
Pourquoi nos smartphones n’ont pas surchauffé en photographiant l’éclipse
Le débat autour des risques de photographier une éclipse solaire a suscité de nombreuses interrogations, notamment sur la possibilité de brûler les capteurs de nos smartphones sans un filtre approprié. Bien que ces préoccupations soient légitimes, notre expérience révèle que les appréhensions peuvent être quelque peu exagérées.
Pour évaluer les performances de divers smartphones lors de l’éclipse du 12 août, nous avons testé quatre modèles : le Samsung Galaxy S26 Ultra, l’Oppo Find X9 Ultra, le Xiaomi 17 Ultra et le Google Pixel 10 Pro XL. L’objectif était de déterminer lequel d’entre eux se prêtait le mieux à cet exercice particulier.
Nous avons précédemment publié un article sur les meilleures photos d’éclipse réalisées avec ces appareils. Cependant, un aspect important n’avait pas été abordé : bien que nous ayons utilisé des filtres solaires pour protéger les capteurs, nous avons également pris le risque de photographier l’éclipse sans cette protection à certains moments. Cela ne signifie pas que nous avons agi de manière imprudente, mais plutôt que des recherches approfondies nous ont amenés à penser que le risque était limité.
Il est crucial de préciser que cet article ne prétend pas qu’il n’existe aucun risque pour les smartphones. Néanmoins, des considérations physiques permettent de nuancer ces craintes.
La première question à se poser concerne le diamètre de l’ouverture de l’objectif. Pour qu’un capteur photo soit endommagé par la lumière du soleil, il doit recevoir une quantité significative d’énergie. Cette énergie dépend principalement du diamètre de la pupille d’entrée de l’objectif. Bien que la taille du capteur et le grossissement optique jouent également un rôle, l’ouverture est le facteur déterminant.
Les capteurs de smartphones, qui ne laissent passer qu’une quantité limitée de lumière, ne risquent pas de surchauffer facilement. En revanche, un objectif d’appareil photo traditionnel, avec une ouverture de plusieurs centimètres, peut concentrer beaucoup plus de lumière sur le capteur, ce qui augmente le risque de brûlure. Ce principe est similaire à celui d’une loupe qui peut enflammer un papier en concentrant la lumière.
Concernant le zoom, nos smartphones haut de gamme étaient équipés de téléobjectifs offrant des grossissements allant jusqu’à x10. Bien que ces téléobjectifs concentrent davantage la lumière sur le capteur, notre expérience a montré que même avec une exposition prolongée, aucun des appareils testés n’a subi de dommages.
Il est également important de noter que les smartphones peuvent atteindre des zooms numériques très élevés, mais ceux-ci n’affectent pas la quantité de lumière reçue par le capteur, car ils ne font que recadrer l’image.
En somme, photographier une éclipse avec un smartphone présente un risque bien moindre comparé à celui d’un appareil photo traditionnel équipé de téléobjectifs puissants.
Il est essentiel de rappeler que le risque zéro n’existe pas. En effet, le capteur d’un smartphone est constamment exposé, sans obturateur physique pour le protéger. Cependant, lors d’une éclipse partielle, comme celle observée à Paris, la petite ouverture des smartphones limite la quantité de lumière reçue.
Pour conclure, bien que prendre quelques photos d’une éclipse sans filtre solaire puisse être raisonnable, il est crucial de ne pas oublier que cela ne s’applique pas aux appareils photo traditionnels ni à la protection de vos yeux. Il est impératif de ne jamais regarder directement une éclipse solaire sans lunettes appropriées.
