Test de la DJI Osmo Action 6 : la concurrence ne doit pas dormir.
DJI a dévoilé sa nouvelle caméra d’action, la DJI Osmo Action 6, à la mi-novembre 2025, alors que GoPro n’a pas sorti de nouvelle Hero 14 cette année. La caméra est lancée au tarif de 379 euros dans son pack standard, sans hausse de prix par rapport à l’Osmo Action 5 Pro de l’année précédente.
DJI a attendu la mi-novembre 2025 pour présenter sa nouvelle caméra d’action. Ce timing est favorable, car son concurrent, GoPro, a ralenti son lancement annuel en ne proposant pas de Hero 14, préférant se concentrer sur la GoPro Max 2. Insta360 n’a pas non plus sorti de nouvelle Ace Pro en 2025. **La DJI Osmo Action 6 arrive donc sur un marché des caméras d’action plus dégagé** qu’à l’accoutumée, mais la marque n’a pas semblé se reposer sur ses lauriers.
Sur le papier, les nouveautés sont significatives : l’introduction de la **définition 8K**, un nouveau capteur de 1/1,1 pouce au **format carré**, et surtout, une première dans ce segment avec l’intégration d’une **ouverture variable**. Après l’Osmo Action 5 Pro qui avait pris l’avantage sur la concurrence l’année dernière, DJI semble vouloir marquer son avance avec une multitude de caractéristiques techniques.
Il faudra déterminer si cette fameuse ouverture variable offre un véritable avantage sur le terrain ou si elle constitue simplement un argument marketing difficile à mettre en pratique au quotidien.
Après avoir testé la caméra en France et en Espagne, lors de randonnées et de courses en trail, voici notre avis complet sur la DJI Osmo Action 6.
**Fiche technique : DJI Osmo Action 6**
*Ce test a été réalisé avec une DJI Osmo Action 6 prêtée par la marque.*
**Une légère prise de poids**
Après trois générations avec un châssis identique (de l’Osmo Action 3 à l’Action 5 Pro), DJI a légèrement modifié son design. Ce changement est probablement dicté par des contraintes techniques, nécessitant de loger le nouveau capteur de 1/1,1 pouce et le mécanisme d’ouverture variable. En conséquence, l’Osmo Action 6 a gagné un peu de poids, surtout en termes d’épaisseur.
Elle mesure 72,8×47,2×33,1 mm contre 70,5×44,2×32,8 mm pour les modèles précédents. Son poids est de 149 g, soit un léger gain de 3 grammes.
Elle est donc proche du gabarit de la GoPro Hero 13 Black (159 g pour 71,8×50,8×33,6 mm) tout en restant plus compacte et légère que la volumineuse Insta360 Ace Pro 2, qui pèse 177 grammes avec son écran sur charnière.
Malgré cela, on retrouve un **format classique de caméra d’action**, avec la même robustesse que les autres modèles de la marque. Ceux qui recherchent des formats encore plus compacts pourront se tourner vers la DJI Osmo Nano ou la Insta360 Go Ultra.
Bien que le placement du bouton d’alimentation/Quick Switch (sur la tranche gauche) et du déclencheur (sur le dessus) reste inchangé, on souligne ici un point négatif, qui ressemble à un **running gag**. Nous avons l’impression d’être les seuls à le mentionner depuis plusieurs années pour la gamme Osmo Action : **les boutons sont toujours trop durs à presser**.
Si cela ne pose pas de problème au quotidien, certaines utilisations de caméras d’action s’effectuent avec des gants ou des mains engourdies par le froid. Dans ces situations, les boutons de l’Osmo Action 6 sont plus difficiles à utiliser que ceux des concurrents.
La caméra possède également deux trappes à ouverture sécurisée : la première abrite la batterie et l’emplacement microSD, tandis que la seconde protège le port USB-C. Il est important de noter que le stockage interne, toujours pratique, bénéficie d’une **capacité légèrement augmentée de 50 Go**.
Concernant l’étanchéité native (sans caisson), elle est maintenue à 20 mètres, soit le double de ce que propose GoPro. L’appareil est aussi équipé d’un manomètre qui affiche l’altitude ou la profondeur en temps réel et peut déclencher ou arrêter l’enregistrement automatiquement lors de l’entrée ou de la sortie de l’eau.
Pour l’affichage, DJI conserve ses excellents écrans tactiles OLED (un à l’avant et un à l’arrière), qui restent lumineux et réactifs. Ils offrent un effet « **bords à bords** » que l’on espère voir chez GoPro.
Contrairement à l’an dernier, DJI n’augmente pas la capacité de la batterie, qui reste à 1 950 mAh. Notons que, bien que l’Action 6 ait un gabarit différent, la marque a conservé le même format de batteries, qui sont donc compatibles avec celles des Osmo Action 5 Pro, 4 et 3, ainsi qu’avec la DJI Osmo 360.
Enfin, l’Osmo Action 6 maintient son **système de fixation magnétique à dégagement rapide** pour passer d’un accessoire à l’autre (casque, perche, torse) sans vis. Bonne nouvelle cette année : le système est désormais bidirectionnel, permettant de clipser la caméra dans les deux sens, ce qui est particulièrement pratique pour orienter l’objectif vers soi sur un guidon de vélo, par exemple.
Cependant, GoPro garde un avantage en termes de polyvalence. Alors que la Hero 13 Black intègre nativement trois méthodes de fixation (magnétique, pas de vis 1/4″ et tiges articulées) sous son boîtier, **l’Osmo Action 6 dépend toujours de son adaptateur magnétique**. De plus, on attend l’intégration d’une puce GPS directement dans la caméra. GoPro reste donc devant sur ce point.
**Toujours aussi réactive**
Un des points sur lesquels DJI a surpassé GoPro ces dernières années est la réactivité de son interface. L’Osmo Action 6 ne fait pas exception et s’allume rapidement.
Entre le moment où l’on presse le déclencheur et le début de l’enregistrement, **il s’écoule à peine une seconde** — le premier allumage de la journée prenant un peu plus de temps, mais tous les suivants sont quasi instantanés. Ce confort est désormais très apprécié et peut faire une réelle différence à l’utilisation.
La navigation dans les menus reste identique à l’Action 5 Pro. La manière de naviguer est intuitive, les gestes de balayage sont réactifs et la structure des menus est assez claire. On notera cependant l’apparition de nouveaux réglages liés à la principale nouveauté de cette année : l’ouverture variable.
Côté affichage, le format carré du nouveau capteur de 1/1,1 pouce introduit une légère modification dans le retour vidéo. DJI propose par défaut un recadrage, mais il est possible d’afficher l’intégralité du capteur (en mode 1:1) pour mieux composer ses plans avant un futur recadrage vertical ou horizontal en post-production.
Le bouton Quick Switch, situé sur la tranche gauche, permet de passer rapidement entre les modes de prise de vue (photo, vidéo, ralenti…), mais surtout de naviguer entre vos propres profils personnalisés.
Vous pouvez par exemple configurer un profil « **VTT** » basé sur de la 4K 60p en ultra-grand-angle avec une stabilisation maximale, et un profil « **Vlog** » plus standard en 4K 30p. Pratique pour adapter ses réglages sans passer par l’écran tactile.
**8K, ouverture variable et capteur carré**
C’est l’élément central de cette nouvelle génération. Pour distancer GoPro, DJI a complètement repensé le matériel de l’Osmo Action 6. On compte **trois grandes nouveautés**, et il est fascinant de voir la concurrence innover chaque année sur de si petits appareils, surtout pour réaliser quelques vidéos de vacances.
DJI abandonne le traditionnel ratio 4/3 pour intégrer un capteur de 1/1,1 pouce au **format carré (1:1)**. Cela permet de filmer sans se soucier du format final, en recadrant à l’horizontal (16:9) ou à la verticale (9:16). Cette nouveauté permet de filmer dans l’orientation souhaitée sans avoir besoin de pivoter la caméra.
En d’autres termes, une vidéo initiale au nouveau format peut être exportée aussi bien pour les stories Instagram que pour YouTube. DJI s’aligne donc avec GoPro sur ce terrain — à quelques détails près, mais l’avantage du recadrage reste le même.
Une nouvelle option de champ de vision, appelée « **Large Naturel** », corrige les distorsions sur les bords sans nécessiter le fort recadrage du mode linéaire classique. C’est un bon compromis, même si certains préfèrent utiliser le mode le plus étroit pour éviter un maximum possible l’effet fish-eye.
L’**arrivée de la 8K**, tant attendue par certains utilisateurs, était initialement limitée à la 4K. Il a fallu attendre une mise à jour logicielle pour déverrouiller l’enregistrement en 8K. Nous n’avons pas pu tester cette nouvelle définition. Bien que l’on anticipe plus de détails dans l’image, c’est surtout la possibilité de recadrage qui sera appréciée.
Attention au poids des fichiers. De plus, la fréquence d’images se limite à 24, 25 ou 30p. Enfin, le ratio 1:1 n’est pas compatible avec cette haute définition : le mode 8K enregistre uniquement en 16:9. Les utilisateurs classiques n’ont pas nécessairement besoin de cette option 8K, mais GoPro devra s’aligner dans sa prochaine caméra. À noter que l’Insta360 Ace Pro 2 propose également une option 8K.
L’intégration d’une **ouverture variable** — de f/2,0 à f/4,0 — est une première dans une caméra d’action. Sur le papier, cela semble prometteur : ouvrir à f/2,0 pour capter davantage de lumière en faible luminosité, et fermer à f/4,0 pour la mise au point de près.
Toutefois, après plusieurs jours de test, l’ouverture variable semble davantage être un outil technologique qu’une nécessité pour le grand public. En journée, la caméra se règle automatiquement sur f/2,8, qui est exactement la même ouverture fixe que l’Osmo Action 5 Pro.
Cet ajout est plus destiné aux vidéastes expérimentés, aux vlogueurs et aux créateurs de contenu qui prennent le temps de paramétrer leur appareil. Pour en tirer pleinement profit, il faut passer en mode Pro et verrouiller manuellement l’ouverture.
En ce qui concerne la qualité d’image, vous l’avez vu ; la qualité est globalement excellente en plein jour. Le rendu des couleurs est agréable, et pour ceux qui cherchent une correction plus poussée, il est possible de basculer sur le profil D-Log M en 10 bits pour un étalonnage personnalisé. GoPro propose des images plus naturelles, mais seule une comparaison côte à côte permettrait de voir la différence.
L’Osmo Action 6 semble offrir une dynamique semblable à celle de l’Osmo Action 5 Pro. Lors de nos tests, elle a bien géré la lumière en filmant depuis l’habitacle d’une voiture. En sous-bois, on note des parties de ciel surexposées, mais cela est rapidement corrigé.
Quant à l’utilisation de la caméra la nuit, l’Osmo Action 6 délivre de bons résultats pour sa taille. Associée à l’ouverture f/2,0, le mode nuit et le traitement dédié surpassent clairement GoPro. DJI creuse l’écart face à GoPro, un écart qui est déjà bien large.
Cependant, la stabilisation en mode nuit peut pâtir, et il est décevant de constater que DJI ne propose toujours pas de véritables modes créatifs nocturnes, comme les filés d’étoiles, que GoPro maîtrise mieux.
Malgré tout, DJI fait de sérieux progrès. Si la 8K et l’ouverture variable n’intéresseront qu’une minorité, le nouveau format de capteur sera apprécié par les amateurs des réseaux sociaux.
On attend maintenant les prochaines GoPro Hero 14 et Insta360 Ace Pro 3 (et peut-être une future DJI Osmo Action 6 Pro) pour comparer plus sérieusement ces trois leaders du marché.
**Stabilisation**
Comme chaque année, la stabilisation logicielle de DJI (appelée RockSteady) fonctionne à merveille. La caméra absorbe sans difficulté les secousses en trail, offrant une image finale fluide. Cependant, toutes les concurrentes proposent des fonctions similaires.
Cette année, la grande nouveauté concerne la stabilisation de l’horizon. Sur l’Action 5 Pro, bloquer l’horizon à 360 degrés impliquait de réduire la qualité en enregistrant en 2,7K. Sur l’Osmo Action 6, c’est désormais réalisable en 4K.
Prenez garde aux différentes fonctions actives, car parfois, le recadrage peut être trop intense. Pour les activités quotidiennes et sportives, privilégiez un enregistrement standard en 4K 30 avec la stabilisation en mode RockSteady 3.0.
**Autres modes**
Parmi les fonctionnalités additionnelles, on trouve l’intégration de l’écosystème DJI, permettant une connexion directe entre la caméra et les micros DJI Mic 2 ou DJI Mic Mini.
Cependant, certaines fonctions semblent moins utiles. DJI propose encore un mode de suivi du sujet, permettant à la caméra de recadrer l’image pour garder le sujet centré, limitant toutefois l’enregistrement à 2,7K. On retrouve également les classiques tels que pré-enregistrement, enregistrement en boucle, Slow Motion, Timelapse, et divers modes photo.
Toujours pas de véritables effets nocturnes ni de puce GPS intégrée dans cette caméra.
**Endurance et rapidité de charge**
DJI n’a pas annoncé d’améliorations sur l’autonomie de l’Osmo Action 6, qui reste à 240 minutes (4 heures) en filmant en 1080p. Nos tests montrent des autonomies de :
– 160 minutes en 1080p à 30 images par seconde ;
– 112 minutes en 4K à 60 images par seconde.
C’est légèrement inférieur à l’Osmo Action 5 Pro, mais reste compétitif pour une caméra d’action. Mieux vaut se baser sur nos tests pratiques pour évaluer l’autonomie.
La batterie de notre Osmo Action 6 est passée de 100 % à 83 % après 7 heures de randonnée, durant lesquelles 18 vidéos ont été enregistrées pour environ 7 à 8 minutes. Lors d’une journée plus chargée, la caméra est tombée de 100 % à 65 %, avec 3 minutes de vidéos le matin et 13 le soir.
La **charge est rapide** : environ cinquante minutes suffisent pour recharger complètement l’Osmo Action 6, ce qui est un avantage face à GoPro.
**Pas de hausse de prix**
La DJI Osmo Action 6 est disponible en France depuis la mi-novembre 2025, lançant un prix de **379 euros** dans son pack standard (comprenant la caméra, une batterie, un support d’installation magnétique et une vis).
La bonne nouvelle est que le constructeur chinois a maintenu ses tarifs. L’Osmo Action 6 sort au même prix que l’Osmo Action 5 Pro de l’an passé.
La GoPro Hero 13 Black et l’Insta360 Ace Pro 2 ont été lancées entre 399 et 449 euros. Actuellement, l’Osmo Action 6 est le meilleur rapport qualité/prix du marché.
De plus, DJI propose l’Osmo Action 6 dans un pack « **Aventure** » à 479 euros, incluant trois batteries, un boîtier de charge multifonction et une barre d’extension de 1,5 mètre. C’est un investissement plus conséquent, mais recommandé aux novices en caméras d’action.

