Panneaux solaires plug-and-play : quelles économies réelles sur votre facture ?
Le prix moyen d’un Watt crête (Wc) des panneaux solaires a chuté de 80 % entre 2010 et 2023. Les kits solaires, commercialisés depuis 2015 par BeON Energy, nécessitent le réseau national pour être synchronisés, ce qui empêche la production d’électricité en cas de panne.

Grâce aux avancées technologiques et aux économies d’échelle, le coût des panneaux solaires a considérablement diminué ces dernières années. Le prix moyen d’un Watt crête (Wc), qui mesure la puissance maximale d’un panneau solaire, a ainsi chuté de 80 % entre 2010 et 2023 !
Cette réduction majeure a non seulement rendu l’installation de panneaux solaires plus accessible, mais a également permis à de nombreux fabricants de développer un nouveau marché : celui des installations solaires plug-and-play. Le concept est simple.
Contrairement aux panneaux solaires fixés sur des toits ou solidement ancrés au sol, ces installations permettent de produire de l’électricité solaire en quelques minutes, grâce à une mise en place simplifiée et à un simple branchement sur une prise domestique 230V.
Bien que la possibilité de produire sa propre électricité solaire de manière aussi simple soit séduisante, la rentabilité de ce type d’installation doit être évaluée au cas par cas pour garantir son efficacité.
Un marché en pleine expansion
Depuis le lancement du premier kit solaire par BeON Energy en 2015, le principe est resté inchangé. Chaque kit se compose d’un ou plusieurs panneaux pouvant être accrochés à un balcon ou posés au sol.
Un micro-onduleur est fixé derrière l’un de ces panneaux, et son rôle est de convertir l’électricité à courant continu produite par les panneaux en courant alternatif compatible avec le réseau national. Ces kits ont la particularité de dépendre du réseau national pour fonctionner. Ainsi, il n’est pas possible de produire de l’électricité en cas de coupure de courant.
Le marché compte désormais de nombreux fabricants. Parmi eux, des marques comme EcoFlow, Sunology, Beem Energy et Sunethic commencent à se faire un nom.
Il existe également des kits discount qui nécessitent davantage d’efforts pour leur installation. Bien qu’ils respectent les normes des kits plug-and-play, ils sont souvent dépourvus de structures facilitant leur mise en place, permettant ainsi d’importantes économies.
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Des kits avec batteries intégrées
Le coût des panneaux solaires n’est pas le seul à avoir diminué ; les batteries au lithium sont également de plus en plus abordables. Par conséquent, de nombreux kits solaires incluent désormais une batterie.
Cette batterie a pour rôle de stocker le surplus d’électricité généré par les panneaux, mais non consommé. Ce stockage permet d’utiliser cette électricité plus tard dans la soirée. Certaines de ces batteries présentent en outre un atout supplémentaire : elles offrent une alimentation de secours en cas de coupure de courant.

Les panneaux solaires plug-and-play : une solution à évaluer
Les kits solaires, qu’ils soient dotés d’une batterie ou non, offrent de nombreux avantages, mais présentent également quelques inconvénients à prendre en considération avant tout achat.
Avant de penser à des économies financières, ces kits solaires ont un intérêt ludique et éducatif manifeste : ils permettent de comprendre la signification d’1 kWh d’électricité et les différences de consommation des divers appareils domestiques en surveillant la production d’un panneau à domicile.
C’est également un moyen efficace de challenger sa consommation d’électricité, en maximisant l’autoconsommation et en éliminant le superflu.
Du point de vue financier, ces installations sont plus rentables qu’il y a quelques années. Cependant, leur retour sur investissement reste très variable. Pour s’en assurer, il suffit de réaliser quelques simulations de production en faisant varier certains paramètres d’une installation.
Pour cela, le site AutoCalSol constitue une excellente ressource. Facile d’utilisation et édité par l’Institut national de l’énergie solaire en France (INES), il permet d’obtenir un aperçu rapide de la production de votre installation. Pour illustrer les différents critères impactant la production d’un panneau plug-and-play, nous avons effectué plusieurs simulations en prenant comme référence un panneau solaire de 450 Wc. Voici les résultats.
| Inclinaison 30° | Orientation Sud | |||||
| Est | Sud | Ouest | 0° (horizontal) | 30° | 90° (vertical) | |
| Lille | 404 kWh | 487 kWh | 380 kWh | 408 kWh | 487 kWh | 360 kWh |
| Orléans | 430 kWh | 525 kWh | 419 kWh | 442 kWh | 525 kWh | 379 kWh |
| Marseille | 570 kWh | 713 kWh | 558 kWh | 591 kWh | 713 kWh | 499 kWh |
Pour des conditions d’orientation et d’inclinaison identiques, les différences de production entre deux localisations géographiques sont très marquées, ce qui influence directement le retour sur investissement.
À Lille, l’installation de 450 Wc permettra de produire 487 kWh, soit une économie théorique de 95 € sur la facture d’électricité (selon le tarif de base Enedis, à 0,1952 €/kWh). À Marseille, une installation équivalente permettra d’économiser 139 €, soit près de 50 € de plus. Pour un kit tel que le Sunology Play 2, proposé à 599 €, il faudra un peu plus de 6 ans pour le rentabiliser à Lille, contre un peu plus de 4 ans à Marseille.
Dans des conditions moins favorables, la durée de rentabilité peut être beaucoup plus longue. Toujours à Lille, un panneau vertical orienté plein Ouest, et fixé à la verticale, ne permettra d’économiser que 51 € par an, rallongeant la durée de retour sur investissement à plus de 10 ans !
Dans ces simulations, un facteur est présupposé : la capacité du consommateur à réutiliser la totalité de la production du kit solaire. Si cela est généralement possible pour de petites installations, la situation peut varier pour une installation dépassant le kilowatt crête. Si la production électrique ne peut pas être entièrement utilisée, seule la consommation doit être prise en compte pour évaluer la rentabilité de l’installation.

Pour déterminer la rentabilité d’un kit solaire avec batterie, le principe est identique, mais il faut inclure le coût de la batterie. Toutefois, ce type d’installation permet généralement de réutiliser l’ensemble de la production solaire. Le site AutoCalSol permet également de simuler la production avec l’ajout d’une batterie solaire.
Un autre élément à considérer, en particulier pour les locataires, est que ces installations, n’étant pas fixes, sont moins fiables en termes de continuité de production d’électricité que les installations fixes. Déménagement, modifications du balcon, besoin d’espace, autant de raisons qui pourraient amener à ranger les panneaux avant qu’ils ne soient entièrement rentabilisés.
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Les vérifications à effectuer avant d’investir dans un kit solaire
Avant d’acheter un kit solaire pour balcon, plusieurs éléments doivent être vérifiés.
Potentiel du balcon. La première étape consiste à évaluer les possibilités d’installation sur le balcon. Les panneaux peuvent être placés de deux manières principales : soit posés au sol, nécessitant au moins 2 mètres carrés de surface, soit accrochés au garde-corps du balcon.
La première option est à privilégier, car elle est moins visible de l’extérieur, et donc plus facilement acceptée par la copropriété. Si l’installation est posée et lestée, il est également important de s’assurer de la résistance du balcon au poids de l’installation.

Orientation et exposition. Une fois le mode d’installation choisi, il faut examiner le potentiel d’ensoleillement. Sur un balcon orienté plein sud, les panneaux peuvent être positionnés presque horizontalement. En revanche, pour une orientation vers l’est ou l’ouest, une inclinaison plus marquée améliore la captation des rayons solaires le matin ou le soir.
Il est également crucial de considérer les éventuels obstacles pouvant nuire à la production d’énergie solaire : arbres, balcons supérieurs, bâtiments voisins, etc. Ces éléments permettront de réaliser une simulation de production en fonction du type de kit envisagé.
Prise électrique extérieure disponible et connectivité Wi-Fi. Pour connecter le panneau solaire au réseau domestique, une prise électrique extérieure est indispensable. Idéalement, cette prise sera munie de son propre disjoncteur dans le tableau électrique. Une connexion Wi-Fi sur le balcon est également nécessaire pour suivre la production du panneau quotidiennement.
Autorisation de copropriété. Avant d’acheter un panneau solaire, vérifiez le règlement de copropriété de votre immeuble. Dans certains cas, l’installation d’équipements sur les balcons peut être prohibée. Dans tous les cas, une autorisation doit être demandée à la copropriété avant d’installer le kit solaire.
Démarches en mairie. Généralement, d’une puissance inférieure à 3 kWc, les kits solaires pour balcon ne nécessitent pas de déclaration en mairie, sauf circonstances exceptionnelles (bâtiment classé ou zone protégée).
Critères à considérer pour bien choisir son kit
Tout d’abord, la puissance que vous souhaitez installer et votre budget joueront un rôle déterminant dans le choix du modèle de panneau solaire plug-and-play. Pour évaluer le rapport qualité-prix des différents kits envisagés, n’hésitez pas à diviser le prix de l’installation par le nombre total de watts-crête.
En plus des questions de puissance et de coût, voici quelques critères à prendre en compte pour votre sélection. En général, privilégiez les panneaux bifaciaux, qui offrent un rendement supérieur puisqu’ils peuvent produire de l’électricité grâce à la lumière sur leurs deux faces.
Assurez-vous également de choisir un modèle correspondant à vos compétences en bricolage. Certains kits sont relativement complexes à installer, tandis que d’autres se mettent en service facilement, notamment grâce à des lests à remplir d’eau.

Lorsque vous choisissez, la qualité de l’application est également un critère important si vous souhaitez suivre votre production au quotidien. À ce titre, EcoFlow propose une application intuitive, facile à utiliser et agréable.
Enfin, une fois vos panneaux acquis, n’oubliez pas de déclarer votre installation auprès de Enedis avant de procéder à leur installation. En effet, il est nécessaire de remplir une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI). Cette déclaration officielle garantit que votre installation respecte les normes en vigueur.
Elle se fait sur le site de Enedis et nécessite des informations telles que la puissance de l’installation, l’adresse et la surface occupée par les panneaux. Il faudra également fournir le certificat d’attestation de conformité de l’onduleur ainsi qu’un plan de situation de votre adresse.

