RTX Spark : Windows 11, le maillon faible d’Nvidia ? Pas si sûr.
Nvidia a annoncé que toutes les applications Windows seront compatibles avec l’architecture ARM de RTX Spark. À partir de 2024, Microsoft s’efforce de démocratiser l’architecture ARM sur PC avec son partenaire Qualcomm.

RTX Spark serait-il le tournant d’Apple Silicon pour Nvidia et Microsoft ? Cette comparaison circule déjà sur les réseaux, alors que les attentes de Nvidia demeurent très élevées : amener Windows dans une nouvelle ère avec un système d’exploitation agentique (malgré les réticences du public), offrir des performances de jeu inégalées sur l’architecture ARM et, en somme, des PC à la fois puissants et durables.
Le projet ambitieux de Nvidia avec RTX Spark est également le projet de Microsoft, qui cherche à populariser l’architecture ARM sur PC en collaboration avec son partenaire historique Qualcomm depuis 2024. Toutefois, Windows 11 pourrait représenter un obstacle pour Nvidia. Néanmoins, les récentes déclarations des deux entreprises suggèrent qu’il s’agit d’un partenariat très cohérent.
Toutes les applications Windows, optimisées pour ARM
Malgré le bruit des annonces, Nvidia a fourni peu d’informations concrètes sur les performances prévisibles de RTX Spark, sans réaliser de comparaisons avec Apple, Qualcomm ou des alternatives Intel et AMD en x86.
Cependant, Jensen Huang a multiplié les déclarations enthousiastes. Lors de la présentation de la puce au Computex 2026, il a déclaré :
Chaque application jamais exécutée sous Windows a été minutieusement optimisée afin que cet ordinateur puisse littéralement faire tourner tout ce qui a jamais été créé dans le monde.
Cela concerne la compatibilité des applications conçues pour l’architecture x86 sur Windows ARM. De nombreuses applications bureautiques et créatives sont déjà disponibles nativement pour des performances optimales sur ces nouvelles puces, telles que la suite Adobe.
Cependant, la grande inconnue demeure le secteur des jeux vidéo. Actuellement, peu de jeux sont optimisés nativement pour ARM64 : World of Warcraft, Kingdom Come Deliverance II et Minecraft.
Récemment, l’éditeur chinois NetEase Games a renforcé son partenariat avec Qualcomm en annonçant que 25 de ses titres seraient optimisés pour les architectures Snapdragon X et X2 (Naraka: Bladepoint, Marvel Rivals, FragPunk, Once Human, Sky: Children of the Light et Where Winds Meet, entre autres).
Nvidia assure également qu’elle collabore avec les fabricants d’outils anti-triche pour favoriser le jeu en ligne multijoueur sur l’architecture ARM.
Pour le reste, les utilisateurs devront compter sur l’émulateur Prism de Windows 11 ainsi que sur les optimisations systèmes de Microsoft pour espérer des performances de jeu solides sur RTX Spark.
Les trois piliers de l’optimisation sur RTX Spark
Microsoft a dévoilé une série d’optimisations spécifiquement conçues pour la plateforme RTX Spark de Nvidia. En pratique, le planificateur de Windows (le scheduler) devrait « plus efficacement les charges de travail sur l’ensemble des 20 cœurs » grâce à une nouvelle fonctionnalité, la planification par profil de charge de travail (WPS). Microsoft promet une meilleure répartition des tâches et de leurs performances sur le processeur de la puce RTX Spark.

Nvidia et Microsoft ont également collaboré sur une nouvelle technologie nommée Microsoft Power and Thermal Framework (MPTF), qui devrait permettre d’offrir une efficacité énergétique de pointe tout en maintenant une température basse même sous de fortes charges de travail. Actuellement, peu de détails ont été fournis concernant cette annonce.
RTX Spark prendra en charge toutes les fonctionnalités de DirectX 12, y compris les fonctions de rendu neuronal, qu’elles soient liées au DLSS ou non. Le ray tracing et d’autres technologies clés du socle logiciel de Nvidia seront également inclus. Les pilotes graphiques bénéficieront d’une attention particulière en matière d’optimisation, notamment quand les jeux s’exécuteront sur une couche d’émulation.

Il est indéniable que même si de nombreuses applications sont compatibles avec Windows ARM, certaines restent tributaires de l’émulateur Prism. Malgré une émulation de x86 vers ARM, Microsoft assure avoir optimisé Prism pour RTX Spark, promettant des performances exceptionnelles aux développeurs, aux créateurs et aux charges de travail de jeux fonctionnant en émulation.
Là encore, concernant l’émulation, les performances des jeux sur Windows ARM n’ont pas encore démontré de résultats spectaculaires. Cette situation soulève des interrogations : pourquoi ne pas envisager Linux ?
Un élan supplémentaire pour Windows K2
Bien qu’il soit possible d’espérer voir un jour une architecture comme RTX Spark sur une console portable sous Linux, les annonces actuelles se concentrent uniquement sur Windows. Il est à noter que la part des utilisateurs de Linux dans le monde varie entre 3 et 5 % selon les catégories.
Il semble donc logique de s’appuyer sur Windows pour promouvoir l’architecture ARM sur PC. En effet, Microsoft a lancé il y a deux mois un projet ambitieux sous le nom de Windows K2. Le but : réhabiliter Windows 11 aux yeux des utilisateurs en améliorant l’interface, en corrigeant les défauts et surtout, en optimisant la stabilité et les performances.
Bien que les mises à jour récentes aient montré des indicateurs prometteurs, Windows 11 a encore un long chemin à parcourir pour rétablir sa réputation auprès de nombreux utilisateurs, afin d’éviter une migration massive vers macOS ou même Linux, deux systèmes d’exploitation souvent plébiscités pour leur stabilité et leur ergonomie.
En résumé, RTX Spark représente à la fois un nouveau départ pour Nvidia et Microsoft sur PC, du moins sur le papier.

