
L’état de la batterie affiché sur les annonces de voitures électriques d’occasion.
Acheter une voiture électrique d’occasion peut s’avérer délicat, surtout avec la montée en flèche des prix des carburants et l’essor du marché des véhicules électriques en France. De plus en plus de Français se tournent vers ces modèles pour des raisons économiques et environnementales. Cependant, le risque de se retrouver avec une batterie dégradée est bien réel. Pour contrer cette incertitude, plusieurs professionnels de l’automobile ont convenu d’un accord visant à garantir la transparence sur l’état de santé des batteries des voitures électriques d’occasion.
L’état de santé de la batterie, ou SOH (State of Health), est un indicateur crucial lors de l’achat d’un véhicule électrique. Ce chiffre, exprimé en pourcentage, reflète le degré de dégradation de la batterie. Par exemple, un SOH de 80 % indique que la batterie a perdu 20 % de sa capacité initiale, ce qui impacte directement l’autonomie du véhicule. Étant donné que le remplacement d’une batterie peut coûter plus de 10 000 euros, il est essentiel pour les acheteurs de connaître cet indicateur avant de finaliser leur achat.
Malheureusement, peu de vendeurs affichent cette information de manière claire, ce qui rend l’achat d’une voiture électrique d’occasion semblable à une loterie. Les acheteurs espèrent souvent tomber sur une batterie en bon état, mais sans données précises, cela reste un pari risqué.
Pour évaluer l’état de la batterie, plusieurs méthodes existent, allant de l’utilisation d’un boîtier OBD à des tests en concession, voire des applications spécifiques. Cependant, ces tests peuvent être longs et complexes, rendant leur réalisation difficile dans le cadre d’une transaction avec un particulier.
Dans un post sur LinkedIn, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, a annoncé qu’un certain nombre d’acteurs du secteur automobile, dont Aramis Auto, Renault et Stellantis, ont signé un accord pour afficher le niveau de SOH des voitures électriques d’occasion. Cette initiative vise à renforcer la confiance des consommateurs en leur fournissant des informations claires sur l’état des batteries.
Les véhicules d’occasion proposés par ces enseignes afficheront donc l’état de santé de la batterie sur leurs annonces, ce qui devrait rassurer les acheteurs potentiels. Cette démarche arrive à un moment opportun, alors qu’une nouvelle aide financière, pouvant aller jusqu’à 400 euros, a été mise en place depuis le 1er septembre 2026 pour l’achat ou la location de véhicules électriques d’occasion immatriculés entre 2017 et 2023. Pour bénéficier de cette aide, il est toutefois nécessaire que la batterie ait un SOH d’au moins 80 %.
Cependant, il reste à clarifier si cet affichage est une obligation imposée par le ministère, car la liste des signataires de l’accord laisse entendre que d’autres vendeurs ne seront pas contraints de divulguer ces informations pour le moment.
À l’avenir, l’Union européenne prévoit d’introduire un « passeport batterie » à partir du 18 février 2027. Ce dispositif, sous forme de QR code ou d’un format numérique, permettra d’accéder à toutes les informations concernant la batterie du véhicule, y compris son SOH. Ce passeport sera d’abord appliqué aux voitures neuves, avant d’être progressivement intégré au marché de l’occasion.
