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Nouvelle Mercedes Classe C électrique : 760 km d’autonomie, recharge ultra rapide.

La nouvelle Mercedes Classe C électrique mesure 4,88 mètres de long, soit 13 cm de plus que la version sortante. Mercedes annonce un Cx de 0,22, ce qui est considéré comme une très bonne valeur pour son segment.

La Mercedes Classe C fait le saut vers l’électrique. Avec une nouvelle plateforme dédiée, un intérieur repensé et des ambitions techniques élevées, cette berline allemande cherche à se démarquer dans un marché de plus en plus compétitif. Sur le papier, les atouts sont nombreux. Mais sont-ils suffisants pour convaincre ? Nous avons examiné le modèle sur place et voici nos impressions.

Il existe des voitures attendues depuis longtemps, et d’autres qui suscitent un certain scepticisme. La Classe C électrique entre dans ces deux catégories.

Depuis que Mercedes-Benz a entamé sa transition vers l’électrique, les résultats ont été… variables. L’EQS est jugée trop large et trop coûteuse pour le grand public. L’EQE, censée représenter la berline « raisonnable », n’a jamais trouvé son public, étant elle aussi jugée trop onéreuse. Quant à l’EQC, l’un des premiers SUV électriques de la marque, il a été retiré du catalogue.

Le lancement de la CLA et du nouveau GLC marque un tournant pour le constructeur, tout comme la plateforme Neue Klasse de BMW. La Classe C est le troisième modèle de ce renouveau et peut-être le plus crucial, car c’est le modèle le plus vendu de la marque depuis des décennies, celui qui attire les clients dans les concessions et sur lequel repose une part significative des finances du groupe. Échouer dans sa transition vers l’électrique serait donc problématique.

Mercedes a donc manifestement investi des ressources conséquentes : nouvelle plateforme, nouvelles batteries, nouveau système d’exploitation, nouvel intérieur. Tout a été revu, à l’exception de peu d’éléments de l’ancienne version thermique. C’est un pari audacieux pour un modèle traditionnellement conservateur.

Une Classe C qui ne ressemble plus vraiment à une Classe C

Sa silhouette de coupé, avec une ligne de toit basse, des arches de roue proéminentes et des porte-à-faux courts, confère à la berline une présence que les précédentes générations n’avaient pas vraiment.

Cependant, cette Classe C est grande. Peut-être même trop, avec ses 4,88 mètres de long, soit 13 cm de plus que la version précédente et autant qu’une Classe E W212 !

La calandre ornée de 1 050 points lumineux est plutôt attrayante et rappelle les modèles Mercedes d’autrefois. Cela contraste fortement avec l’arrière, qui rappelle davantage n’importe quelle berline chinoise typique présentée lors du Salon de Shenzhen.

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Elle reprend la large bande lumineuse du GLC électrique. C’est trop épais et pas particulièrement élégant, et nous attendions mieux d’une Classe C qui a toujours mis en avant son raffinement. Si l’avant réussit son pari, l’arrière ne fait pas bonne figure.

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Mercedes annonce un Cx de 0,22, ce qui constitue une excellente valeur pour ce segment, et elle s’inscrit dans la lignée des berlines électriques Mercedes, remarquablement profilées. On sent que la marque a voulu concevoir une véritable voiture électrique et non simplement une Classe C avec un badge « e » collé à l’arrière.

Habitacle : est-ce toujours à la hauteur d’une Classe C ?

Dans la compétition pour l’intérieur le plus spectaculaire et technologique, la nouvelle Classe C sort vainqueur, même face aux berlines chinoises du même segment.

Avant d’explorer cette vaste dalle numérique, mentionnons brièvement l’habitabilité. Mercedes a clairement choisi de ne faire aucun compromis à cet égard, et cela se voit. L’empattement a été allongé de 9,7 cm par rapport à l’ancienne version thermique, offrant ainsi un meilleur espace, surtout pour les passagers avant.

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Le coffre de 470 litres est conforme aux normes du segment et a même augmenté légèrement par rapport à l’ancienne génération qui affichait 455 litres. Le coffre avant (frunk) de 101 litres (capacité liquide, donc mesurée avec de l’eau) figure parmi les plus généreux disponibles sur une berline électrique à ce tarif. Mercedes a cependant opté pour une malle plutôt qu’un hayon, ce qui rend l’accès moins pratique.

À l’arrière, l’espace est généreux, même si la batterie située sous le plancher a tendance à donner l’impression d’un manque d’espace pour les jambes. L’assise creusée, qui permet de gagner quelques centimètres de hauteur de plafond, n’aide pas non plus.

Concernant la qualité des matériaux, nous avons constaté une certaine inégalité. Les générations passées de berlines comme la Classe C et l’Audi A4, remarquables pour leur finition, semblent désormais loin derrière. Actuellement, bien que les matériaux visibles et ceux en contact soient de bonne qualité, les parties moins visibles semblent de moindre qualité que sur les précédentes générations. Reste à voir comment cela vieillira.

Mercedes propose également un intérieur certifié végan. Après le GLC, laClasse C est le deuxième modèle de la marque à obtenir cette certification de The Vegan Society. Les matériaux synthétiques utilisés ici visent à offrir une qualité tactile similaire à celle du cuir et il semble difficile de faire la différence au toucher.

La Mercedes Classe C se dote également d’une pompe à chaleur multisources. Elle peut capter simultanément la chaleur résiduelle du moteur, de la batterie et de l’air ambiant. Selon Mercedes, en conduisant par -7°C, le résultat attendu est un habitacle deux fois plus chaud qu’une thermique classique tout en consommant deux fois moins d’énergie.

Infodivertissement : la pièce maîtresse

Devons-nous dire que l’intérieur de cette nouvelle Classe C nous a surpris ? Pas vraiment, car il reprend celui du nouveau GLC.

Le système MBUX Hyperscreen, avec une diagonale de 99,3 cm et une technologie de rétroéclairage matriciel, est impressionnant. Est-ce optimal pour la conduite ? Pas évident.

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Cependant, Mercedes n’a pas éliminé les commandes physiques, conservant les boutons là où ils devraient être, tandis que la molette de volume est de retour sur le volant et les aérateurs intègrent des éléments mécaniques.

L’assistant vocal multi-IA (qui combine ChatGPT-4o, Microsoft Bing et Google Gemini selon les situations) est une idée intéressante sur le papier. L’ambition est d’avoir un assistant qui « parle comme un ami informé », pouvant échanger tout en ayant une mémoire à court terme. La réalité des assistants vocaux, c’est qu’ils déçoivent souvent quand on s’éloigne des usages standards. Mercedes a peut-être trouvé la bonne approche en intégrant plusieurs modèles, et après l’avoir testé à bord du GLC, nous avons constaté une réelle avancée dans ce domaine.

L’autonomie : la star du programme, avec toutes les réserves qui s’imposent

Mercedes annonce jusqu’à 762 km d’autonomie WLTP pour la version C 400 4MATIC. C’est ce chiffre qui retiendra l’attention, celui qui fera les gros titres, mais ce n’est pas forcément le plus intéressant aujourd’hui, notamment dans cette quête incessante de l’autonomie.

Pourquoi ? Parce que le cycle WLTP, bien que moins perfectible que son prédécesseur NEDC, reste un protocole de laboratoire. Il ne prend pas en compte le style de conduite, l’autoroute à 130 km/h, la climatisation en été ou le chauffage en hiver. En conduite mixte réelle, comptez plutôt entre 550 et 650 km avec une conduite souple, ce qui demeure, soyons honnêtes, un excellent score pour une berline de cette taille.

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Venons-en à ce qui est captivant : la batterie, d’une capacité de 94 kWh, est associée à une architecture de 800 volts qui permet une charge DC jusqu’à 330 kW. En 10 minutes, Mercedes revendique 325 km récupérés. La charge de 10 à 80 % est annoncée en 22 minutes. C’est, là encore, un chiffre obtenu dans des conditions idéales : température de batterie appropriée, chargeur ultra-rapide disponible et opérationnel, sans contraintes d’infrastructure.

Dans la réalité, lors de notre essai du GLC, qui partage cette technologie, nous avons testé la recharge rapide. Les chiffres annoncés par Mercedes se sont révélés corrects, même si les conditions étaient plus favorables qu’une aire d’autoroute bondée un week-end de retour de vacances d’hiver sur l’A43.

Cependant, trouver un chargeur capable de fournir 330 kW en France s’apparente à une petite aventure. Le réseau Ionity se développe, mais les bornes offrant cette vitesse de charge restent minoritaires.

Mercedes mise également sur une transmission à deux rapports, déjà utilisée dans la CLA et le GLC ainsi que dans la nouvelle EQS. C’est un choix technique peu courant (comme sur les Porsche Taycan et Audi e-tron GT, par exemple) et potentiellement astucieux. Le premier rapport est court (11:1) pour l’accélération en milieu urbain, tandis que le second rapport est long (5:1) pour l’autoroute : théoriquement, cela permet d’éviter le compromis habituel des voitures électriques qui consomment beaucoup à grande vitesse.

Motorisation : une seule version au lancement

La version de lancement, la C 400 4Matic, développe 489 ch et 800 Nm avec ses deux moteurs synchrones. Le 0 à 100 km/h est réalisé en 4,0 secondes, soit 0,3 seconde de mieux que le GLC équipé de la même motorisation. Cela constitue la version initiale du modèle, et d’autres variantes viendront enrichir la gamme, particulièrement pour celles d’entrée de gamme avec une puissance réduite, un seul moteur électrique, une batterie plus petite et probablement un prix plus accessible.

La nouvelle Classe C électrique est dotée d’une suspension pneumatique Airmatic (en option dans un pack dédié) et de quatre roues directrices avec un angle de braquage de 4,5 ° à l’arrière, offrant un diamètre de braquage de 11,2 mètres. Pas mal pour une berline qui approche les 4,90 m.

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Sur la route, le système Airmatic utilise des données Car-to-X (informations partagées en temps réel par d’autres véhicules Mercedes) et Google Maps pour anticiper les irrégularités de la chaussée (ralentisseurs, routes en mauvais état) et ajuster la suspension en conséquence.

En matière d’assistance à la conduite, la Classe C est équipée du système MB.Drive Assist Pro, promettant une conduite semi-autonome, même en milieu urbain dense. Cette technologie sera d’abord déployée aux États-Unis, en attendant l’homologation européenne.

Que retenir ?

La nouvelle Mercedes Classe C électrique représente indéniablement un tournant par rapport aux précédentes tentatives de la marque dans le domaine électrique. La plateforme dédiée, l’architecture à 800 volts et l’autonomie annoncée de plus de 700 km WLTP répondent aux attentes d’une berline électrique haut de gamme moderne.

L’habitacle, dominé par son impressionnante dalle de près d’un mètre, place la berline allemande en tête des technologies embarquées dans son segment, bien que ces écrans commencent à susciter des critiques. D’une part, le consommateur européen ne semble pas encore totalement convaincu, tandis que le législateur commence à soulever des questions de sécurité.

Cependant, certaines zones d’ombre tempèrent cet enthousiasme. La taille considérable de 4,88 mètres qui ne lui permet plus vraiment de prétendre au statut de Classe C, des éléments de design sur l’arrière qui manquent d’élégance et des finitions intérieures moins soignées que par le passé interrogent sur l’identité d’un modèle qui a longtemps été la référence en matière de raffinement dans son segment.

La Classe C électrique impressionne sur le plan technique, mais elle devra convaincre une clientèle fidèle qui attend autant de qualité que de contenu. Le verdict final se fera lors des essais en conditions réelles, d’autant que la concurrence est sévère : BMW vient de lancer sa nouvelle i3, une rivale directe de cette Classe C qui offe des caractéristiques différentes avec une batterie immense de 108,7 kWh et une autonomie dépassant les 900 km, tout en restant plus compacte à 4,76 mètres. Audi également prépare son entrée avec sa future A4 électrique, dont l’arrivée tarde à se concrétiser.

Par ailleurs, chez Mercedes, la CLA pourrait également faire de l’ombre à la Classe C. En effet, la nouvelle CLA, en termes de dimensions, ressembles davantage à une Classe C aujourd’hui que la Classe C elle-même. Cet argument pourrait s’avérer décisif pour les clients, d’autant plus que les prix devraient jouer en faveur de la CLA.

Mercedes n’a pas encore révélé les tarifs de sa Classe C, mais nous estimons que notre version de présentation sera autour de 90 000 euros, et les versions de base qui arriveront plus tard devraient probablement être légèrement sous les 65 000 euros. Quant aux variantes Mercedes-AMG électriques, les prix risquent de dépasser les 120 000 euros. Étant donné qu’une CLA électrique débute sous les 50 000 euros et que la version la plus haut de gamme frôle les 70 000 euros, les clients pourraient se poser des questions même si la CLA offre moins de technologies embarquées.