permettant d’écouter de la musique et de passer des appels sans ressentir une qualité audio décevante.

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Un haut-parleur en vue ici // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Les lunettes se sont révélées pratiques pour écouter de la musique lors de mes courses à pied, mais il ne faut pas s’attendre à des basses profondes pour les séances de fractionné.

En milieu urbain, l’écoute pouvait parfois être altérée : bruits de voitures, foules, et vent me forçaient parfois à cranker le volume au maximum pour poursuivre un appel. Rien de surprenant, elles présentent les mêmes avantages et inconvénients que des écouteurs open-ear.

Il ne faut donc pas espérer écouter votre musique dans le métro sans mettre le volume très haut, et même ainsi, l’expérience peut être altérée. À titre d’exemple, lorsque le volume était à 100 %, je pouvais à peine entendre un message vocal d’une amie dans un métro vide, en l’absence de bruit social mais avec le bruit du métro. En revanche, j’ai pu passer un long appel dans un bus avec plusieurs personnes parlant derrière moi, avec le volume élevé. En général, je restais à la moitié du volume sans problème.

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Les Oakley Meta HSTN pliées // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Les gens sont désormais habitués à voir d’autres parler au téléphone avec leurs écouteurs sans fil, mais j’ai parfois reçu des regards curieux en discutant tout seul dans la rue sans téléphone ni écouteurs. Il est à noter que le son vient de votre téléphone via Bluetooth.

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Maxime Grosjean pour Frandroid

Pour répondre à la question fréquente de ceux qui ont essayé mes lunettes : non, les Oakley Meta HSTN n’utilisent pas de conduction osseuse, mais exploitent un petit haut-parleur intégré au-dessus de chaque oreille.

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Quoi qu’il en soit, vos oreilles restent libres et exposées à l’environnement sonore. Certains regretteront l’effet isolant des écouteurs à réduction de bruit active, tandis que d’autres préféreront être conscients de leur entour. En matière d’environnement, il est recommandé de désactiver le volume adaptatif, trop erratique.

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Le second haut-parleur : un sur chaque branche // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Une autre question courante concerne la possibilité d’entendre la musique des voisins. Oui, j’entendrais un peu de son provenant des lunettes d’un voisin à environ 2/3 du volume dans une salle silencieuse, mais je ne peux pas dire précisément quelle musique il s’agit. En revanche, personne n’entendra votre podcast sur la course en ville.

Quant aux micros, mes interlocuteurs n’ont jamais fait de remarque sur la qualité des appels : qu’il s’agisse d’une rue animée, d’un bus bondé ou en roulant à 20 km/h à vélo, cette catégorie a surpris mes évaluations. Peu importe la situation au cours des trois mois de test, personne n’a deviné que j’appelais avec des lunettes. À noter toutefois qu’il n’est pas possible de filmer tout en réalisant un appel.

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Magnifiques // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Enfin, un son de bienvenue retentit chaque fois que vous mettez les Oakley Meta HSTN : témoin que les lunettes se reconnectent à votre téléphone. Cette expérience utilisateur est bonne au départ, mais ce son peut devenir gênant si on enlève et remet les lunettes fréquemment. Il est néanmoins possible de désactiver la détection de port automatique, ce qui désactive les fonctionnalités des lunettes lorsqu’elles ne sont pas sur votre visage.

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Le bouton pour photos/vidéos se trouve à droite, juste au-dessus du logo Oakley // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Durant mon essai, j’ai passé plus de temps à ajuster le volume des lunettes qu’à capturer des photos, la commande tactile située sur la branche droite étant la plus utilisée. Des glissements rapides permettent d’augmenter ou de diminuer le volume.

Bien que cela puisse occasionner quelques ratés, le taux de réussite reste suffisamment élevé pour justifier l’utilisation de cette commande une fois que l’on maîtrise le geste. Cela devient plus compliqué quand on a les mains humides ou après avoir beaucoup transpiré — des incidents se sont produits lors de mes sessions de trail. À plusieurs reprises, il m’est aussi arrivé de lancer de la musique par erreur en repositionnant les lunettes sur ma tête.

Il est bon de savoir que j’ai pu paramétrer le geste d’appui long sur la zone tactile pour lancer automatiquement ma musique via Apple Music.

Qualité photo et vidéo des Oakley Meta HSTN : la praticité avant tout

Pour être direct : la caméra des Oakley Meta HSTN est identique à celle des premières Ray-Ban Meta de 2023, c’est-à-dire un capteur ultra grand-angle de 12 mégapixels.

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Le plafond de 1080p à 30 images par seconde a été remplacé par du 3K à 30 images par seconde et du 1080p à 60 images par seconde, avec un HDR réputé plus efficace. D’après Meta, les précédentes lunettes n’avaient pas la batterie nécessaire ni la dissipation thermique pour supporter cette charge. Ce verrou logiciel a été levé. Je précise que les lunettes n’ont pas particulièrement surchauffé lors de mes essais, pas plus que mes tempes.

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Chloé Pertuis – Frandroid

À noter que les lunettes enregistrent uniquement en format vertical. Il est techniquement possible de recadrer pour obtenir un résultat en 16:9, mais cela implique une perte de qualité. Sur le papier, on parle d’une définition de 3 024 x 4 032 pixels, mais avec la stabilisation logicielle, la réalité se situe plutôt autour de 2400 x 3 200 ou 2 336 x 3 120 pour une prise de vue stable, et la plupart du temps au-delà de 2 192 x 2 928, voire un peu moins.

Et en ce qui concerne la qualité ? En plein jour, elle est étonnamment bonne, bien que l’on note un certain effet de netteté artificiel, notamment sur les contours, rendant une vidéo des lunettes facilement identifiable par rapport à celle d’un téléphone.

Ci-dessous, voici un aperçu des vidéos enregistrées au cours des trois derniers mois, vous aurez ainsi l’occasion de juger la qualité d’image et sonore des lunettes.

La caméra des Oakley Meta HSTN est compétente, mais reste en dessous des modèles haut de gamme — comme l’iPhone 17 Pro par exemple. La plage dynamique est limitée et les vidéos par faible luminosité ou avec des contrastes élevés ne seront pas les meilleures de votre galerie.

Les ciels sont souvent surexposés et il m’est arrivé de penser que la qualité était comparable à celle d’une fausse GoPro. Les tests en ligne précédant l’utilisation ont sembler montrer une qualité supérieure. Après plusieurs mois, je dois dire que la qualité vidéo est simplement passable.

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Ici, je fais une drôle de tête, me préparant à photographier avec les Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

L’effet POV ne pourra pas remplacer une vidéo stable et nette prise avec un téléphone, mais cela séduira certains utilisateurs. Il faut juste garder à l’esprit que la caméra est sur le côté gauche : elle n’est pas centrée comme sur les Oakley Meta Vanguard, ce qui fait que les vidéos finales ne refléteront pas exactement votre champ de vision.

Un point à signaler : attention à vos cheveux, à votre casquette ou à tout ce qui pourrait interférer avec la lentille. Bien que Meta propose un mode censé rogner l’image pour masquer les mèches de cheveux, beaucoup de mes vidéos ont été gâchées par mes propres cheveux. C’est un rappel pour moi que je dois aller chez le coiffeur depuis un mois.

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Pour nuancer la qualité vidéo, il faut comprendre que la différence entre le mode 3K et 1080p n’est pas incroyable. Elle se révèle souvent difficilement perceptible, même avec les deux vidéos côte à côte. Cependant, elle sera bien visible lors d’un zoom sur l’image finale. Je mentionne ceci car filmer en 3K comporte trois inconvénients par rapport au 1080p :

  • moins d’autonomie ;
  • des fichiers plus lourds : pour deux vidéos de cinq secondes d’une même scène, comptez 7 Mo pour le 1080p contre 18 Mo pour le 3K ;
  • une durée d’enregistrement limitée : la caméra coupe automatiquement au bout de trois minutes — il faut passer au 1080p pour faire cinq minutes d’affilée.

Côté photo, la qualité semble à peine différenciable de celle de mon iPhone — du moins avant de zoomer. Cependant, j’ai été surpris de ne presque jamais prendre de photos, au point de changer l’action par défaut sur le bouton pour passer du mode photo au mode vidéo.

En revanche, j’ai pris rapidement plaisir à filmer de courtes vidéos pour des événements qui ne justifiaient pas de sortir mon téléphone. Des modes Ralenti et Hyperlapse sont inclus, mais leur activation exige une manipulation, ce qui, selon moi, supprime tout l’avantage de ces lunettes.

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La LED s’illumine lors d’une photo ou vidéo // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Il est bien connu que le voyant LED sur les Oakley Meta HSTN (de l’autre côté de la caméra) s’allume pour indiquer aux passants que vous filmez (il clignote en continu) ou que vous prenez une photo (il s’allume une fois). J’ai néanmoins pu filmer en masquant le voyant LED avec mon doigt.

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Pour résumer, la caméra des Oakley Meta HSTN ne remplacera pas un iPhone ou une GoPro. Son atout réside dans sa capacité à être prête à capturer des moments à tout moment, avec un simple clic, sans sortir d’objet de sa poche. Cet aspect, croyez-moi, procure un certain confort.

Application et Meta AI : un écosystème riche mais performant pour les Oakley Meta HSTN

Avant tout, précisons que ces lunettes sont compatibles avec les iPhone (à partir d’iOS 15.2) et les téléphones Android (à partir d’Android 10).

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L’application qui sert à contrôler les Oakley Meta HSTN est Meta AI, remplaçant l’ancienne Meta View. Si le nom est dans la lignée de l’évolution IA de Meta (et de l’industrie au sens large), il surprend un peu à l’ouverture.

Il devient rapidement évident que les trois quarts de l’application se concentrent sur des usages qui n’ont rien à voir avec les lunettes : flux de vidéos sociales à la TikTok, espace de chat IA, page d’actualités « pour toi », flux d’abonnés… Meta a saisi l’occasion de transformer un simple utilitaire en véritable hub social déguisé.

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Meta, qui reste une entreprise de réseaux sociaux, pousse clairement son écosystème au maximum. Heureusement, l’onglet dédié aux lunettes est efficace pour transférer ses rushs et gérer les réglages, bien que toute cette surcharge logicielle gagnerait à être allégée pour se concentrer sur la gestion de la mémoire de la caméra.

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Maxime Grosjean pour Frandroid

Il existe deux méthodes pour transférer les vidéos et photos des lunettes vers votre téléphone : laisser la synchronisation se dérouler en arrière-plan (c’est long, surtout pour les fichiers 3K), ou optimiser le processus en connectant l’application directement au réseau Wi-Fi des lunettes. Dans les deux cas, les médias se téléchargent automatiquement vers la galerie native de votre téléphone, ce qui évite d’avoir à retourner continuellement dans l’application Meta pour retrouver ses séquences.

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Les lunettes dotées de microphones et haut-parleurs impliquent également la présence d’un assistant vocal. Bien que je ne l’aie pas utilisé très souvent, il fonctionne assez bien et réagit rapidement. Honnêtement, à part lui demander de décrire ce qu’il voit (par exemple, « Hey Meta, décris-moi ce que tu vois »), identifier des plantes ou connaître la météo, comme tout assistant IA, les véritables usages quotidiens s’affineront avec le temps. Cela dit, il est techniquement impressionnant. Attention toutefois, la communication en français est moins complète qu’en anglais.

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Meta souhaite également que l’on utilise les lunettes et l’application pour mettre en place des rappels (mémos vocaux), mais je ne désire pas dépendre totalement de Meta pour m’organiser — je prends toujours mon téléphone pour ces tâches.

Il est amusant de constater les cas d’usage mis en avant sur le site officiel pour ces HSTN : « Pouvons-nous établir un entraînement pour le haut du corps ? »… Comme si quelqu’un allait vraiment demander cela à ses lunettes avant de faire des pompes dans son salon — peut-être aux États-Unis, qui sait.

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J’ai laissé mon colocataire parler aux lunettes, et il s’est un peu embrouillé

Meta profite également de sa mainmise sur les messageries pour permettre d’envoyer le flux vidéo des lunettes en direct lors d’un appel vidéo Messenger ou WhatsApp, ou même de diffuser sur Instagram. Il est également possible de connecter son compte WhatsApp pour que l’assistant lise les notifications. Bien que pratique, il y a des améliorations à apporter : j’ai un groupe WhatsApp avec des émojis dans son nom, et chaque fois qu’un message arrive, la voix robotique des lunettes prend le temps de me lire chaque émoji avant de lire le texte.

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Enfin, pour les aspects liés au sport, l’intégration de Strava est sans conteste la plus marquante. En connectant votre compte à l’application Meta et en patientant quelques secondes pour la synchronisation automatique, un menu de statistiques apparaît sur chaque vidéo. Ces fonctionnalités doivent bien sûr avoir été enregistrées pendant l’activité, et permettent d’afficher en surimpression diverses données : vitesse en temps réel, distance parcourue, altitude ou fréquence cardiaque.

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L’intégration des statistiques Strava dans l’application Meta AI

C’est une fonctionnalité classique sur les caméras d’action, et elle est particulièrement appréciable ici, automatisée avec Strava, sans autre effort de montage de votre part. Les influenceurs savent à quel point cela embellit rapidement une story ou un réel.

La petite LED interne des lunettes (oui, il y en a une, dans le coin supérieur droit du champ de vision) qui sert de témoin normal peut aussi être connectée à une montre Garmin, qui s’allume pour signaler visuellement si vous dépassez votre zone de fréquence cardiaque ou votre rythme cible.

Autonomie des Oakley Meta HSTN : un progrès notable

Meta et Oakley annoncent une autonomie de jusqu’à 8 heures par charge et jusqu’à 48 heures avec l’étui entièrement chargé. Cela ne signifie pas grand-chose en pratique, étant donné que les lunettes peuvent être utilisées pour filmer, prendre des photos, converser avec l’IA, écouter de la musique ou passer des appels.

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Les Oakley Meta HSTN et leur boîtier // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Par exemple, après 1h30 d’appel FaceTime, mes lunettes sont passées de 100 % à 65 %, indiquant une sollicitation continue des micros et haut-parleurs.

Voici un tableau avec un véritable test sur trois semaines (principalement porté le week-end) incluant la date, les types d’utilisations et leur impact sur l’autonomie des lunettes ainsi que celle de la batterie du boîtier après recharge.

Phase de test Utilisation réelle Impact batterie des lunettes Impact batterie du boîtier
18/04 : Sortie sportive Trail de 3 h 40 mn. 2-3 musiques + 1 appel de 2 min + 21 vidéos (5 min de rush). Transfert vers le téléphone ensuite. 100 % ➔ 61 %

(fin du trail) ➔ 53 % (après transfert)

Départ 100 %
Recharge dans le boîtier 100 % ➔ 70 %
19/04 : Grosse matinée d’appels 1h40 d’appels cumulés + un peu de musique + 2-3 vidéos (1m30) 100 % ➔ 55 %
Recharge dans le boîtier 70 % ➔ 55 %
25/03 : Journée passive Portées normalement ou laissées posées hors de leur boîte (sur tableau de bord). Environ 10 petites vidéos et 1 appel. 100 % ➔ 20 % (le soir)
Recharge dans le boîtier et quelques usages de 2-3 minutes maximum 55 % ➔ 35 %
10/05 : Journée hybride Portées toute la journée avec recharges dans le boîtier. 1h30 d’appels cumulés + quelques musiques + environ 20 vidéos (total 3 min). Finit 56 %
Recharge dans le boîtier 35 % ➔ 20 % le lendemain matin

On constate que la batterie des lunettes se décharge assez rapidement lors des appels, mais le boîtier offre une base robuste de recharge, pouvant durer des semaines si l’utilisation n’est pas quotidienne.

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Lors de la journée dite « hybride » dans le tableau, les lunettes sont passées de 100 % à 20 % après 8 heures portées sur mon nez ou sur ma tête, avec exposition au soleil, écoute de musique, et 1h30 d’appels et quelques vidéos enregistrées.

Les lunettes n’ont ni port USB-C ni recharge sans fil. Elles se rechargent uniquement via leur boîtier à l’aide de minuscules broches de connexion au niveau du pont, juste sous le nez. Vous pourrez donc fièrement déclarer lors des repas de famille : « Oui papi, je dois recharger mon téléphone et mes lunettes ».

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Le port USB-C et le bouton d’appairage du boîtier des Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Si vous êtes habitué aux coques classiques d’Oakley ou à des pochettes souples, attendez-vous à un changement. L’étui de charge des Meta HSTN est rigide — et de grande qualité. Le couvercle s’ouvre magnétiquement, et l’intérieur est revêtu d’un matériau semblable au nubuck. Il faut bien enfoncer les lunettes pour les ranger, et les sortir nécessite un bon tirage. Cela peut sembler étrange au premier abord, mais on s’habitue vite.

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Le boîtier possède sa propre batterie et se recharge via USB-C à l’arrière. Logiquement, il se révèle plus lourd et volumineux qu’un étui standard. Bien qu’il s’adapte sans problème dans un tote bag ou une sacoche de vélo, il est peu probable qu’il se glisse discrètement dans une poche de jean. Je l’emportais rarement lors de mes sorties en ville.

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Sous vos yeux ébahis, je range le boîtier sans un sac // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Concernant le temps de charge, selon nos tests, le boîtier nécessite deux heures pour passer de 15 % à 85 %. Selon Meta, il peut être entièrement chargé en trois heures et demie. En 13 minutes, les lunettes passent de 20 % à 40 %.

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C’est ici que les lunettes se rechargent // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Enfin, une fois la batterie épuisée, les Oakley Meta HSTN restent des lunettes de soleil. Elles continueront à protéger vos yeux et à remplir leur fonction initiale. Il est même possible de les éteindre complètement avec un petit interrupteur physique dissimulé à l’intérieur de la branche gauche, à côté de la charnière.

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Le bouton on/off des Oakley Meta HSTN // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Il est cependant dommage de ne pas pouvoir désactiver uniquement la fonction tactile ou sonore. Cela éviterait de nombreuses frustrations et de faux positifs. Pendant mes tests, la musique s’est lancée automatiquement lorsque je repositionnais les lunettes sur ma tête. Une option pour verrouiller le son et les commandes tactiles tout en permettant d’enregistrer des vidéos grâce au bouton physique aurait été un réel atout pour une utilisation sportive.

Prix et date de sortie des Oakley Meta HSTN

Les Oakley Meta HSTN sont arrivées en France à l’été 2025 et sont disponibles en huit couleurs différentes. Les prix varient entre 439 euros et 519 euros selon le modèle sélectionné.

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Pour comparaison, la monture classique Oakley HSTN, sans électronique, se situe généralement entre 150 et 200 euros.

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