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Tesla, BYD, Xpeng : la bataille des robots humanoïdes dans l’automobile

Les géants de l’automobile, tels que Tesla, XPeng, BYD, Chery, Xiaomi, Hyundai, BMW et Mercedes, investissent de plus en plus dans le développement de robots humanoïdes. Bien que cela puisse sembler inattendu, une analyse plus approfondie révèle des similitudes significatives entre les véhicules électriques et ces robots à deux bras et deux jambes, rendant cette initiative moins surprenante.

L’idée d’un robot capable de réaliser les tâches domestiques est séduisante et, en observant les avancées réalisées en Chine, on constate que nous ne sommes pas si loin de cette réalité. Cependant, l’exploration de la robotique humanoïde reste principalement l’apanage des grandes entreprises, qui en sont encore à leurs débuts dans ce domaine.

Il est important de noter que l’implication des différents constructeurs varie considérablement. Environ quinze marques chinoises et plusieurs occidentales se lancent dans la robotique humanoïde, mais avec des niveaux d’engagement très divers. On peut classer ces entreprises en quatre catégories distinctes. D’abord, celles qui conçoivent leur propre robot, comme Tesla, XPeng, BYD, Chery et Xiaomi. Ensuite, il y a celles qui préfèrent tester des robots développés par des spécialistes, comme BMW et Mercedes. Un cas particulier est celui de Hyundai, qui a acquis Boston Dynamics pour s’implanter dans ce secteur. Enfin, certaines entreprises, comme Nio et Li Auto, observent sans s’engager pleinement, discutant de la robotique sans présenter de prototypes.

L’argument technique qui justifie cette transition vers la robotique est simple : « une voiture électrique et un robot humanoïde partagent une grande partie de leurs composants ». Des éléments tels que les moteurs électriques, les batteries, les capteurs et les logiciels de perception visuelle sont en effet similaires, avec un recoupement estimé à plus de 60 % dans la chaîne d’approvisionnement. XPeng va même jusqu’à affirmer que son robot IRON utilise 70 % du logiciel d’intelligence artificielle de ses véhicules. Cependant, la création d’un robot capable de se déplacer, de manipuler des objets et d’interagir avec des humains reste un défi complexe, souvent plus ardu que la conduite autonome.

Dans l’industrie, la conduite autonome est souvent considérée comme une première étape vers l’« IA incarnée », avec les robots humanoïdes représentant l’évolution logique. Pourtant, il n’est pas certain que cette progression se fasse aussi rapidement que les constructeurs le laissent entendre. Une autre raison, plus pragmatique, pousse les entreprises à explorer la robotique : la rentabilité. Selon l’Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM), les marques chinoises ont enregistré une marge bénéficiaire moyenne de seulement 1,5 % au cours des cinq premiers mois de 2026. Dans un marché en proie à une guerre des prix, la robotique apparaît comme une opportunité de diversification à forte valeur ajoutée, permettant d’optimiser des outils industriels déjà en place.

XPeng se distingue actuellement par son programme de robotique, avec son modèle IRON mesurant 1,73 mètre et pesant environ 70 kilos, équipé de plus de 60 articulations et de puces développées en interne. La production en série est prévue pour fin 2026, avec un objectif de 1 000 unités par mois et un déploiement international à partir de 2027. Le fondateur He Xiaopeng a même pris personnellement la direction de la division robotique, soulignant l’importance de ce projet. Cependant, comme d’autres acteurs, XPeng met l’accent sur des objectifs futurs plutôt que sur des résultats tangibles.

Tesla, quant à elle, travaille sur son robot Optimus depuis 2021, ce qui en fait le projet le plus ancien. Cependant, cela ne signifie pas qu’il soit le plus avancé sur le plan industriel. Une nouvelle version, dotée d’une main avec 50 actionneurs, est en développement pour améliorer la dextérité. Elon Musk évoque un prix compris entre 20 000 et 30 000 dollars (environ 18 000 à 28 000 euros) pour le robot. La marque a même décidé de cesser la production des modèles S et X pour réorienter ses ressources vers les robots. Cependant, les délais annoncés ont souvent été révisés, et l’historique du projet incite à la prudence.

BYD, longtemps discret sur le sujet, a récemment révélé qu’elle développait des humanoïdes depuis quatre ans, avec environ 150 prototypes en test dans ses usines. Le groupe Chery a franchi une étape en mettant en vente son robot Mornine M1 sur JD.com pour environ 42 000 dollars (environ 39 000 euros), une initiative rare pour un grand constructeur automobile visant le grand public. Xiaomi, de son côté, a testé ses robots dans des tâches de vissage automatisé, affichant un taux de réussite de 90,2 % sur trois heures d’autonomie.

Les constructeurs qui préfèrent tester des robots plutôt que de les développer en interne, comme BMW et Mercedes, collaborent avec des entreprises spécialisées. BMW utilise des robots de la société Figure dans ses usines, tandis que Mercedes expérimente l’humanoïde Apollo pour des tâches logistiques. Ces marques adoptent une approche plus prudente, sans déploiement massif pour le moment.

Hyundai, propriétaire de Boston Dynamics, prépare une version industrielle de son robot Atlas, capable de manipuler jusqu’à 50 kilos, avec une mise en service prévue pour 2028 dans son usine de Géorgie.

En résumé, le secteur avance vers une utilisation industrielle des robots humanoïdes, avec des déploiements prévus entre 2026 et 2028. Cependant, pour les particuliers désireux d’acquérir un robot à domicile, la situation reste encore éloignée de la réalité, le seul modèle disponible, celui de Chery, coûtant l’équivalent d’une berline haut de gamme, tandis que les promesses de Tesla demeurent pour l’instant des déclarations d’intention.