Test de la fonctionnalité « visages familiers » de Ring : mon expérience.
La fonctionnalité « Visages familiers » de Ring nécessite un abonnement Ring Home Premium, vendu 19,99 €/mois, et est disponible sur certains appareils, dont des modèles 2K et 4K. Selon Ring, les caméras 2K et 4K peuvent généralement reconnaître une personne à 3 ou 4 mètres dans de bonnes conditions, tandis que les modèles 1080p tournent plutôt autour de 2 mètres.
La nouvelle fonctionnalité Visages familiers de Ring confère une intelligence accrue à ses caméras en leur permettant de reconnaître une personne et de vous informer de sa présence. J’ai eu l’occasion de la tester pendant quelques jours, voici ce que j’en pense.
L’industrie de la sécurité connectée aime intégrer de l’intelligence artificielle dans ses produits, et Ring s’inscrit dans cette tendance avec de récents ajouts, tels que la détection de colis ou de véhicules. La marque, déjà spécialisée dans la détection radar, renforce sa reconnaissance avec la fonction « Visages familiers ». Celle-ci permet de constituer une bibliothèque des visages détectés par les caméras, à qui vous pourrez attribuer des noms afin de recevoir une alerte lors de leur détection. En d’autres termes, Ring ne remplace pas la détection de personnes : il lui ajoute une étiquette.
Véritable innovation ou simple argument marketing ? Analysons l’utilité de cette fonction après quelques jours d’essai.
### Quelques prérequis techniques
La fonctionnalité Visages familiers exige certains prérequis pour être opérationnelle. Tout d’abord, il est nécessaire d’avoir l’abonnement adéquat associé au bon matériel. En effet, un abonnement Ring Home Premium, facturé 19,99 €/mois, est requis. Contrairement à l’abonnement standard, ce dernier offre l’enregistrement continu, une recherche vidéo intelligente et la fonctionnalité Visages familiers.
Concernant le matériel, cette fonction est accessible sur tous les nouveaux appareils 2K et 4K, ainsi que sur certains modèles 1080p.
Ring mentionne plusieurs produits, notamment certaines Video Doorbell, la Battery Video Doorbell Pro, l’Outdoor Cam, la Floodlight Cam Wired Plus, l’Indoor Cam (2e génération) ou encore la Pan-Tilt Indoor Cam. Un aspect important de l’utilisation réside dans le fait que l’activation se fait appareil par appareil. Il est possible de tout activer d’un coup dans le menu IA, mais également de personnaliser l’activation selon les caméras choisies. Si un nouvel appareil est intégré ultérieurement, vous pourrez décider si la fonctionnalité sera activée ou non. En d’autres termes, vous pouvez choisir d’utiliser cette fonction seulement pour la sonnette d’entrée et la caméra du jardin, tout en l’ignorant pour l’intérieur.
De plus, seul le propriétaire du compte Ring a la capacité de configurer et gérer la bibliothèque. Les utilisateurs disposant de l’accès partagé pourront voir les noms dans les notifications, mais ne pourront pas administrer les profils.
Ring conseille également d’informer les personnes concernées et rappelle que certaines législations européennes exigent un consentement explicit. En France, il est important de respecter une règle essentielle : un particulier ne peut pas filmer la voie publique avec sa caméra ; la CNIL stipule qu’il faut se limiter à l’intérieur de sa propriété. Autrement dit, si votre sonnette ou caméra a une vue large de la rue, cela pose déjà un problème avant même d’évoquer l’IA.
Enfin, pour que Visages familiers soit fonctionnelle, il est nécessaire de conserver le système de notifications de personnes chez Ring. La documentation officielle précise que si l’enregistrement des personnes pour les notifications connectées est désactivé, la fonction ne pourra pas identifier ni notifier correctement. Ainsi, si vous avez l’habitude de minimiser les notifications Ring pour réduire le bruit au quotidien, vous pourriez altérer l’intérêt même de cette fonctionnalité.
### Au quotidien
Dans l’utilisation quotidienne, la fonction est simple et fluide. Lorsqu’un visage est suffisamment clair, il est automatiquement ajouté à la bibliothèque, sans notification pour chaque nouveau visage identifié.
À partir de la bibliothèque, vous pouvez nommer les personnes reconnues et activer les notifications pour chaque détection. Ring autorise jusqu’à 50 profils et permet de fusionner des doublons, de corriger les photos mal associées et de supprimer un profil à tout moment. Les profils non nommés disparaissent automatiquement après 30 jours sans reconnaissance, tandis que tous les profils sont effacés après 180 jours sans reconnaissance. À ce sujet, l’outil est plutôt efficace et bien organisé.
En pratique, savoir qu’un proche vient d’entrer, distinguer un membre du foyer d’un visiteur régulier, ou désactiver les notifications pour certains visages afin d’éviter d’être alerté à chaque passage devant la porte, tout cela est pertinent. Ring permet d’activer ou de désactiver les notifications pour chaque profil. C’est probablement le point fort de cette fonction : plus qu’un outil de sécurité pur, elle sert à trier les alertes déjà existantes de manière un peu plus intelligente.
Cependant, il ne faut pas en attendre des capacités qui ne sont pas présentes. Ring admet que la précision dépend de la distance, de la hauteur d’installation, de la luminosité, du contraste, de la vitesse de déplacement ou d’un visage partiellement masqué. Les caméras 2K et 4K peuvent habituellement reconnaître une personne à une distance de 3 à 4 mètres dans de bonnes conditions, tandis que les modèles 1080p se limitent plutôt à environ 2 mètres. En pratique, la fonctionnalité sera donc plus efficace sur une sonnette bien placée que sur une caméra élevée qui surveille une allée.
C’est cela qui m’empêche de considérer ce développement comme une véritable avancée en matière de sécurité. Si une personne avance rapidement, porte des lunettes de soleil, arrive de nuit ou passe légèrement de côté, la reconnaissance devient vite problématique. Ring le confirme : des erreurs d’identification peuvent survenir. De plus, dans une scène avec plusieurs personnes, seule la première reconnaissance peut déclencher une notification ; les autres visages reconnus apparaissent dans l’historique, mais ne déclenchent pas une nouvelle alerte. En résumé, on assiste davantage à une amélioration progressive de l’interface qu’à un système de surveillance révolutionnaire.
Le point le plus préoccupant demeure l’absence d’alerte spécifique pour les inconnus. C’est pourtant ce qu’on pourrait logiquement espérer d’un système capable de reconnaître des proches. Ring ne le présente toutefois pas de cette manière. Si le visage n’est pas reconnu, l’appareil envoie une notification générique, point. Autrement dit, il vous indique qu’une personne est présente, ce que Ring savait déjà très bien faire auparavant. Le véritable atout, c’est le nom lorsqu’il est identifié, pas la détection des inconnus lorsqu’elle échoue. Personnellement, j’aurais préféré être alerté en cas d’intrus dans ma cour, plutôt que d’être dérangé par le retour d’un membre de ma famille.
### Une fonctionnalité utile ou futile ?
Finalement, la fonctionnalité « Visages familiers » semble être une option valable, mais modeste. Valable, car elle peut réellement simplifier la gestion des alertes quotidiennes si vous êtes déjà très engagé dans l’écosystème Ring. Modeste, car elle ne justifie pas, à elle seule, de changer de caméra ou d’écosystème.
Si vous payez déjà pour l’abonnement le plus coûteux (notamment en raison de la sauvegarde continue) et que vous possédez des appareils compatibles, c’est un avantage intéressant à essayer. En revanche, l’argument est encore trop faible pour présenter cette fonctionnalité comme un véritable facteur différenciant. Il est d’autant plus regrettable que Ring doive encore améliorer sa détection de « personnes », qui confond souvent des animaux et des aspirateurs-robots avec des humains, entraînant des notifications excessives.

