
Panneaux solaires en France : moins chers, mais moins vendus.
Les récentes modifications des aides publiques en matière de photovoltaïque soulèvent des interrogations quant à leur rôle dans le développement du solaire résidentiel. Le dernier rapport de l’association Observ’ER met en lumière un ralentissement marqué du marché du petit photovoltaïque en France, une tendance qui pourrait bien transformer les choix des ménages.
En 2025, le secteur des installations de 0 à 9 kilowatts-crête (kWc) a enregistré une chute de 25,7 % par rapport à l’année précédente. Les installations de moins de 3 kWc ont subi les plus lourdes pertes, avec environ 153,2 mégawatts (MW) de nouvelles capacités pour 61 300 installations, contre 250,7 MW et près de 122 000 installations en 2024. Cela représente une diminution d’environ 39 % de la capacité installée et près de 50 % du nombre d’installations.
Le segment des installations de 3 à 9 kWc n’a pas échappé à cette tendance, avec une capacité installée qui a chuté de 685 MW en 2024 à 564 MW en 2025, soit une baisse d’environ 18 %.
Ce recul du marché s’inscrit pourtant dans un contexte où les coûts des installations ont connu une tendance à la baisse, en grande partie grâce à la diminution des prix des équipements. Les panneaux solaires ont vu leur prix diminuer en raison de la surcapacité de l’industrie chinoise, principal fournisseur du marché français. Bien que le coût de la pose ait augmenté, la baisse des prix des matériaux a suffi à faire diminuer le coût global des installations. Ainsi, le coût moyen d’un système photovoltaïque sans stockage est passé de 1,70 à 2,32 euros par watt (€/W) en 2024 à 1,52 à 2,15 €/W en 2025.
Selon Observ’ER, ce ralentissement s’explique en grande partie par les changements réglementaires survenus en 2025. Le tarif de rachat du surplus d’électricité a été drastiquement réduit, passant de 12,7 à 4 centimes d’euro par kilowattheure (€/kWh), tandis que la possibilité de revendre l’électricité produite a été supprimée pour les installations de moins de 9 kWc. Par ailleurs, la prime à l’autoconsommation a été considérablement réduite, passant de 280 à 80 €/kWc, une décision justifiée par le gouvernement par la maturité de la filière photovoltaïque.
Pour compenser ces évolutions, une TVA réduite à 5,5 % a été mise en place pour les installations de moins de 9 kWc, mais cette mesure n’a pas suffi à relancer le marché. En effet, seules quelques marques peuvent bénéficier de ce taux réduit.
Pour 2026, les premiers mois montrent déjà une nouvelle baisse des prix, avec un coût moyen de 1,42 €/W pour une installation sans stockage. Cependant, il demeure incertain que cette baisse suffise à relancer le marché, d’autant plus que depuis juin, les aides ont de nouveau été revues à la baisse. Le surplus d’électricité injecté sur le réseau ne vaut plus que 1,1 centime par kWh, et la prime à l’autoconsommation a été définitivement supprimée.
