Microsoft distribue Linux après avoir qualifié Linux de « cancer »
Microsoft a annoncé Azure Linux 4.0 lors de l’Open Source Summit Amérique du Nord, le 18 mai 2026. La distribution n’est pas nouvelle dans son ADN : elle descend de CBL-Mariner, le projet open source que Microsoft maintient depuis 2020 pour faire tourner ses propres services dans Azure.
Microsoft a annoncé Azure Linux 4.0 lors de l’Open Source Summit Amérique du Nord, le 18 mai 2026. Il s’agit d’une distribution Linux développée à Redmond, basée sur Fedora, qui sera accessible à tous les clients Azure. Vingt-cinq ans après que Steve Ballmer ait qualifié Linux de « cancer », la situation a évolué.
Il y a eu une scène quelque peu absurde que personne n’aurait imaginée en 2001 : un cadre de Microsoft, sur la scène d’un événement open source, vantant les mérites de la distribution Linux développée par l’entreprise. Cet événement a eu lieu à Minneapolis la semaine dernière, où Brendan Burns, VP Azure Cloud Native chez Microsoft et co-fondateur de Kubernetes, a pris la parole.
Concrètement, Azure Linux 4.0 entre en « public preview » sur les machines virtuelles Azure, avec un déploiement plus large prévu lors de la conférence Microsoft Build, le 2 juin.
Cette distribution n’est pas dénuée d’antécédents : elle est issue de CBL-Mariner, un projet open source que Microsoft maintient depuis 2020 pour faire fonctionner ses propres services dans Azure. La grande nouveauté réside dans le fait que la base amont est désormais Fedora, avec un écosystème de paquets RPM.
Microsoft affirme que plus de deux tiers des cœurs Azure utilisés par ses clients fonctionnent sous Linux, et que des services comme ChatGPT, GitHub ou Microsoft 365 reposent en partie sur cette infrastructure.
La véritable nouveauté n’est pas tant l’existence d’un Linux chez Microsoft, mais plutôt le fait que l’entreprise assume une distribution de serveur Linux à usage général, commercialisée et supportée pour ses clients.
Jusqu’à présent, Azure Linux était principalement utilisé comme hôte pour Azure Kubernetes Service. Avec la version 4.0, il se positionne sur le même terrain que Ubuntu Server, Red Hat Enterprise Linux et SUSE, dans le domaine des machines virtuelles classiques. Parallèlement, Microsoft lance Azure Container Linux en disponibilité générale, une distribution immuable basée sur le projet Flatcar, acquis en 2021 avec Kinvolk. Ce dernier ne propose pas de gestionnaire de paquets, tout étant géré par des conteneurs. En somme, Microsoft présente deux outils complémentaires : un Linux serveur « normal » pour les VM et un Linux conteneur minimaliste pour Kubernetes.
Microsoft promet une chaîne d’approvisionnement maîtrisée, des mises à jour de sécurité mensuelles, un SBOM par image, ainsi que des configurations SELinux renforcées.
La pression concurrentielle est cependant de taille : Ubuntu est la distribution Linux de référence sur Azure depuis une décennie, et bénéficie d’un écosystème mature.
Si l’on est administrateur système ou développeur déployant sur Azure, il est conseillé d’explorer cette nouvelle distribution, surtout en environnement réglementé, où la cohérence entre les machines de développement et de production est essentielle.
Microsoft met également à disposition une image d’Azure Linux dans WSL sous Windows 11, afin de reproduire localement les conditions du cloud, ce qui est utile pour ceux qui jonglent entre un PC portable et des déploiements.
En revanche, pour ceux à la recherche d’une distribution Linux pour un PC ou un serveur personnel, il est préférable de s’en détourner : il n’existe pas de version bureau, ni d’environnement graphique, et aucun objectif grand public. Pour ceux qui n’utilisent pas Azure, l’intérêt de cette distribution est limité, car elle est principalement conçue pour s’intégrer aux services proposés par Microsoft.

