Suspension immédiate du permis pour smartphone au volant : 4 départements dès le 1er mai
À partir du 1er mai 2026, tenir un téléphone en main au volant en Charente-Maritime entraînera la suspension du permis de conduire. En 2025, le téléphone était impliqué dans 15 % des accidents mortels du département, soit 7 morts sur 45.
À partir du 1er mai 2026, en Charente-Maritime, le fait de tenir un téléphone en main au volant ne coûtera plus 135 euros et trois points de permis, mais entraînera la perte immédiate du permis de conduire.
Lors d’un arrêt au feu rouge, il suffit de sentir son téléphone vibrer dans le support, de tendre la main pour consulter une notification, en pensant que personne ne le remarquera. À partir de ce vendredi, ce simple geste suffira à entraîner une sanction. Il n’est pas nécessaire d’écrire un SMS ou de visionner TikTok ; avoir l’appareil en main pendant que le véhicule circule ou même à l’arrêt avec le moteur en marche vous coûtera votre permis.
En pratique, le préfet de Charente-Maritime a signé un arrêté qui établi que l’utilisation du téléphone au volant sera un motif de suspension administrative immédiate, pouvant aller jusqu’à six mois.
Cette mesure repose sur l’article L224-7 du Code de la route, qui permet déjà au préfet de suspendre un permis pour comportement dangereux, sans nécessiter d’intervention législative. Le département a consacré le mois d’avril à une phase d’information, en envoyant des courriers d’avertissement aux contrevenants.
De plus, en cas de procédure pénale, il faudra verser une « contribution citoyenne » de 200 euros à une association d’aide aux victimes, un montant supérieur à l’amende forfaitaire de 135 euros.
La préfecture justifie cette décision par un chiffre alarmant : en 2025, le téléphone a été impliqué dans 15 % des accidents mortels du département, représentant 7 décès sur 45.
Une sanction significative, mais à portée géographique variable
Ce qui est nouveau, ce n’est pas tant la sévérité des sanctions que la méthode adoptée. La Charente-Maritime intègre un groupe de départements avec le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et les Landes, où la même règle s’applique.
Dans les Landes, environ 200 permis auraient déjà été suspendus en trois mois, selon les données gouvernementales, sur cette seule infraction.
L’élément déterminant de cette nouvelle mesure repose sur la définition de l’infraction. Auparavant, il fallait être surpris en train de composer un message ou de téléphoner. Désormais, le fait de tenir le téléphone en main suffit pour être verbalisé, laissant au préfet le soin de décider de la suspension dans un délai de 72 heures.
Cela signifie que le réglage du GPS et de la playlist doit être effectué lorsque le véhicule est complètement arrêté, ou doit être confié à un passager. Les dispositifs mains libres, les supports et CarPlay demeurent autorisés, permettant ainsi l’utilisation quasi complète du smartphone en voiture.
Se pose cependant une question délicate : pourquoi cette règle ne s’applique-t-elle qu’à quatre départements et non à l’ensemble de la France ? La réponse réside dans le fait que ce dispositif s’appuie sur le pouvoir de police du préfet, ce qui implique une volonté locale plutôt qu’une législation adoptée à Paris.
Ainsi, un conducteur consultant un itinéraire à La Rochelle risque de perdre son permis, tandis qu’une infraction similaire à 30 kilomètres au nord ne coûtera que 135 euros et trois points.
Sur le fond, il est difficile d’objecter : rédiger un SMS augmente le risque d’accident de 23 fois, selon la Sécurité routière, et 80 % des conducteurs admettent manipuler leur téléphone au volant. Sur la forme, cette expérimentation limitée à quatre départements révèle que, faute d’une législation nationale claire, on confie aux préfets la responsabilité de durcir les règlements dans leur zone. Cela pourrait être efficace, mais ce n’est certainement pas équitable.

